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	<title>V&#233;lotextes</title>
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	<description>Lire celles et ceux qui ont fait du v&#233;lo un bienfait social, moyen de d&#233;placement et de tourisme&#160;: Paul de Vivie dit V&#233;locio, Capitaine Perrache dit l'homme de la montagne, Carlo Bourlet...
Histoire du v&#233;lo
Site de Laurent Vigniel</description>
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		<title>V&#233;lotextes</title>
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		<title>Le cyclotourisme et la nature</title>
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		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Avant 1900</dc:subject>
		<dc:subject>1899</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Dans un pays de r&#233;glementation excessive comme le n&#244;tre, il serait plaisant que personne n'e&#251;t song&#233; &#224; tracer des r&#232;gles au cyclo-tourisme.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?rubrique13" rel="directory"&gt;Grand Tourisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;cyclotourisme, cyclocamping&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;Avant 1900&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?mot75" rel="tag"&gt;1899&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Alfred Satie, Touring-Club de France, Novembre 1899 &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un pays de r&#233;glementation excessive comme le n&#244;tre, il serait plaisant que personne n'e&#251;t song&#233; &#224; tracer des r&#232;gles au cyclo-tourisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas d'aujourd'hui que de braves gens pav&#233;s, comme l'Enfer, de bonnes intentions, et d'une subtilit&#233; rare, se sont ing&#233;ni&#233;s &#224; nous mesurer notre ration quotidienne de kilom&#232;tres, &#224; d&#233;terminer l'heure &#224; laquelle nous devions nous lever, &#224; nous apprendre ce qu'il nous &#233;tait licite de manger et ce qu'il nous &#233;tait interdit de boire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant quelque temps, la r&#232;gle des trois huit a joui d'une certaine faveur. Cela vous avait un petit parfum anarchiste qui n'&#233;tait pas pour d&#233;plaire. C'&#233;tait simple, math&#233;matique et illusoire : huit heures pour p&#233;daler, huit heures pour manger et se reposer, huit heures pour dormir. Il &#233;tait impossible de devenir compl&#232;tement abruti &#224; meilleur compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les prescriptions des docteurs &#232;s-tourisme ont cela de bon que personne ne songe &#224; s'y conformer. Si l'on s'avisait de passer de la th&#233;orie &#224; la pratique, on ne tarderait pas &#224; s'apercevoir, par exemple, que 5&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;o&lt;/sup&gt; kilom&#232;tres en terrain plat ne sont pas l'&#233;quivalent de 5&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;o&lt;/sup&gt; kilom&#232;tres avec longues c&#244;tes de huit ou dix pour cent de pente. On constaterait de m&#234;me, avec la rapidit&#233; d'un z&#232;bre lanc&#233; d'une main s&#251;re, &#8212;comme dirait mon compatriote Alphonse Allais, &#8212; que les localit&#233;s dignes d'attirer l'attention du voyageur, soit par l'agr&#233;ment du site, soit par l'excellence de leur cuisine, sont loin d'&#234;tre &#224; &#233;gale distance les unes des autres, ce qui rel&#232;gue dans le domaine de l'utopie le syst&#232;me des &#233;tapes de m&#234;me longueur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A mon sens, la seule r&#232;gle du tourisme c'est de ne pas conna&#238;tre de r&#232;gles, et ce n'est pas moi qui verrai des inconv&#233;nients &#224; ce que vous poussiez la libert&#233; jusqu'&#224; la licence. Si j'&#233;tais charg&#233; de r&#233;diger le Manuel du parfait touriste, je le condenserais en cette formule que vous pouvez, sans offenser ma modestie, qualifier de lapidaire&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TOURISME&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DOIT&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;JAMAIS&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ETRE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;UN&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PENSUM&lt;/span&gt;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout est l&#224;. Ne jamais s'ennuyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, si le tourisme ne conna&#238;t pas de r&#232;gles, il n'en est pas moins vrai qu'il ne peut exister en dehors de certaines conditions faciles &#224; d&#233;terminer. Faire du tourisme, c'est voyager pour son plaisir, sans la moindre pr&#233;occupation d'int&#233;r&#234;t personnel, pouss&#233; par le d&#233;sir de voir des choses nouvelles et de feuilleter le grand livre de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair qu'un monsieur qui se rend d'un point &#224; un autre, obstin&#233;ment courb&#233; sur son guidon, sans prendre le moindre int&#233;r&#234;t aux objets qu'il rencontre, ne peut gu&#232;re &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un touriste. C'est peut &#234;tre un snob, &#224; coup s&#251;r un imb&#233;cile, souvent l'un et l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est d'autant plus touriste que l'on est plus sensible aux beaut&#233;s de la nature, que l'on poss&#232;de &#224; un plus haut degr&#233; le sentiment du pittoresque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sentiment est un don naturel, qui peut &#234;tre perfectionn&#233; par l'&#233;ducation, et dont l'intensit&#233; est en raison directe de la culture intellectuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chose &#233;trange, l'homme des champs est celui qui comprend le moins la nature. Pour lui l'id&#233;al est le terrain plat, facile &#224; cultiver et fatiguant peu les chevaux. Il lui para&#238;t invraisemblable qu'il se trouve des gens assez b&#234;tes pour se d&#233;ranger sans n&#233;cessit&#233;, dans le seul but de contempler un beau site.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'habitant des grandes villes est invinciblement attir&#233; par la campagne, l'habitant des petites villes est fascin&#233; par les distractions des grandes villes , surtout si elles sont dangereuses pour les jeunes gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a plus. Le sentiment du pittoresque est un sentiment tout moderne, qui ne s'est gu&#232;re d&#233;velopp&#233; que depuis le commencement du si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'antiquit&#233;, Virgile est l'homme qui a le mieux chant&#233; la nature&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais ce qui le ravit, c'est surtout la vie rurale, y compris les amours plut&#244;t scabreux des Tyrcis et des M&#233;nalque. Il aime les grottes, les sources d'eau vive, les fra&#238;ches vall&#233;es, le mugissement des grands b&#339;ufs couch&#233;s dans l'herbe &#233;paisse, le repos &#224; l'ombre des arbres touffus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Speluncee, vivique lacus&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; at frigida Tempe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mugitusque boum, mollesque sub arbore somni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle impression un paysage alpestre lui causerait-il&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Il est difficile de le dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Descendons le cours des &#226;ges et arrivons au dix-septi&#232;me si&#232;cle et au dix-huiti&#232;me. Lisez la correspondance de Boileau et celle de Racine, il est impossible d'imaginer une plus superbe indiff&#233;rence pour le monde ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1687, Boileau se rend &#224; Bourbon-lesBains. Il s'arr&#234;te &#224; Moulins : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;C'est, dit-il, une ville tr&#232;s marchande et tr&#232;s peupl&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Et voil&#224; tout ce que nous savons de ses impressions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Racine, il passe &#224; Uz&#232;s la fin de 1681 et toute l'ann&#233;e 1682. Voil&#224; un homme qui va nous donner des renseignements pr&#233;cieux pour le tourisme. De Paris, il s'est rendu &#224; Lyon, puis il a descendu le Rh&#244;ne en bateau, il a couch&#233; &#224; Vienne et &#224; Valence. C'est tout pour le voyage. Quant &#224; Uz&#232;s, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;la ville est sur une montagne fort haute, et cette montagne n'est qu'un rocher continuel, si bien qu'en quelque temps qu'il fasse, on peut aller &#224; pied sec tout autour de la ville.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (Lettre &#224; La Fontaine, 11&#160;novembre 1661). Ailleurs il veut bien nous donner quelques d&#233;tails sur la route d'Uz&#232;s &#224; N&#238;mes. C'est plut&#244;t maigre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;J'ai &#233;t&#233; &#224; N&#238;mes, dit-il, et il faut que je vous en entretienne. Le chemin d'ici &#224; N&#238;mes, est plus diabolique mille fois que celui des Diables &#224; Nevers, et la rue d'Enfer, et tous autres chemins r&#233;prouv&#233;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais la ville est assur&#233;ment aussi belle et aussi polide, comme on &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;dit ici, qu'il y en ait dans le royaume.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (Lettre &#224; l'abb&#233; Le Vasseur, 24&#160;novembre 1661)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XVII&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, cependant, nous trouvons un charmant touriste, un fin observateur, qui a trop bien , &#233;tudi&#233; les b&#234;tes pour ne pas aimer la nature. J'ai nomm&#233; La Fontaine. Il a fait un voyage de Paris &#224; Limoges, et nous en a laiss&#233; une relation fort agr&#233;able. Il s'agit d'un voyage un peu forc&#233;, par ordre du roi&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais La Fontaine en prend gaiement son parti, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;&#233;tant honteux d'avoir tant v&#233;cu sans rien voir.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; D'ailleurs, on lui a dit que &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;beaucoup de Limousines portent des chaperons de drap rose s&#232;che sur des cales de velours noir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, et, s'il rencontre &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;un de ces chaperons qui couvre une jolie t&#234;te&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il pourra s'en amuser en passant, et par curiosit&#233; seulement.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notez que c'est &#224; sa femme qu'il fait part de ces aimables intentions&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il voyage &#224; tr&#232;s petites journ&#233;es. A peine a-til quitt&#233; Paris qu'il s'arr&#234;te &#224; Clamart, pour s'y reposer pendant huit jours. Voil&#224; un touriste selon mon c&#339;ur, et qui ne se surm&#232;ne pas. Il s'arr&#234;terait volontiers &#224; Monthl&#233;ry&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais le cocher tient &#224; pousser jusqu'&#224; Ch&#226;tres &#8212; que nous appelons aujourd'hui Arpajon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Fontaine s'int&#233;resse &#224; ce qu'il voit. Il est sensible aux beaut&#233;s de la nature, encore que son enthousiasme soit plut&#244;t mod&#233;r&#233;. Rendons-lui cette justice qu'il trouve la Beauce ennuyeuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du pont d'Orl&#233;ans, l'horizon lui para&#238;t &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;tr&#232;s beau de tous les c&#244;t&#233;s, et born&#233; comme il le doit &#234;tre.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre Orl&#233;ans et Blois, il trouve le pays &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;agr&#233;able et divertissant.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blois lui cause une certaine &#233;motion. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Blois&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, dit-il, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;est en pente comme Orl&#233;ans, mais plus petit et plus ramass&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les toits des maisons y sont dispos&#233;s, en beaucoup d'endroits, de telle mani&#232;re qu'ils ressemblent aux degr&#233;s d'un amphith&#233;&#226;tre. Cela me parut tr&#232;s beau, et je crois que difficilement on pourrait trouver un aspect plus riant et plus agr&#233;able.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre Blois et Amboise, on suit la lev&#233;e de la Loire. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Quant au pays,&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; dit La Fontaine, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;je ne vous en saurais dire assez de merveilles. Point de ces montagnes pel&#233;es qui choquent tant notre cher M.&#160;de Maucroix, mais, de part et d'autre, coteaux les plus agr&#233;ablement v&#234;tus qui soient au monde.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; bien l'homme du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XVII&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Tant que la nature se contente d'&#234;tre calme et majestueuse comme une trag&#233;die de Racine, on veut bien l'excuser. On peut tol&#233;rer &#224; la rigueur que les arbres ne portent pas perruque comme ceux du parc de Versailles : il ne faut pas exiger &#224; la campagne la m&#234;me &#233;tiquette qu'&#224; la cour. Mais que la nature ne s'avise pas d'&#234;tre rude et fi&#232;re&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas d'exag&#233;ration, pas d'inattendu, pas de violence, et, surtout, pas de ces montagnes pel&#233;es qui offensent le bon go&#251;t&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La description du ch&#226;teau d'Amboise est plut&#244;t &#233;court&#233;e. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Vous saurez, sans plus, que de&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;vers la ville il est situ&#233; sur un roc, et para&#238;t extr&#234;mement haut. Vers la campagne, le terrain d'alentour est plus &#233;lev&#233;.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu plus loin, on rencontre &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;quelques Phyllis d'Egypte, tra&#238;nant apr&#232;s elles des dou&#233;gnas (sic) d&#233;testables &#224; proportion.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Le bon La Fontaine &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;fr&#233;mit d'horreur &#224; ce spectacle&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, et en reste plus de deux jours sans manger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, apr&#232;s avoir visit&#233; Richelieu et Ch&#224;tellerault, il arrive &#224; Limoges, le 19&#160;septembre 1663. Il &#233;tait parti de Paris le 23&#160;ao&#251;t. Il n'y a rien l&#224; qui ressemble &#224; un record.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, tout en subissant l'influence des id&#233;es g&#233;n&#233;rales qui r&#233;gnaient de son temps, La Fontaine a des tendances franchement naturalistes. De nos jours, c'e&#251;t &#233;t&#233; un touriste distingu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons voir maintenant des opinions plus tranch&#233;es qui nous feront conna&#238;tre, d'une fa&#231;on tr&#232;s nette la mentalit&#233; des hommes du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XVII&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici d'abord un extrait du journal de Dangeau : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Lundi, 20&#160;octobre 1687. Monseigneur et Madame coururent le cerf dans les for&#234;ts de Franchard, pays fort affreux, o&#249; l'on n'avait &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;jamais chass&#233;.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passons de la for&#234;t de Fontainebleau &#224; celle de Windsor. Voici ce qu'en dit Guillaume &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;III&lt;/span&gt;, dans une lettre adress&#233;e &#224; Bentinck, &#224; la date du 20&#160;mars 1698, lettre dont le fran&#231;ais laisse un peu &#224; d&#233;sirer : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;J'ay pris avant hier un ceri dans la forest avec les chains (sic) du P&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;r&lt;/sup&gt;. de Denm. (prince &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;de Danemark) et ay fait un assez jolie chasse, autant que ce vilain paiis le permet.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guillaume &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;III&lt;/span&gt; &#233;tait rest&#233; Hollandais de c&#339;ur et ne trouvait rien au-dessus des longs canaux et des plates-bandes de tulipes qui caract&#233;risaient son pays natal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons comment les &#233;crivains anglais du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XVII&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle appr&#233;cient les sites merveilleux de l'Ecosse : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Vers l'an 1730, dit Macaulay (History of Scotland, ch. &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIII&lt;/span&gt;.), le capitaine Burt, un des premiers Anglais qui aient jet&#233; un coup d'&#339;il sur les r&#233;gions qui attirent aujourd'hui les touristes de toutes les parties du monde civilis&#233;, &#233;crivit le compte rendu de ses explorations. C'&#233;tait &#233;videmment un observateur subtil, d'un esprit cultiv&#233;, et, s'il avait v&#233;cu &#224; notre &#233;poque, il aurait contempl&#233; avec un &#233;moi m&#233;lang&#233; de ravissement les montagnes de l'Invernessshire. Mais, sous l'impression du sentiment qui &#233;tait universel en son si&#232;cle, il qualifie ces montagnes de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;monstrueuses excroissances. La difformit&#233;, dit-il, en est telle que les plaines paraissent d&#233;licieuses par comparaison. Le beau temps, d&#233;clare-t-il en g&#233;missant, ne fait que rendre pire ce qui &#233;tait d&#233;j&#224; mauvais&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; car, plus le temps est clair et plus l'&#339;il est d&#233;sagr&#233;ablement affect&#233; par ces masses informes (misshapen masses) d'un brun sombre et d'un pourpre sale. Quel contraste, s'&#233;crie-t-il, entre ces horribles tableaux et les beaut&#233;s de Richmond Hill. C'est complet. Peut-&#234;tre m'objectera-t-on que le capitaine Burt est un &#233;crivain peu connu, d'une assez mince autorit&#233;. Eh bien&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! voici l'opinion d'un des &#233;crivains les plus illustres de l'Angleterre, Oliver Goldsmith. Il &#233;crit d'Edinbourg &#224; son ami Bryanton, le 20&#160;septembre 1753 : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Faut-il vous fatiguer d'une description de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;ce pays st&#233;rile, vous promener sur des collines toutes brunes de bruy&#232;res, ou le long de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;vall&#233;es qui r&#233;ussiraient &#224; peine &#224; nourrir un lapin&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Toutes les r&#233;gions de ce pays pr&#233;sentent le m&#234;me caract&#232;re d&#233;sol&#233;. Pas de bocage, pas de ruisseau dont le doux murmure r&#233;cr&#233;e l'oreille.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour que rien n'y manque, il &#233;crit de Leyde, un peu plus tard, au r&#233;v&#233;rend Thomas Contarine : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Je suis compl&#232;tement ravi de l'aspect du pays. Rien n'en peut &#233;galer la beaut&#233;. De quelque c&#244;t&#233; que je me tourne, de belles maisons, des jardins &#233;l&#233;gants, des perpectives &#233;tendues (vistas) se pr&#233;sentent &#224; mes yeux. L'Ecosse et ce pays offrent le plus frappant contraste&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l&#224;-bas, les collines interceptent la vue&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ici, c'est une plaine continue.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun de nous conna&#238;t des cyclistes qui pr&#233;f&#232;rent les plaines aux collines. Seulement, ils n'ont pas &#233;crit le Vicar of Wakefield. D'ailleurs, ce dont ils se plaignent, ce n'est pas que les collines interceptent la vue. L'homme le moins fait pour comprendre la nature, c'est Voltaire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il ne la calomnie pas, il l'ignore. Au mois de novembre 1753, il se trouve &#224; Colmar, et s'y plonge dans l'&#233;rudition allemande. Il s'occupe de terminer les Annales de l'Empire, et &#233;crit, le 23&#160;novembre 1753, &#224; M.&#160;de Fontaine : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Connaissez-vous &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MM&lt;/span&gt;.&#160;Corringius, Vitriarius, Struvius, Spener. Goldast et au tr&#232;s messieurs du bel air&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Ce sont eux qui broient actuellement mes couleurs.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment Voltaire est-il arriv&#233; &#224; Colmar&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Par o&#249; a-t-il pass&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Personne n'en sait rien. Dans tous les cas, Colmar a pour lui bien peu de charmes, et nous lisons dans une lettre qu'il &#233;crit, le 8&#160;mars 1754, au marquis d'Argens : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Je suis dans une ville moiti&#233; allemande, moiti&#233; fran&#231;aise et enti&#232;rement iroquoise&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Et, le 29&#160;novembre 1754, il &#233;crit au comte d'Argental : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Je devais aller &#224; Mannheim, et je reste dans une vilaine maison d'une vilaine petite ville, o&#249; je souffre nuit et jour&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette vilaine petite ville est pourtant une des plus charmantes que l'on puisse r&#234;ver : elle a une &#233;glise superbe, Saint-Martin, commenc&#233;e en 1263, un h&#244;tel des marchands du xiv&#176; si&#232;cle, la rue si pittoresque des Tanneurs. D&#232;s que l'on est sorti de la ville, la longue ligne des Vosges se dessine &#224; l'horizon&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; quelques kilom&#232;tres s'ouvre la vall&#233;e de la Fecht, qui remonte vers Munster&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; plus loin, c'est le col de la Schlucht et le Hohneck. De tout cela Voltaire n'a rien vu, ou il n'y a rien compris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'arr&#234;te ici mes citations. Que faut-il en conclure&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Ces hommes que les beaut&#233;s de la nature laissaient insensibles n'&#233;taient pas des imb&#233;ciles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devons-nous croire que &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;nous n'avons pas le cr&#226;ne fait de m&#234;me&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, et que, en raison de son organisation, Voltaire &#233;tait moins apte &#224; go&#251;ter les charmes d'un paysage que le premier calicot venu du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? C'est peu probable. Si les hommes du pass&#233; comprenaient souvent la nature de travers, c'est qu'ils avaient peu d'occasions de la voir, ou qu'ils la voyaient dans des conditions d&#233;favorables. Les moyens de transport &#233;taient rares et dispendieux, le voyageur risquait &#224; la fois sa bourse et sa peau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la s&#233;curit&#233; des routes est parfaite, du moins en France. Les moyens de transport abondent. Si nous comprenons mieux la nature, c'est que notre esprit d'observation a eu mille occasions de s'&#233;veiller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour aimer la nature, il suffit de la regarder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ALFRED&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SATIE&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un voyage</title>
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		<dc:subject>Avant 1900</dc:subject>
		<dc:subject>Alpes</dc:subject>
		<dc:subject>Maurice Martin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Notre confr&#232;re Maurice Martin est d&#233;cid&#233;ment infatigable. Il est parti samedi en compagnie de M.&#160;Joseph Briol, tr&#233;sorier du cercle des sports de Bordeaux, et de M.&#160;Hakemeyer, pour un long et beau voyage dans les Alpes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous donnons ci-dessous l'itin&#233;raire adopt&#233; par les trois voyageurs&#160;: de Bordeaux &#224; Valence en chemin de fer. &lt;br class='autobr' /&gt;
A bicyclette&#160;: &lt;br class='autobr' /&gt;
Valence, Romans, Pont-en-Royans, Villars-de-Lans, Grenoble, La Grande-Chartreuse, Yenne, col de Chevelu, Aix-les-Bains, Annecy, Faverges, Ugine,&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?rubrique13" rel="directory"&gt;Grand Tourisme&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;Avant 1900&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Alpes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?mot57" rel="tag"&gt;Maurice Martin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Notre confr&#232;re Maurice Martin est d&#233;cid&#233;ment infatigable. Il est parti samedi en compagnie de M.&#160;Joseph Briol, tr&#233;sorier du cercle des sports de Bordeaux, et de M.&#160;Hakemeyer, pour un long et beau voyage dans les Alpes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous donnons ci-dessous l'itin&#233;raire adopt&#233; par les trois voyageurs&#160;: de Bordeaux &#224; Valence en chemin de fer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A bicyclette&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Valence, Romans, Pont-en-Royans, Villars-de-Lans, Grenoble, La Grande-Chartreuse, Yenne, col de Chevelu, Aix-les-Bains, Annecy, Faverges, Ugine, Saint-Gervais-les- Bains, Chamonix, col de Balme (2,200 m&#232;tres d'altitude), Saint-Maurice, Villeneuve, Vevey, Bulle, Ch&#226;teau-d'OEx, Spietz, Interlaken, col de Br&#252;nig, Lucerne, Altdorf, An- dermatt, col du St-Gothard, Faido, Bellinzona, Locarno, Pallanza, Isola Bella, Laveno, Lugano, Monte-Generoso, Come, Bellagio, Lecco, Milan, G&#234;nes, Savone, San-Remo, Vintimille, Menton, Monte-Carlo, Monaco et Nice. De Nice &#224; Bordeaux en chemin de fer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total une douzaine de jours de route et 1,200 kilom&#232;tres. Nos meilleurs v&#339;ux accompagnent les trois touristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bicyclette, 1893&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>De Paris &#224; Lannemezan, 1896 (Alcide Bouzigues)</title>
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		<dc:subject>Tours</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Me voil&#224; donc &#224; Tours cette fois. Je fus frapp&#233; de l'aspect imposant de la ville. Elle s'offrait &#224; moi dans un panorama d&#233;licieux et ce ne fut pas sans une douce &#233;motion que je p&#233;n&#233;trai dans ses murs. Il me fallut sur-le-champ traverser un pont magnifique qui allait d&#233;boucher &#224; l'entr&#233;e de l'une des magnifiques rues de la cit&#233;. Ce pont de pierre imposait l'admiration autant par sa longueur et sa largeur que par le mouvement accentu&#233; qu'il pr&#233;sentait &#224; cette heure. Il &#233;tait quatre heures de&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?rubrique13" rel="directory"&gt;Grand Tourisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?mot138" rel="tag"&gt;Tours&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Me voil&#224; donc &#224; Tours cette fois. Je fus frapp&#233; de l'aspect imposant de la ville. Elle s'offrait &#224; moi dans un panorama d&#233;licieux et ce ne fut pas sans une douce &#233;motion que je p&#233;n&#233;trai dans ses murs. Il me fallut sur-le-champ traverser un pont magnifique qui allait d&#233;boucher &#224; l'entr&#233;e de l'une des magnifiques rues de la cit&#233;. Ce pont de pierre imposait l'admiration autant par sa longueur et sa largeur que par le mouvement accentu&#233; qu'il pr&#233;sentait &#224; cette heure. Il &#233;tait quatre heures de l'apr&#232;s-midi. En outre d'une ligne de tramway qui le traverse, il &#233;tait sillonn&#233; par une foule nombreuse que le beau temps conviait &#224; la promenade et dont la plus grande partie devait probablement s'en aller rejoindre la f&#232;te de Saint-Symphorien dont j'ai parl&#233; ci-haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait plaisir pour moi de fendre cette foule &#233;l&#233;gante, de froler les fraiches toilettes des frais minois dont la tournure endimanch&#233;e jurait avec la mienne. Ayant d&#233;j&#224; tant parcouru de kilom&#232;tres, vous pensez dans quel &#233;tat je devais &#234;tre. Couvert de sueur et de poussi&#232;re, je devais avoir l'aspect d'un Don Quichote en mon &#233;quipement. D'ailleurs, je constatai avec plaisir que l'on se rendait bien compte de mon cas. On devinait que j'arrivais de loin, que j'&#233;tais un voyageur de la nouvelle &#233;cole qui ne craint pas la marche et qu'en somme je ne pouvais &#234;tre que ce que j'&#233;tais, c'est-&#224;-dire barbouill&#233; comme l'un de ces pitres qu'on allait voir d&#233;blat&#233;rer l&#224;-bas. M&#234;me quelques murmures approbateurs de mon intr&#233;pidit&#233; ne me d&#233;plurent pas. Aussi n'aurais-je eu garde d'entacher de mon contact les brillantes toilettes qui miroitaient en foule sur ce pont o&#249; je fus heureux de les admirer en m&#234;me temps que les qualit&#233;s plastiques des belles Tourangelles. Oh&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! ces Tourangelles. Non, n'en parlons pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous n'avez pas id&#233;e comme on a le c&#339;ur sensible quand on voyage dans ces conditions-l&#224;. Tout est impression et tout se veut graver sur vous. Les yeux ne peuvent plus suffire &#224; la besogne, tant ils voient de choses &#224; la fois. Les plus belles vous les br&#251;lent et dans la Touraine les Tourangelles sont si belles&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Mais non, n'en parlons plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A droite et &#224; gauche de ce pont, &#224; une certaine distance, s'allongent comme lui deux ponts m&#233;talliques suspendus, se profilant &#224; l'horizon dans un coup d'&#339;il charmant. Je ne pus me d&#233;fendre de comparer ces ponts de l'Indre &#224; ceux de la Garonne, &#224; Toulouse, dont Tours repr&#233;sentait ainsi l'image.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tours me parut de l&#224; tenir &#224; la fois de Toulouse et de Bordeaux, de Toulouse pour le genre et la disposition de ses ponts, et de Bordeaux pour l'aspect imposant des quais dont de belles maisons ornent les abords. Je ne parle pas du mouvement commercial de Bordeaux qui lui est propre, je me place au point de vue architectural. A ce m&#234;me point de vue, Tours est une tr&#232;s jolie ville. Elle est fort bien b&#226;tie et vous a ce cachet grandiose que l'on ne trouve pas en beaucoup d'autres villes. N'est-il pas juste que de si belles cages soient le lot d'aussi gentils oiseaux&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aurais d&#251;, si j'eusse &#233;t&#233; sage, coucher le soir &#224; Tours, ce qui m'aurait permis d'encore mieux voir la ville et de me reposer suffisamment&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais, pensez donc, il faisait encore grand jour et ma conscience n'aurait pas &#233;t&#233; tranquille si je m'&#233;tais mis &#224; me dorloter, au lieu d'aller de l'avant. Du diable, mes amis, que peut-on donc avoir, malgr&#233; soi, dans la peau pour ne pas m&#233;nager mieux sa petite personne, alors qu'aucune raison palpable ne vous oblige &#224; vous victimer ainsi&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Avant de m'embarquer pour ce lointain voyage j'en avais supput&#233; toutes les chances. J'aurais trouv&#233; ravissante l'intr&#233;pidit&#233; qui m'aurait men&#233; &#224; Tours le soir du troisi&#232;me jour et voil&#224; que, d&#233;passant mon esp&#233;rance, j'y arrive bien avant la fin de la deuxi&#232;me journ&#233;e de marche. Je suis donc un flambard, un... &#233;patant&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un... quoi&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? tout ce que l'on voudra, et je ne suis pas encore content, il faut que j'aille toujours de l'avant. Je n'ai donc pas le droit de dormir sur mes lauriers&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? En v&#233;rit&#233;, je vous le dis, quelque sorci&#232;re a d&#251; m'hynoptiser pour me donner ainsi la nostalgie de la route. Notez qu'il en fut ainsi partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne devant pas coucher &#224; Tours, j'y fis cependant une halte un peu plus grande que les cinq pauvres minutes que je m'accordais parfois sur le bord des foss&#233;s de la route. J'entrai triomphant dans la ville, dans cette rue principale qui est en face du pont, en tenant mon cheval par la bride. Bient&#244;t j'aper&#231;ois une Bo&#238;te aux lettres et je me mets en devoir, prenant mon v&#233;lo pour un pupitre, de calligraphier au crayon quelques mots laconiques pour dire aux miens que je n'&#233;tais pas mort. En voyant cet &#233;crivain ambulant, quelques gamins sourirent dr&#244;lement mais si gentiment que je souris aussi. Vous voyez que tout est ris &#224; Tours. De l&#224; je me rabattis sur la terrasse d'un caf&#233;, un de ces magnifiques &#233;tablissements qui sont de vrais palais. J'avais besoin de calmer une soif inextinguible. Je d&#233;layai un bock de bi&#232;re dans de l'eau et m'en donnai &#224; c&#339;ur-joie, en allongeant ces pauvres jambes qui m'avaient d&#233;j&#224; tant de fois lev&#233; les genoux vers le ciel. La chaleur du jour &#233;tait torride. Je bus, je bus et je partis, continuant d'inspecter la ville dans la direction de mon chemin, la route de Poitiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut avec regret que je quittai si pr&#233;cipitamment la patrie de Balzac et de Rabelais&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais j'avais un but &#224; remplir&#160;: marcher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A propos de Tours, de Rabelais et de Balzac, voulez- vous me permettre, cher lecteur, de vous soumettre un sonnet que dans ma manie de rimailler je rimaillai un jour pour Balzac, &#224; propos de l'inauguration de sa statue &#224; Tours&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;BALZAC&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme un lys parfum&#233;, de blancheur &#233;clatant,&lt;br class='autobr' /&gt;
Cueilli dans le vallon o&#249; dort la renomm&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mon &#226;me offre &#224; ton front, de ta verve anim&#233;e, &lt;br class='autobr' /&gt;
La palme, par encens d'un cour reconnaissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce lys n'est point soul&#160;: il va s'agrandissant, &lt;br class='autobr' /&gt;
Joignant &#224; son nectar l'ar&#244;me de l'arm&#233;e, &lt;br class='autobr' /&gt;
Des mille et mille fleurs de notre France aim&#233;e &lt;br class='autobr' /&gt;
Qui veulent, quoique tard, te voir resplendissant &lt;br class='autobr' /&gt;
En allant assumer sur ton illustre t&#234;te &lt;br class='autobr' /&gt;
Leur aur&#233;ole, fleurs, devant nos cours en f&#234;te. &lt;br class='autobr' /&gt;
Balzac, auteur sublime, &#244; sublime &#233;crivain,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque note de toi fait frissonner ma lyre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &lt;br class='autobr' /&gt;
Et de tous tes lecteurs si je suis le plus vain, &lt;br class='autobr' /&gt;
Je te rends gr&#226;ce, au moins, de mon heureux d&#233;lire,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, 23&#160;novembre 1889.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis heureux de rendre ainsi hommage dans son propre pays &#224; celui qui a tant contribu&#233; &#224; me le faire aimer avant que je le connaisse. Je ne l'en aime que plus depuis que je le connais. De l&#224; sans doute mon enthousiasme et mes dithyrambes en abordant ce pays enchanteur. Il est vrai que j'ai d&#251; me rendre &#224; l'&#233;vidence en constatant que les Tourangelles... chut&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Rabelais, ce pantagru&#233;lique amateur de boustifaille et de beuverie, lui qui aurait pr&#233;tendu que la po&#233;sie n'engraisse pas, qu'il sache que dans son pays j'ai bu en son honneur du vin de Chinon, en marmottant in petto, les yeux tourn&#233;s vers l'infini, toutes les odes funambulesques qui peuvent barboter au fond d'un verre dont on voit les miroitements se transformer en autant d'&#233;clats de rire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne pouvais d&#233;cemment me dispenser d'envoyer ce salut r&#233;trospectif &#224; ces deux illustres concitoyens dont je foulais le sol et dont ma jeunesse a b&#233;n&#233;fici&#233; en s'impr&#233;gnant du beau soleil de l'un et de l'ombre majestueuse de l'autre.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La bicyclette du campeur (1927)</title>
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		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1918 et 1939</dc:subject>
		<dc:subject>La bicyclette de tourisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;C'est une bicyclette normale de route &#224; fourche &#233;lastique. Le cadre est renforc&#233; par des tubes qui vont du guidon au moyeu arri&#232;re et qui permettent aussi de loger le r&#233;servoir &#224; p&#233;trole (pour l'alimentation du r&#233;chaud) et la bouteille Magondeaux (pour l'&#233;clairage sous la tente). Au-dessus du p&#233;dalier : la bo&#238;te d'accumulateurs qui alimente les feux de ville (lanterne avant et feu rouge) et le phare.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?rubrique13" rel="directory"&gt;Grand Tourisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;cyclotourisme, cyclocamping&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?mot12" rel="tag"&gt;Entre 1918 et 1939&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?mot14" rel="tag"&gt;La bicyclette de tourisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.velotextes.fr/IMG/logo/bicycletteducampeuraout1927tcf.jpg' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; alt=&#034;&#034; style='max-width: 150px;max-width: min(100%,150px); max-height: 150px' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans le Touring Club de France, Ao&#251;t 1927 &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_29 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.velotextes.fr/IMG/jpg/bicycletteducampeuraout1927tcf.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH399/bicycletteducampeuraout1927tcf-393b6.jpg?1788127428' width='500' height='399' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-29 '&gt;&lt;strong&gt;La bicyclette du campeur
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est celle de notre camarade Dehallas, reproduite ci-contre. C'est une bicyclette normale de route &#224; fourche &#233;lastique. Le cadre est renforc&#233; par des tubes qui vont du guidon au moyeu arri&#232;re et qui permettent aussi de loger le r&#233;servoir &#224; p&#233;trole (pour l'alimentation du r&#233;chaud) et la bouteille Magondeaux (pour l'&#233;clairage sous la tente). Au-dessus du p&#233;dalier : la bo&#238;te d'accumulateurs qui alimente les feux de ville (lanterne avant et feu rouge) et le phare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le p&#233;dalier&#160;: la bo&#238;te &#224; outils. Sur le tube sup&#233;rieur du cadre, un r&#226;telier permet de loger ou de d&#233;loger rapidement cinq rayons de secours. Vers le guidon, la commande du changement de vitesse et le contacteur &#233;lectrique. Sous le phare, une bo&#238;te m&#233;tallique contient une pile de secours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'arri&#232;re, de chaque c&#244;t&#233; du pied b&#233;quille : une bo&#238;te &#224; chambre &#224; air de rechange..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le porte-bagage, rigide avec le cadre, mais non soud&#233; avec lui, sert de table ou de si&#232;ge. Il est d'un montage ou d&#233;montage rapide (il suffit de visser ou de d&#233;visser 4 &#233;crous &#224; oreilles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-dessous de la popote : la tente et la toile de sol. On aper&#231;oit &#224; droite l'imperm&#233;able pli&#233; sur la mallette contenant la couverture et &#224; gauche les montants de tente reposant &#233;galement sur une mallette contenant le linge de nuit et le linge de rechange.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur chaque mallette sont dispos&#233;es 2 pochettes pour le logement des tendeurs, piquets, n&#233;cessaire de toilette et autres menus objets. sans oublier les cartes routi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M.&#160;Marcel Dehallas nous prouva &#224; Ach&#232;res, lors de la f&#234;te du 200 000&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; membre, que son ing&#233;nieuse installation &#233;tait aussi fort pratique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Grosse Routi&#232;re (Juillet 1900)</title>
		<link>http://www.velotextes.fr/spip.php?article80</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>La bicyclette de tourisme</dc:subject>
		<dc:subject>La bicyclette de route</dc:subject>
		<dc:subject>Roue libre</dc:subject>
		<dc:subject>D&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;r&lt;/sup&gt; G&#233;rard Encausse</dc:subject>
		<dc:subject>1900</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#034; &#192; c&#244;t&#233; des chevaux pur sang aux lignes si fines existent les gros chevaux de trait qui sillonnent encore les routes en attendant l'&#232;re d&#233;finitive des &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;autos&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi nous semble-t-il utile d'esquisser les points caract&#233;ristiques de la Grosse Routi&#232;re qui est &#224; la jolie machine de course ce que le cheval du fermier est au pur sang. &#034;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?mot14" rel="tag"&gt;La bicyclette de tourisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?mot16" rel="tag"&gt;La bicyclette de route&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?mot22" rel="tag"&gt;Roue libre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?mot29" rel="tag"&gt;D&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;r&lt;/sup&gt; G&#233;rard Encausse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?mot76" rel="tag"&gt;1900&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.velotextes.fr/IMG/logo/dencaussegrosseroutiere-91fa5.jpg' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; alt=&#034;&#034; style='max-width: 150px;max-width: min(100%,150px); max-height: 150px' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DOCTEUR&lt;/span&gt; G&#233;rard Encausse, Touring-Club de France, Juillet 1900&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A c&#244;t&#233; des chevaux pur sang aux lignes si fines existent les gros chevaux de trait qui sillonnent encore les routes en attendant l'&#232;re d&#233;finitive des &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;autos&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi nous semble-t-il utile d'esquisser les points caract&#233;ristiques de la Grosse Routi&#232;re qui est &#224; la jolie machine de course ce que le cheval du fermier est au pur sang. Cette esquisse est tir&#233;e uniquement de notre pratique et a &#233;t&#233; constitu&#233;e &#224; la suite d'exp&#233;riences exclusivement personnelles.&lt;br class='autobr' /&gt;
On pardonnera donc &#224; l'auteur de venir prendre la place d'&#233;crivains bien plus comp&#233;tents que lui-m&#234;me&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais cette revue est un peu le bulletin commun des exp&#233;riences de chaque membre ou de celles qu'il est appel&#233; &#224; faire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; pourquoi l'auteur de cette &#233;tude, gros monsieur de 100 kilos, s'essoufflant vite, mais trop paresseux pour monter les c&#244;tes en poussant sa machine ou pour s'arr&#234;ter &#224; r&#233;parer ses &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;pneus&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; en route, s'est efforc&#233; de constituer une b&#233;cane lui permettant de monter les c&#244;tes sans trop de travail et surtout de ne pas crever en route.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est le r&#233;sultat de ses recherches qu'il livre &#224; la discussion de ses camarades, apr&#232;s deux ans d'exp&#233;riences et il les prie d'excuser les erreurs de d&#233;tail en &#233;gard &#224; la simplicit&#233; du but poursuivi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pneumatique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question qui int&#233;resse sp&#233;cialement le touriste est toujours la m&#234;me. Le pneu sera-t-il crevable ou difficile &#224; percer&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Dans le premier cas, si l'on est &#224; la merci d'une &#233;pingle, d'une &#233;pine, d'un clou ou d'un tesson de bouteille, le mieux est de pouvoir r&#233;parer vite et bien. En avant alors les &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;pneus&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; sans chambre &#224; air ou les appareils de r&#233;paration rapide, comme les obturateurs instantan&#233;s ou simplement les classiques pastilles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais ne vaut-il pas mieux &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;cuirasser&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ses pneumatiques contre tous ces ennemis cach&#233;s de la route&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est &#224; cette solution que nous nous sommes arr&#234;t&#233; et, laissant de c&#244;t&#233; les chambres garnies de liquides ou de p&#226;tes qui r&#233;sistent bien aux clous, mais pas aux tessons de bouteilles comme ceux qui garnissent le dimanche, les caniveaux du trottoir dit &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;cyclable&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de Cr&#233;teil &#224; Sucy par exemple, abandonnant la garniture de cuir qui durcit trop vite &#224; l'usage, nous avons adopt&#233; la cuirasse en cuivre plac&#233;e sous l'enveloppe, syst&#232;me &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Pneumatic Protector&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; fran&#231;ais, poids insignifiant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(Hum ! deux fois quatre cents font huit cents, autant dire un kilo, ou le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (400 gr.) et conservation presque int&#233;grale de l'&#233;lasticit&#233; des pneus. Avec cela une d&#233;chirure de dix centim&#232;tres de l'enveloppe est aussi n&#233;gligeable qu'une &#233;pingle. Quant aux clous ils se tordent s'ils ont l'audace de piquer l'enveloppe.&lt;br class='autobr' /&gt;
La bicyclette ainsi &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;cuirass&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; est &#224; la b&#233;cane ordinaire ce que le cuirass&#233; est au bateau en bois vis-&#224;-vis des boulets. On passe aussi bien sur les silex pointus que sur la plus plate des routes. Aussi adaptons-nous ce syst&#232;me &#224; notre routi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Selle .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La selle peut &#234;tre passive ou active. Nous appelons passive la selle qui est absolument fixe, et active, la selle susceptible de se d&#233;placer pour aider le cycliste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme selle passive nous donnons la pr&#233;f&#233;rence aux selles sans bec bien suspendues sur de solides ressorts.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme selle active nous avons &#233;tudi&#233; d'une part la selle ordinaire (une Christy dans nos exp&#233;riences) mont&#233;e sur la tige de selle oscillante Cadet (de Troyes). Cette selle est d'un puissant secours dans la mont&#233;e des c&#244;tes, mais le d&#233;placement n'est pas assez consid&#233;rable &#224; notre avis. La selle anglaise &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Esmond&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; pouvant osciller de plus de 0,10 centim&#232;tres en avant ou en arri&#232;re et oscillant aussi sur les c&#244;tes (ce qui constitue une sorte de suspension &#224; la Cardan) nous a rendu d'inestimables services, combin&#233;e au changement de vitesse&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelles louanges en ferait M.&#160;de Vivie (Velocio) s'il pouvait l'&#233;tudier comme il sait &#233;tudier les moyens d'&#233;viter la fatigue inutile. Et cependant ce genre de selle a un d&#233;faut qu'il faut signaler&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est d'emp&#234;cher presque compl&#232;tement de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;l&#226;cher les mains&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Mais les avantages compensent largement cet ennui. Il faudrait aussi que la maison construis&#238;t des selles oscillant&#234;s sans bec.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous conseillons beaucoup &#224; nos constructeurs fran&#231;ais d'&#233;tudier de tr&#232;s pr&#232;s la question des selles oscillantes. Ceux qui en ont essay&#233; en deviennent fanatiques et j'ai bien peur d'&#234;tre du nombre.&lt;br class='autobr' /&gt;
En r&#233;sum&#233;, je munis ma routi&#232;re d'une selle oscillante Esmond &#8212; en attendant un mod&#232;le fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;veloppements multiples&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question des c&#244;tes n'existe pas, c'est entendu, pour le cycliste entra&#238;n&#233;, pour le professionnel ou pour celui qui s'est exerc&#233; &#224; monter certaines c&#244;tes toujours les m&#234;mes du pays o&#249; il &#233;volue tous les jours. Mais nous nous adressons &#224; tous ceux qui, dans les moments de libert&#233;, enfourchent leur b&#233;cane, non sans noter avec terreur les nombreuses c&#244;tes indiqu&#233;es sur la carte de l'itin&#233;raire choisi. Ceux l&#224;, soit d&#233;faut d'entra&#238;nement, soit prudence recommand&#233;e par le m&#233;decin, soit surtout par impossibilit&#233; tout simplement descendent de machine &#224; loindre mont&#233;e et utilisent le train onze. Une v&#233;ritable machine routi&#232;re doit leur &#233;viter cet ennui. De l&#224; le changement de d&#233;veloppement.&lt;br class='autobr' /&gt;
A notre avis, la machine de l'avenir destin&#233;e &#224; M.&#160;tout le monde aura un ou plusieurs changements de d&#233;veloppement qui seront aussi n&#233;cessaires que les roulements &#224; billes ou les pneumatiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Personnellement nous avons utilis&#233; plusieurs syst&#232;mes et un cycliste entra&#238;n&#233; se trouvera tr&#232;s content avec une &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Cleveland&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#224; deux d&#233;veloppements et &#224; roue libre, surtout si l'on y ajoute une selle oscillante. C'est l&#224; notre machine de luxe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la bonne grosse routi&#232;re ne peut se contenter de deux d&#233;veloppements, il en faut au moins trois et, si l'on voulait &#233;couter l'homme le plus comp&#233;tent en ces mati&#232;res : M.&#160;de Vivie (Velocio) on en mettrait six.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me suis arr&#234;t&#233; au syst&#232;me de M.&#160;de Vivie que j'exp&#233;rimente depuis bient&#244;t deux ans et qui a plusieurs qualit&#233;s pr&#233;cieuses&#160;: il est simple, rustique, solide, ne se d&#233;traque pas. Les cyclistes qui paradent en gants blancs et en &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;smoking&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; vous diront qu'il a un gros d&#233;faut, c'est d'obliger le routier &#224; descendre de machine et &#224; se salir les doigts pour changer de vitesse. Pour ces cyclistes mondains la &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Cleveland&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; suffit. On tire sa tringle et sans descendre de selle, on change de d&#233;veloppement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais je me rappelle ma joie de monter six kilom&#232;tres de c&#244;tes &#224; 4 et 6&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% sans plus de fatigue que si j'allais &#224; Suresnes et cette joie compense largement le petit ennui de mettre ses vieux gants pour changer sa cha&#238;ne de pignon.&lt;br class='autobr' /&gt;
Car ce syst&#232;me demande simplement de d&#233;crocher sa cha&#238;ne, ce qui se fait en 3 secondes avec le crochet de l'inventeur, imagin&#233; de telle sorte qu'il ne peut jamais se d&#233;tacher de lui-m&#234;me en cours de route, car la traction sur la cha&#238;ne tend &#224; le fermer davantage. La cha&#238;ne une fois decroch&#233;e vous la placez sur deux nouveaux pignons choisis par vous suivant la c&#244;te &#224; gravir (temps 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;o&lt;/sup&gt; secondes environ) vous refermez la cha&#238;ne en remettant le crochet sp&#233;cial (10 secondes) et vous voil&#224; pr&#234;t en 5&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;o&lt;/sup&gt; secondes, une minute au plus. Avec trois d&#233;veloppements&#160;: 3 m. 40, 5 m. 20 et 7 m&#232;tres par exemple, vous pouvez d&#233;j&#224; faire toute la route sans descendre de machine autrement que pour le rapide changement de d&#233;veloppement et vous arriverez toujours plus vite et surtout plus frais que les &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;malins&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qui montent toutes les c&#244;tes avec 6 m&#232;tres et s'ab&#238;ment le c&#339;ur en quelques mois.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est au syst&#232;me de Vivie &#224; cause de son bon march&#233; d'abord, de son application possible &#224; toutes les bicyclettes de toutes marques ensuite que nous donnons la pr&#233;f&#233;rence. Nous nous arr&#234;tons &#224; trois d&#233;veloppements, ceux qui en veulent quatre ou six peuvent les faire adapter aussi bien &#224; raison de trois de chaque c&#244;t&#233; de la roue motrice&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais le principe des d&#233;veloppements multiples est ainsi amplement utilis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Roue Libre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Apr&#232;s usage de ma &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Cleveland&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; je munis ma routi&#232;re de la roue libre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; car si le changement de d&#233;veloppement &#233;conomise les forces &#224; la mont&#233;e, la roue libre les &#233;conomise &#224; la descente et il y a tout avantage &#224; le faire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant j'incline &#224; employer une roue pouvant &#234;tre lib&#233;r&#233;e &#224; volont&#233;, mais pouvant &#234;tre aussi encha&#238;n&#233;e &#224; volont&#233;. Un d&#233;clanchement &#224; tringle suffit dans ce cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Freins&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre routi&#232;re est munie de deux freins : l'un sur la roue d'avant, l'autre sur le moyeu de la roue motrice, ce dernier &#224; ruban.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme frein de la roue directrice nous avons adopt&#233; un syst&#232;me qui mord sur la jante de la roue sans toucher au pneumatique le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Toby&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, c'est un frein puissant et qui suffit &#224; lui seul pour arr&#234;ter la machine lanc&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme frein de la roue motrice, nous pr&#233;f&#233;rons personnellement les freins &#224; main, aux freins &#224; contre-p&#233;dale et nous avons adopt&#233; le type &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;le Merveilleux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qui est continu et puissant et arr&#234;te tr&#232;s vite notre machine lanc&#233;e et portant nos cent kilos. Le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Lehut&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et les autres mod&#232;les sont d'&#233;gale valeur. Le frein d'avant est &#224; port&#233;e de notre main droite et le frein arri&#232;re &#224; port&#233;e de notre main gauche. On peut freiner toujours sans quitter le guidon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Finances&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Passons maintenant &#224; la question financi&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Combien co&#251;te la transformation d'une machine quelconque en routi&#232;re : car nous faisons une &#233;tude pour venir en aide aux camarades et non pour lancer une marque quelconque. Apr&#232;s enqu&#234;te s&#233;rieuse, voici les prix maxima.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cuirasse pour les pneus (2 pneumatic-protector ) 28 fr.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selle Oscillante (rendue &#224; Pruici. 25 &#8212; Trois d&#233;veloppements (lout Lumpris). 75 &#8212; Roue libre. 25 &#8212; Frein d'avant (Toby). 18 &#8212; Frein d'arri&#232;re. 30 &#8212; 201 fr.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mes chers camarades voil&#224; le r&#233;sultat de mon exp&#233;rience. C'est &#224; vous maintenant d'exp&#233;rimenter de votre c&#244;t&#233;. Allez au Champ de Mars, allez &#224; Vincennes et vous verrez que, partout, la machine &#224; changement de d&#233;veloppement fait son apparition. Mais ce n'est l&#224; qu'un morceau de la routi&#232;re et je me suis efforc&#233; de vous la montrer dans toutes ses parties. Peut-&#234;tre voudrez-vous en voir une toute b&#226;tie sur le mod&#232;le que je viens de d&#233;crire. Eh bien, attendez jusqu'au 15&#160;juillet et rendez-vous &#224; Vincennes &#224; la classe 30&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'installerai l&#224; une machine constitu&#233;e sur le mod&#232;le d&#233;crit et sans marque, pour que vous soyez s&#251;r que je ne d&#233;guise pas sous mes paroles le courtier d'un fabricant quelconque, ce qui n'a jamais &#233;t&#233; dans mes habitudes.&lt;br class='autobr' /&gt;
M.&#160;de Vivie enverra une machine &#224; plusieurs d&#233;veloppements et je la compl&#233;terai &#224; mes frais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et maintenant en selle, montez les c&#244;tes et ne crevez plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DOCTEUR&lt;/span&gt; G.-E.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; n&#176;&#160;65-641) Tout ceci est parfait, et l'expos&#233; d'un sentiment sinc&#232;re, appuy&#233; sur une longue pratique, et on pourra trouver l&#224; des enseignements profitables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais notre camarade nous permettra quelques r&#233;serves.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et tout d'abord il nous recommande un changement de vitesse Cleveland, une selle Esmond, un frein Toby et ajoute qu'il monte une machine Rudge.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans &#234;tre anglophobe, on peut trouver que c'est bien un peu anglais, tout cela, et qu'on peut se procurer en France tout aussi bien qu'&#224; l'&#233;tranger un bon changement de vitesse, un bon frein, une bonne selle et une bonne machine&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
D'autre part, bien des selles oscillantes ont &#233;t&#233; propos&#233;es en France et toutes ont mordu la poussi&#232;re apr&#232;s l'avoir fait mordre &#224; leurs adeptes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous doutons que ce syst&#232;me ait jamais grand succ&#232;s et une bonne selle de largeur appropri&#233;e, et bien suspendue fera tout aussi bien l'affaire, sans parler du poids formidable de la selle qu'on nous recommande.&lt;br class='autobr' /&gt;
En revanche, notre camarade omet de parler de deux facteurs des plus importants pour un homme lourd&#160;: la dimension des pneus, la force de la machine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les pneus devront avoir 40 millim. et de pr&#233;f&#233;rence on choisira des pneus de tandem afin d'amortir le plus possible les tr&#233;pidations et m&#233;nager ainsi et l'homme et sa monture.&lt;br class='autobr' /&gt;
La machine devra &#234;tre renforc&#233;e. Actuellement la fabrication fran&#231;aise emploie couramment des tubes d'une &#233;paisseur de 8 dixi&#232;mes de milim&#232;tre. la fabrication anglaise et am&#233;ricaine des tubes de 7 dixi&#232;mes et m&#234;me de 6 dixi&#232;mes, nous conseillons de demander des tubes de 10 dixi&#232;mes.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une d&#233;pense suppl&#233;mentaire de 25 francs environ, celle-l&#224; vraiment justifi&#233;e. Nous conseillons aussi de prendre une fourche renforc&#233;e ou m&#234;me une fourche de tandem.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;N. D. L. R.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[note 2022] Ci-dessous la routi&#232;re du D&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;r&lt;/sup&gt; Encausse, dans son livre sur le sujet paru en 1902&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_928 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;203&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.velotextes.fr/IMG/jpg/dencaussegrosseroutiere.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH451/dencaussegrosseroutiere-914d6.jpg?1788126849' width='500' height='451' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-928 '&gt;La routi&#232;re du D&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;r&lt;/sup&gt; Encausse
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-928 '&gt;G. Encausse, La bicyclette grosse routi&#232;re et l'hygi&#232;ne du cyclo-touriste&#160;: conseils pratiques aux vrais routiers, 1902. Source Biblioth&#232;que municipale de Lyon (R&#233;s K 00285).
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;(Hum&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! deux fois quatre cents font huit cents, autant dire un kilo, ou le douzi&#232;me du poids de la machine.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Cyclo-tourisme (G. Cl&#233;ment, F&#233;vrier 1922)</title>
		<link>http://www.velotextes.fr/spip.php?article38</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.velotextes.fr/spip.php?article38</guid>
		<dc:date>2020-06-22T16:51:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1918 et 1939</dc:subject>
		<dc:subject>Gaston Cl&#233;ment</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Rien d'&#233;tonnant &#224; ce qu'on rencontre peu de cyclo-touristes. Ils ne font pas de bruit, ne sont jamais par groupes tr&#232;s denses, partout &#224; leur heure, et ont tous des itin&#233;raires vari&#233;s. Ils peuvent circuler par milliers dans une m&#234;me r&#233;gion sans que cela s'aper&#231;oive beaucoup.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?rubrique13" rel="directory"&gt;Grand Tourisme&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;cyclotourisme, cyclocamping&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?mot12" rel="tag"&gt;Entre 1918 et 1939&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?mot44" rel="tag"&gt;Gaston Cl&#233;ment&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Gaston Cl&#233;ment, Revue du Touring-Club de France, F&#233;vrier 1922 &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#233;dalez par plaisir et non par amour-propre. De toutes parts, dans cette revue m&#234;me, on semble accorder quelque cr&#233;dit &#224; la soi-disante d&#233;cadence du cyclo-tourisme. On en parle trop pour qu'elle soit r&#233;elle, et l'heure n'est pas encore venue de prononcer son &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;arr&#234;t de mort&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a toujours beaucoup de cyclo-touristes, consid&#233;rant que chaque cycliste est plus ou moins touriste : aussi bien celui qui, de temps &#224; autre, fait une promenade avec le v&#233;lo dont il se sert chaque jour pour se rendre &#224; son travail ou &#224; ses affaires&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; aussi bien le jeune sportsman, coureur enrag&#233; utilisera quelquefois sa monture de course pour une randonn&#233;e d'agr&#233;ment&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; aussi bien le v&#233;ritable cyclo-touriste rayonnera autour de sa demeure le plus souvent qu'il pourra et fera chaque ann&#233;e un ou plusieurs voyages au long cours.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme bien des genres de tourisme, plus que tout autre peut-&#234;tre, c'est un sport d'isol&#233;. &#192; toute heure, en tous endroits, le v&#233;lo est toujours pr&#234;t &#224; aller aussi loin que le veut la fantaisie de son cavalier, dans les villages les plus recul&#233;s, les plus inaccessibles. Avec lui, pas de tribulations d'horaires, de caprices de cochers ou de chauffeurs. Avec lui, on passe partout, on fuit les routes encombr&#233;es, poussi&#233;reuses, pour se faufiler par de jolis chemins pittoresques, frais, bien ombrag&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rien d'&#233;tonnant &#224; ce qu'on rencontre peu de cyclo-touristes. Ils ne font pas de bruit, ne sont jamais par groupes tr&#232;s denses, partout &#224; leur heure, et ont tous des itin&#233;raires vari&#233;s. Ils peuvent circuler par milliers dans une m&#234;me r&#233;gion sans que cela s'aper&#231;oive beaucoup.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces consid&#233;rations s'appliquent &#233;galement au tourisme p&#233;destre, qui se caract&#233;rise comme celui &#224; bicyclette, par les m&#234;mes avantages. Cet isolement, cette dispersion, cette libert&#233; qui font le charme de ces modes de tourisme, c'est aussi leur point faible, et il appartient au Touring-Club, d'unir, de grouper ceux qui les pratiquent, les r&#233;unissant ainsi toujours plus nombreux sous un m&#234;me drapeau.&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus que jamais, en raison des difficult&#233;s actuelles de la vie, nous avons le devoir d'appeler l'attention de tous ceux qui aiment la nature vers la pratique de la marche et de la bicyclette, et, pour celle-ci, c'est bien le moment de redire avec Pierre Giffard qu'elle est un bienfait social.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette Petite Reine, qui tient si peu de place dans votre logis, personnifie la libert&#233;, la gaiet&#233;, la sant&#233;, le d&#233;lassement moral et physique, et tout cela &#233;conomiquement.&lt;br class='autobr' /&gt;
On croit trop qu'il faut une pr&#233;paration physique tr&#232;s s&#233;rieuse. Objectant que le temps leur fait d&#233;faut pour s'entra&#238;ner, tous ceux qui ont une situation s&#233;dentaire et ne peuvent prendre que quelques mois ou quelques semaines de vacances, diront qu'ils ne sont pas en &#233;tat de p&#233;daler. Les dames, surtout, seront hostiles &#224; cet exercice.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous affirmons, une fois de plus, que toute personne en bonne sant&#233;, sachant monter &#224; bicyclette, peut affronter une excursion, et m&#234;me un long voyage sans pr&#233;paration physique et l'accomplir sans fatigue anormale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour cela il faut toujours s'inspirer du fameux conseil de M.&#160;de Vivie : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;P&#233;dalez par plaisir et non par amour-propre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, et aussi de la th&#233;orie de cet autre ap&#244;tre du cyclo-tourisme, M.&#160;de Baroncelli : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Voyagez lentement.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; C'est-&#224;-dire ne jamais faire plus que ses forces. Ne pas forcer dans les c&#244;tes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le plus grand tort que l'on puisse faire &#224; la v&#233;ritable vulgarisation de la bicyclette, c'est de la consid&#233;rer uniquement comme un engin de vitesse. C'est logique pour l'outil du sportif&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est moins important pour, celui du touriste, qui la plupart du temps doit avoir pour maxime : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;La vitesse, c'est l'ennemi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et recherche une monture qui lui permette de voyager confortablement.&lt;br class='autobr' /&gt;
On fait des d&#233;placements lointains, on engage des d&#233;penses pour visiter une r&#233;gion qu'on ne conna&#238;t pas. Quels souvenirs aura-t-on si elle est parcourue &#224; 25 kilom&#232;tres &#224; l'heure. Est-il besoin de faire beaucoup de kilom&#232;tres pour voir beaucoup de choses, et surtout les bien voir. Prenons un cyclotouriste sur l'itin&#233;raire Paris-Rambouillet par exemple, en supposant qu'il le fait pour la premi&#232;re fois. S'il veut voir tr&#232;s sommairement ce qui est int&#233;ressant sur le parcours : le Bois de Boulogne, Saint-Cloud, Versailles, le Ch&#226;teau, les Trianons, Dampierre, les Vaux de Cernay, sa journ&#233;e ne sera-t-elle pas bien employ&#233;e, et cependant il n'aura couvert qu'une cinquantaine de kilom&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet exemple est &#224; peu pr&#232;s toujours le cas en voyage, surtout dans les r&#233;gions montagneuses o&#249; le paysage varie &#224; chaque tournant de la route. La Corniche de l'Est&#233;rel qui relie Saint-Rapha&#235;l &#224; Cannes comporte 45 kilom&#232;tres de routes faciles. Ce serait de la barbarie pour un touriste, de la faire en deux heures. On peut y employer facilement une journ&#233;e enti&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
On voit donc bien que le kilom&#233;trage horaire ou quotidien en mati&#232;re de tourisme est une chose secondaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceci pos&#233;, &#233;tant admis qu'on est d&#233;cid&#233; &#224; se promener, &#224; voir, &#224; regarder, quels sont les cyclistes qui ne peuvent parcourir 15 &#224; 20 kilom&#232;tres le matin, autant l'apr&#232;s-midi, et voil&#224; d&#233;j&#224; pour commencer, m&#234;me pour les plus modestes p&#233;dales, un tr&#232;s joli ruban de route.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quarante kilom&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Pour un sportif c'est bien peu, c'est peut-&#234;tre ridicule, et cependant pour un touriste, c'est quelque chose de suffisant, nous venons de le d&#233;montrer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Peut-&#234;tre le cycliste bien entra&#238;n&#233;, raillera-t-il et ironiquement laissera-t-il entendre que la paresse pr&#233;side &#224; un tel emploi du temps. Laissez-le dire, vous savez que c'est la sagesse&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Et puis, apr&#232;s une semaine ou deux, ces &#233;tapes de 30 ou 40 kilom&#232;tres pourront &#234;tre facilement doubl&#233;es&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; car l'entra&#238;nement sera venu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceci n'est pas de l'utopie&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce n'est pas non plus de la th&#233;orie, nous en avons tous les jours la preuve. Nous recevions ces jours-ci une lettre de notre coll&#232;gue t&#233;c&#233;fiste, M.&#160;M., artiste peintre, d&#233;crivant les itin&#233;raires de ses voyages annuels. Celui de 1921 comportait 1.482 kilom&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; traversait 13 d&#233;partements. Il fut effectu&#233; du 29&#160;mai au 25&#160;juillet, de M&#226;con &#224; Clermont-Ferrand, en passant par Bourg, Amb&#233;rieu, la Grande-Chartreuse, Grenoble, Le Galibier, Brian&#231;on, La Vallouise, Gap, Aix, Martigues, Aigues-Mortes, Lunel, Toulouse, Gaillac, Figeac, La Cave, Beaulieu, Salers, Le Puy Mary, Mur&#226;t. Notre coll&#232;gue &#233;tait accompagn&#233; de M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;M.&#160;Or, ces fervents cyclo-touristes sont respectivement &#226;g&#233;s de 67 et 63 ans, et ne font de la bicyclette que depuis 1914. Depuis cette date, tous les ans, apr&#232;s neuf mois de vie s&#233;dentaire, ils partent ainsi, sans pr&#233;paration sp&#233;ciale, parcourent la France en tous sens par &#233;tapes quotidiennes, de 40 &#224; 70 kilom&#232;tres, travaillant tout le long du chemin &#224; des &#233;tudes ou croquis, et munis des bagages n&#233;cessaires pour ne manquer de rien. Le bagage de M.&#160;M.&#160;p&#232;se 23 kilos, celui de M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;, 9 kilos.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous pourrions citer beaucoup d'autres exemples&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il n'y en a pas de plus &#233;loquent que celui-ci pour d&#233;montrer bien mieux que les exploits sportifs de nos plus c&#233;l&#232;bres champions, combien le cyclo-tourisme est accessible &#224; tous, &#224; toutes et &#224; tous les &#226;ges.&lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce &#224; dire que nous sommes hostiles &#224; toute id&#233;e de pr&#233;paration physique. Ce serait ridicule. On ne vulgarisera jamais trop la pratique des sports, surtout &#224; l'usage des jeunes. Et notre th&#233;orie, par des voies diff&#233;rentes, am&#232;ne &#224; ce r&#233;sultat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si nous nous adressons &#224; nos jeunes camarades, ce sera seulement pour leur dire de mod&#233;rer leur ardeur, en mati&#232;re de tourisme. Cent &#224; cent vingt kilom&#232;tres quotidiens seront un jeu pour eux, c'est bien suffisant pour se rappeler les paysages et les villes travers&#233;s. Et s'ils prennent plaisir &#224; faire de la route, non pour le kilom&#233;trage, mais pour l'int&#233;r&#234;t de la nature et des choses, ils p&#233;daleront toute leur vie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le cas contraire, ils auront vite d&#233;laiss&#233; le cyclisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme conclusion, on voit que, suivant les forces physiques, l'emploi du temps du cycliste peut varier de 30 &#224; 120 kilom&#232;tres par jour. Il y a place pour tous les id&#233;als&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le cyclo-tourisme est donc bien &#224; la port&#233;e de tous.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; dessein, nous n'avons pas parl&#233; des v&#233;los, estimant en principe (en principe seulement) que tous, quels qu'ils soient, permettent plus ou moins la pratique du cyclotourisme. On en faisait bien il y a cinquante ans avec des v&#233;locip&#232;des Michaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la r&#233;alit&#233; il est indispensable, pour excursionner confortablement, de choisir ou d'am&#233;nager judicieusement sa monture.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est obligatoire pour le cycliste non entra&#238;n&#233;. Ceci est une autre question dont nous parlerons dans un prochain article.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G. &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CL&lt;/span&gt;&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MENT&lt;/span&gt;, Membre du Comit&#233; de Tourisme cycliste et p&#233;destre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De la mani&#232;re de voyager. (1889)</title>
		<link>http://www.velotextes.fr/spip.php?article476</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.velotextes.fr/spip.php?article476</guid>
		<dc:date>2020-05-29T08:02:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Avant 1900</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Maurice Martin</dc:subject>
		<dc:subject>V&#233;locip&#232;de</dc:subject>
		<dc:subject>Bordeaux</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;&#192; mon avis, le touriste doit en emporter le moins possible, sans toutefois se priver du n&#233;cessaire sous pr&#233;texte de poids. 14 &#224; 15 kilog. peuvent para&#238;tre exag&#233;r&#233;s&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais ceux qui ont l'habitude des longues routes savent qu'en pr&#233;vision de mauvais temps mieux vaut se munir en cons&#233;quence.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?rubrique13" rel="directory"&gt;Grand Tourisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;cyclotourisme, cyclocamping&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;Avant 1900&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?mot36" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?mot57" rel="tag"&gt;Maurice Martin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?mot66" rel="tag"&gt;V&#233;locip&#232;de&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?mot94" rel="tag"&gt;Bordeaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Maurice Martin, Le Cycliste, 1889, source archives d&#233;partementales de la Loire cote &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PER&lt;/span&gt; 1328_1&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous empruntons au Veloce-Sport l'article suivant de M.&#160;Martin, qui r&#233;sume, mieux que nous ne pourrions le faire, la discussion ouverte &#224; propos de la mani&#232;re de voyager et que l'abondance des mati&#232;res nous avait emp&#234;ch&#233;s de poursuivre dans le dernier num&#233;ro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;QUELQUES&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CONSEILS&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TOURISME&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PRATIQUE&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le veloceman-touriste qui vit loin de Paris et qui, chaque ann&#233;e, au moment mille fois b&#233;ni des vacances et des vill&#233;giatures, consacre d&#233;votement quelques jours &#224; dame P&#233;dale, s'il est une route-type, une route classique &#224; parcourir au moins une fois dans sa vie sportive, c'est assur&#233;ment celle de la capitale. Le but est tout d&#233;sign&#233;. Il s'impose. Et lorsqu'&#224; cela vient se joindre la double co&#239;ncidence de la f&#233;erique Exposition de 1889 et du Championnat de France de fond bicycles (le Grand-Prix de Paris de notre v&#233;locip&#233;die et l'une des rares courses fran&#231;aises qui m&#233;ritent r&#233;ellement d'&#234;tre suivies avec int&#233;r&#234;t), il n'y a plus &#224; h&#233;siter&#160;: il faut faire bien vite son paquetage et p&#233;daler vers Babylone&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ce que je viens de faire pr&#233;cis&#233;ment, il y a quelques jours, de Bordeaux &#224; Paris, en compagnie de M.&#160;Georges Thomas, l'honorable et sympathique pr&#233;sident de l'union v&#233;locip&#233;dique de France, et de mon coll&#232;gue Oscar Maillotte, du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;V. C.&lt;/span&gt; bordelais, un de ces rares v&#233;t&#233;rans du v&#233;loce, qui roulaient d&#233;j&#224;, il y a quelque vingt ans, au temps des jantes de bois, sur cette m&#234;me route de Bordeaux-Paris.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis longtemps d&#233;j&#224; nous l'avions r&#234;v&#233;e, cette magnifique excursion &#224; travers la France centrale, et nos excellents amis Georges Chevallier, consul de la Charente-Inf&#233;rieure &#224; Montendre, et Gabriel Ferrand, du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;V. C. B.&lt;/span&gt;(mes compagnons de route du voyage de Bordeaux-Gen&#232;ve de l'an dernier, avec l'ami Panajou), devaient se joindre &#224; nous.&lt;br class='autobr' /&gt;
Malheureusement. au dernier moment, ils ont &#233;t&#233; emp&#234;ch&#233;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais si nous avons eu le tr&#232;s vil regret de d&#233;plorer bien souvent cette double absence sur notre chemin, du moins avons-nous eu la satisfaction d'accomplir notre itin&#233;raire sans la moindre entrave, par un temps merveilleux, &#224; travers des sites charmants, souvent m&#234;me admirables, suivant fid&#232;lement le programme que nous nous &#233;tions trac&#233; et que le V&#233;loce-Sport a publi&#233; d'ailleurs quelques jours avant notre d&#233;part.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre performance n'ayant absolument rien eu de remarquable comme vitesses et distances quotidiennes, si on l'envisage &#224; un certain point de vue, en ces temps de records o&#249; l'on veut &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;manger de la route quand m&#234;me&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, je m'&#233;tais promis de ne pas ennuyer les lecteurs du V&#233;loce-Sport avec ce compte rendu. Mais les aimables et nombreux velocemen que nous avons rencontr&#233;s sur notre route s'&#233;tant joints &#224; mes deux compagnons de voyage pour me demander cette publication dans l'int&#233;r&#234;t du tourisme pur, je me suis d&#233;cid&#233; &#224; la faire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si je puis ainsi, en donnant de cette excursion un compte rendu d&#233;taill&#233;, &#224; la fois pratique et descriptif, &#234;tre quelque peu utile aux touristes qui nous imiteront un jour ou l'autre, je me d&#233;clarerai tr&#232;s satisfait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et d'abord, il y a trois fa&#231;ons d'effectuer cette route de Bordeaux &#224; Paris, qui varie de 578 kilom&#232;tres environ &#224; 714, entre l'itin&#233;raire le plus direct et celui tr&#232;s d&#233;tourn&#233; par Fontainebleau, que nous avons choisi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces m&#234;mes consid&#233;rations peuvent d'ailleurs s'appliquer &#224; toutes les routes de longue haleine.&lt;br class='autobr' /&gt;
1&#176; On peut effectuer ledit itin&#233;raire en &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;mangeur de route&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, suivant l'expression consacr&#233;e, &#224; raison de 150 ou 200 kilom&#232;tres, voire m&#234;me 225 kilom&#232;tres par jour, soit en deux jours et demi au moins (les grands records &#224; part, bien entendu) et quatre jours au plus. Inutile de dire que, dans ce cas, on voit comme curiosit&#233;s les cailloux et quelquefois m&#234;me les grosses pierres seulement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Les cailloux tu regarderas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le paysage nullement.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
(I&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; commandement du mangeur de route.)&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est assur&#233;ment tr&#232;s beau comme performance, mais compl&#232;tement nul comme tourisme et il n'est point besoin de choisir alors un pareil itin&#233;raire. Mieux vaut s'entra&#238;ner dans un rayon plus restreint, ce qui est beaucoup plus pratique, le temps n'&#233;tant plus d'ailleurs, en cette &#233;poque de grands express europ&#233;ens, o&#249; l'on avait recours aux courriers rapides, en plus des malles-poste, pour aller porter les nouvelles importantes &#224; la Capitale, comme par exemple les votes des d&#233;l&#233;gu&#233;s du Conseil permanent de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;U. V. F.&lt;/span&gt; d'alors&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; part les rares velocemen absolument entra&#238;n&#233;s qui n'ont que trois ou quatre jours &#224; leur disposition pour d'aussi longs trajet&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, et qui, oblig&#233;s de les accomplir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, pr&#233;f&#232;rent prendre la route plu t&#244;t que la voie ferr&#233;e, je n ai jamais compris le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;mangeur de route&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. C' est une esp&#232;ce de d&#233;class&#233; du sport, d'enfant terrible et inconscient qui pro fane le domaine du tourisme, tout aussi bien que profane d'ailleurs la piste tel veloceman-touriste p&#233;dalant comme une &#233;crevisse &#224; c&#244;t&#233; des r&#233;els coureurs, entra&#238;n&#233;s pour la vitesse. Encore une fois, &#224; chacun sa place.&lt;br class='autobr' /&gt;
2&#176; On peut effectuer la route en question, en vrai, en sinc&#232;re touriste, voulant visiter &#224; peu pr&#232;s tout ce qui le m&#233;rite dans cet admirable itin&#233;raire sans se faire trop esclave des vitesses et des distances quotidiennes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce cas, et de l'avis de tous les vieux routiers pratiquants dont la r&#233;putation n'est plus &#224; faire, les Laumaill&#233;, les de Baroncelli et plusieurs autres, il ne faut pas moins de douze &#224; quinze jours.&lt;br class='autobr' /&gt;
3&#176; On peut enfin choisir un moyen terme de sept &#224; huit jours.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette troisi&#232;me fa&#231;on de voyager est absolument r&#233;alisable, tout en respectant les exigences du touriste pur, et c'est assur&#233;ment la plus pratique pour les 9/10 des touristes, car il en est bien peu qui puissent consacrer &#224; la P&#233;dale plus d'une semaine &#224; la fois. C'est en quelque sorte le vrai tourisme rapide&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais alors il est absolument indispensable, pour ne pas tomber dans le clan des mangeurs de route, pour voir &#224; peu de chose pr&#232;s ce que voient les touristes qui ont &#224; leur disposition douze ou quinze jours, il est indispensable dis-je, de pr&#233;parer son itin&#233;raire d'avance avec un soin des plus minutieux, la moindre perte de temps, la moindre fausse man&#339;uvre pouvant le compromettre. Il faut aussi s'&#234;tre bien entra&#238;n&#233; &#224; la route.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je sais que cette pr&#233;paration minutieuse d'un itin&#233;raire fait toujours sourire quelques p&#233;dales, peut-&#234;tre plus moqueuses qu'expertes, et cela me fait songer au concours que &lt;i&gt;le Cycliste&lt;/i&gt;, le tr&#232;s int&#233;ressant journal de Saint-&#201;tienne, ouvrit derni&#232;rement entre ses lecteurs sur la question de savoir comment chacun comprenait la meilleure mani&#232;re de voyager.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'aucuns pr&#233;tendaient, si je me le rappelle, que le v&#233;ritable tourisme &#233;tait le tourisme au hasard, &#224; l'artiste, &#224; la boh&#233;mienne. Je suis de l'avis des autres. Outre que n'est pas po&#232;te, artiste ou simple r&#234;veur qui le veut, il en est bien peu, je le r&#233;p&#232;te, qui en ont les loisirs, et en v&#233;locip&#233;die comme en toute autre manifestation collective, il faut surtout songer au g&#233;n&#233;ral avant de pr&#233;coniser le particulier, c'est beaucoup plus juste et infiniment moins &#233;go&#239;ste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Donc, &#224; mon humble avis, pour couvrir en touriste la distance Bordeaux&#8239;&#8212;&#8239;Paris ou une distance fran&#231;aise similaire, il ne faut pas moins de sept &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
huit jours. &#192; part les exceptions assur&#233;ment malheureuses, tous les velocemen, surtout les c&#233;libataires et les matrimoniaux d&#233;j&#224; avanc&#233;s en m&#233;nage, peuvent disposer d'au moins une semaine cons&#233;cutive chaque ann&#233;e. Bien peu le font, il est vrai, et j'en connais beaucoup, pour ma part, qui pr&#233;f&#232;rent aller passer le temps de leurs vacances dans quelque fl&#226;nerie sans but&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais &#224; ceux-l&#224; manque &#233;videmment quelque chose de ce feu sacr&#233;, de cette foi en la &lt;i&gt;P&#233;dale&lt;/i&gt;, qui, seuls, ouvrent toutes grandes les portes du vrai sport, de la v&#233;locip&#233;die bien et pratiquement comprise.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ajouterai que cette fa&#231;on de voyager me parait tout aussi m&#233;ritoire, dans son genre, que la premi&#232;re en quatre jours, sinon davantage et plus que la seconde aussi en quinze jours. Elle demande, en effet, une pr&#233;paration, une connaissance g&#233;ographique beaucoup plus approfondie que la premi&#232;re et Une plus grande pratique du v&#233;loce et de la route que la seconde.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pour cela que le dipl&#244;me de touriste, d&#233;cern&#233; si judicieusement chaque ann&#233;e par l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;U. V.&lt;/span&gt; de France &#224; tout veloceman ayant couvert 500 kilom&#232;tres au moins en cinq jours au plus [Congr&#232;s de 1888), a une valeur incontestable que pourront seuls appr&#233;cier ceux qui essaient de le conqu&#233;rir, en respectant l'esprit dans lequel fl a &#233;t&#233; institu&#233;, c'est-&#224;-dire en faisant du tourisme pur et non de la route exclusive.&lt;br class='autobr' /&gt;
100 kilom&#232;tres par jour&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Quelle d&#233;rision&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Voil&#224; ce que certains velocemen pensent et disent assur&#233;ment. Oui-da, mes belles p&#233;dales&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Essayez donc de partir pour quelque bon ruban de route et de visiter, dans votre journ&#233;e &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;d&#233;risoire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de 100 kilom&#232;tres, quelques trois ou quatre ch&#226;teaux historiques, quelque grotte, quelque for&#234;t o&#249; vous &#234;tes oblig&#233;s d&#233; mettre pied &#224; terre, de gravir, de grimper, de prendre des not&#233;s pour ceux qui doivent vous suivre un jour&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; r&#233;p&#233;tez cela pendant sept jours et vous me direz si, &#224; entra&#238;nement &#233;gal, ces 100 kilom&#232;tres, coup&#233;s chaque jour de cette fa&#231;on, ne sont pas cent fois plus &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;vannants&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; que 150 ou 200 kilom&#232;tres r&#233;guliers pendant lesquels vous avez &#233;t&#233; hypnotis&#233; par les cailloux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Congr&#232;s de 1888, qui comprenait des v&#233;locip&#233;distes &#233;prouv&#233;s, et qui fut appel&#233; &#224; discuter ma proposition du dipl&#244;me, n'adopta d'ailleurs qu'&#224; la majorit&#233; le chiffre de 100 kilom&#232;tres que je demandais. Certains voulaient l'abaisser &#224; 80 kilom&#232;tres pour demeurer dans le v&#233;ritable esprit du tourisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Conqu&#233;rir le dipl&#244;me de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;U. V. F.&lt;/span&gt; n'est qu'un jeu en r&#233;alit&#233; si l'on veut faire de la route exclusivement, c'est vrai&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et parmi ses d&#233;fenseurs certains le savent mieux que personne, ayant fait leurs preuves sur route, soit dans des championnats de fond, soit dans des matchs&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais, je le r&#233;p&#232;te une derni&#232;re fois, ce n'est point l&#224; le but vis&#233;, et c'est pourquoi, par un sage amendement, l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;U. V. F.&lt;/span&gt; d&#233;cerne chaque ann&#233;e une m&#233;daille d'or &#224; celui des voyages dipl&#244;m&#233;s ayant &#233;t&#233; le plus pratiquement accompli dans le sens du vrai tourisme. C'est la r&#233;compense l&#233;gitimement accord&#233;e &#224; la contre-partie de la course pure, jusque-l&#224; trop favoris&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et j'aime &#224; penser pour notre &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;U. V. F.&lt;/span&gt; qu'elle s'efforcera de r&#233;tablir rapidement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; par ses t&#233;moignages officiels, le juste &#233;quilibre entre les deux &#233;l&#233;ments qui la composent jusqu'&#224; pr&#233;sent&#160;: course et tourisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
En attendant mieux, je fais des v&#339;ux pour que de nombreux touristes m&#233;ritent ce dipl&#244;me et fassent ainsi preuve de sportsmen pratiquants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces r&#233;flexions m'ont quelque peu &#233;cart&#233; de mon compte rendu et je me r&#233;sume en disant que mes compagnons de route, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MM&lt;/span&gt;.&#160;Georges Thomas, Oscar Maillote et moi, avons choisi. comme d&#233;lai de notre voyage Bordeaux-Paris, le d&#233;lai mixte de sept jours et l'itin&#233;raire allong&#233; de 714 kilom&#232;tres, le moins direct, c'est vrai mais qui nous a permis d'admirer, en dehors de la route directe, des merveilles telles que le site de Monthiers et les ruines de La Couronne (Charente), le beau dolmen de Pierre-P&#232;se (Vienne), les ch&#226;teaux d'Amboise (Indre-et-Loire), de Chaumont, de Blois, de Beauregard, de Cheverny et de Chambord (Loir-et-Cher), la superbe for&#234;t de Fontainebleau, les rives si riantes del&#224; Seine, Corbeil, Longjumeau, Versailles, etc., etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme pr&#233;paration g&#233;ographique de l'itin&#233;raire (d&#233;tail extr&#234;mement important, nous avons pens&#233; avec bien des velocemen que la carte de l'&#233;tat-major est tr&#232;s peu pratique pour un aussi long voyage. La lecture est tr&#232;s difficile en route, sur machine, et l'absence, regrettable de coloris augmente surtout cette difficult&#233;. Son volume est trop consid&#233;rable et ses d&#233;tails sont la plupart du temps inutiles au v&#233;locip&#233;diste qui voyage en grand tourisme sur des routes nationales ou d&#233;partementales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les petites cartes de la g&#233;ographie Joanne par d&#233;partement, &#224; 1 franc, nous ont paru assez pratiques et le texte qui les accompagne tr&#232;s utile au point de vue des curiosit&#233;s arch&#233;ologiques&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais les cartes sont trop r&#233;duites et quelquefois les traits color&#233;s mal imprim&#233;s. De plus, elles contiennent plusieurs erreurs pr&#233;judiciables au touriste, m&#234;me pour des routes importantes. Quant au texte, il est trop encombrant &#224; cause du nombre des d&#233;partements &#224; traverser.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parmi les nombreuses cartes sur lesquelles je n'ai point le temps ni la place de m'appesantir, la plus pratique de toutes est incontestablement la nouvelle carte colori&#233;e du Minist&#232;re de l'int&#233;rieur dite &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;carte du service vicinal&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; au 100.000, &#224; 0 fr. 75, format plus portatif que l'&#233;tat-major, lecture d'une parfaite nettet&#233; et d&#233;tails absolument suffisants, chiffre de population des communes indiqu&#233; pour chacune d'elles, ce qui est pr&#233;cieux pour les haltes de repos et d'alimentation que le touriste veut choisir. Malheureusement, ces cartes sont encore un peu trop volumineuses pour une longue route (20 pour Bordeaux-Paris).&lt;br class='autobr' /&gt;
En principe, la lecture rapide des cartes ordinaires et leur consultation fr&#233;quente sont assez peu pratiques en v&#233;loce, difficiles m&#234;mes en bi ou en bicyclette. Cette consid&#233;ration et le volume encombrant des documents &#224; emporter pour l'examen des curiosit&#233;s arch&#233;ologiques et autres de la route m'ont amen&#233; depuis longtemps d&#233;j&#224; &#224; m'outiller de la fa&#231;on suivante que j'ai reconnue tr&#232;s pratique et que je recommande instamment &#224; tous les touristes&#160;:&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelque temps avant le d&#233;part (en g&#233;n&#233;ral les longs voyages annuels se d&#233;cident en principe plusieurs semaines, sinon plusieurs mois &#224; l'avance), prendre des morceaux de papier carton blanc de 45 centim&#232;tres de long sur 11 ou 12 de large et tracer soi-m&#234;me, &#224; l'aide des cartes Joanne et de la carte du Minist&#232;re de l'int&#233;rieur, une carte approximative au 150.000&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; environ, ne comprenant absolument que la route &#224; suivre en 2 gros traits noirs (&#233;viter l'encre &#224; copier, qui s'&#233;tale &#224; l'humidit&#233;), les routes adjacentes en traits l&#233;gers pour se reconna&#238;tre au point de jonction, les cours d'eau en encre bleu et le chemin de fer le plus proche en trait rouge avec indication des stations en cas d'accident. Indiquer &#233;galement en traits pointill&#233;s les limites d&#233;partementales, et comme localit&#233;s absolument rien que celles se trouvant sur votre chemin et les communes importantes situ&#233;es des deux c&#244;t&#233;s, &#224; proximit&#233;, et qui peuvent vous servir de point de rep&#232;re sur la route. Comme &#233;chelle, ne pas en &#234;tre esclave absolument et la grossir plut&#244;t aux endroits qui peuvent vous embarrasser sur votre route, tels que jonctions ou entr&#233;es et sorties de villes. C'est une carte pratique qu'il vous faut avant tout et point une carte math&#233;matiquement exacte comme &#233;chelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au surplus, pour les passages difficiles &#224; suivre, pour les petits chemins o&#249; vous pouvez &#234;tre appel&#233;s a rouler parfois dans votre voyage, d&#233;coupez la Carte de l'&#233;tat-major dans ce m&#234;me format de 20X12, collez le morceau sur vos petits cartons blancs et tracez votre route sur la carte imprim&#233;e en un trait rouge pour qu'il soit plus apparent. C'est encore un syst&#232;me dont je me suis tr&#232;s bien trouv&#233;, mais il est essentiel de d&#233;couper la carte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; pour le recto (30 kilom&#232;tres de terrain environ).&lt;br class='autobr' /&gt;
Au verso, tracez deux colonnes &#233;troites &#224; gauche, de haut en bas, dans le sens de la longueur. Dans la premi&#232;re, vous mettez les distances kilom&#233;triques, de localit&#233; &#224; localit&#233;, et dans la deuxi&#232;me, les heures de passage probables, calcul&#233;es &#224; raison de 12 &#224; 14 kilom&#232;tres environ. Laissez rire ceux qui trouvent ce chiffre d&#233;risoire. Ce sont de simple fumiste qui n'ont jamais fait une longue route soutenue avec armes et bagages en vrais touristes. Le v&#233;locip&#233;diste s&#233;rieux sait combien les pertes de temps, les menus arr&#234;ts impr&#233;vus, sont fr&#233;quents sur route et que pour obtenir&lt;br class='autobr' /&gt;
une moyenne de 12 &#224; 14 dans une longue journ&#233;e il faut bien des fois p&#233;daler &#224; raison de 18 et 20. Quant &#224; moi, dans mes longs parcours, j'ai toujours adopt&#233; le chiffre de 12 (arr&#234;ts principaux calcul&#233;s en plus, d'avance, dans les localit&#233;s importantes) et je m'en suis toujours tr&#232;s bien trouv&#233;, estimant qu'il vaut mieux arriver &#224; l'&#233;tape avec une l&#233;g&#232;re avance qu'avec un grand retard&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Calculez donc aussi vos arr&#234;ts principaux soigneusement dans votre itin&#233;raire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, pour compl&#233;ter vos petits cartons de route, mettez en regard de ces indications de distances et d'heures le nom de la localit&#233; y aff&#233;rente et, &#224; c&#244;t&#233; de ce nom, notez en abr&#233;g&#233;, autant que possible, toutes les curiosit&#233;s arch&#233;ologiques ou autres qu'elle renferme, en les empruntant aux excellents petits guides Joanne ou &#224; d'autres ouvrages locaux plus importants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque le format du carton sera trop restreint pour le d&#233;tail de ses curiosit&#233;s, comme par exemple lorsqu'il s'agit d'une grande ville, d&#233;tachez simplement la page imprim&#233;e de votre guide qui en fait mention et joignez-la &#224; votre carte manuscrite.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, par prudence, dans le cas o&#249; vous seriez appel&#233; a modifier votre itin&#233;raire en route, emportez avec vous les petites cartes Joanne, par d&#233;partement, qui sont tr&#232;s peu encombrantes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela fait, vous pouvez partir sans crainte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sous un volume extr&#234;mement restreint, vous aurez plus de renseignements que n'en emporte d'ordinaire le touriste encombr&#233; de guides et de carte et il vous seront cent fois plus pr&#233;cieux, car vous les aurez toujours sous les yeux, ce qui n'est pas le cas, quoi qu'on en dise, lorsqu'il s'agit de consulter en marchant une carte imprim&#233;e quelconque.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ainsi que nous nous sommes organis&#233;s, mes deux compagnons de route et moi, pour notre voyage en question, apr&#232;s avoir recueilli nos renseignements arch&#233;ologiques et autres sur le Joanne&#160;:&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Guide du voyageur &#224; Poitiers et aux environs, par Ch. de Cherg&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Guide pittoresque du voyageur en Touraine&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! par Ladev&#232;ze&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;;&lt;br class='autobr' /&gt; Les Ch&#226;teaux de la Loire, par Victor Petit&lt;br class='autobr' /&gt; Blois et ses environs, par L. de la Saussaye&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;;&lt;br class='autobr' /&gt; Le Ch&#226;teau de Chambord, par le m&#234;me, et enfin le Guide routier du veloceman en France et le Guide v&#233;locip&#233;dique de la for&#234;t et des environs de Fontainebleau , par A. de Baroncelli, et la partie de l'excellent Guide de M.&#160;Jacquot, d&#233;j&#224; parue lors du meeting de Tours en 1888.&lt;br class='autobr' /&gt;
Inutile de dire combien ces trois derniers ouvrages m'ont &#233;t&#233; pr&#233;cieux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons acquis une fois de plus la certitude que cette pr&#233;paration compl&#232;te d'un voyage est infiniment profitable au touriste qui l'a effectu&#233;e, car il a d&#233;j&#224; vu sa route pour ainsi dire en la tra&#231;ant lui-m&#234;me sur le papier et a d&#233;couvert d'avance mille petits coins et recoins souvent fort curieux, qu'un d&#233;tour insignifiant peut lui faire admirer et &#224; c&#244;t&#233; desquels le touriste non pr&#233;par&#233; passe inconsciemment.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour la lecture facile et constante des petites cartes manuscrites en question et pour le port des menus objets de poche (mouchoir, revolver, carnet de notes, etc., etc,) dont on est souvent tr&#232;s embarrass&#233; lorsqu'on voyage en maillot, je recommande tout sp&#233;cialement un petit panier d'osier ad hoc avec toile cir&#233;e int&#233;rieure, que vous pouvez faire fabriquer par un vannier expert et que vous fixez en long sur votre guidon &#224; l'aide de courroies. Les cartes se placent naturellement sur la couverture du panier o&#249; deux &#233;lastiques les maintiennent, tout en vous permettant de les consulter et de les retirer tr&#232;s facilement d'une main, en marchant votre train de route.&lt;br class='autobr' /&gt;
On m'a fort blagu&#233; d&#233;j&#224; sur mon petit panier (panier &#224; fraises&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! panier &#224; salade&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Que sais-je&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?) Le mus&#233;e des antiques m'aurait m&#234;me fait des propositions all&#233;chantes, para&#238;t-il&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! mais au fond il a &#233;t&#233; reconnu tr&#232;s pratique pour le tourisme et c'est pour cela que j'ai pris la libert&#233; d'en parler ici.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour achever ces pr&#233;liminaires de route, il me reste &#224; dire que mes compagnons et moi portions chacun 14 &#224; 15 kilog. de bagages. On a d&#233;j&#224; d&#233;pens&#233; beaucoup d'encre sur cette question de bagage dans la presse v&#233;locip&#233;dique. Je n'insisterai pas. &#192; mon avis, le touriste doit en emporter le moins possible, sans toutefois se priver du n&#233;cessaire sous pr&#233;texte de poids. 14 &#224; 15 kilog. peuvent para&#238;tre exag&#233;r&#233;s&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais ceux qui ont l'habitude des longues routes savent qu'en pr&#233;vision de mauvais temps mieux vaut se munir en cons&#233;quence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et maintenant j'ai &#224; m'excuser aupr&#232;s des lecteurs du V&#233;loce-Sport de leur avoir donn&#233; de si longs d&#233;tails sur la pr&#233;paration du voyage que je leur narrerai dans de prochains num&#233;ros.&lt;br class='autobr' /&gt;
Maurice Martin.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_73 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;118&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.velotextes.fr/IMG/jpg/mauricemartin1896.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH573/mauricemartin1896-5592f.jpg?1788126847' width='500' height='573' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-73 '&gt;&lt;strong&gt;Maurice Martin
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-73 '&gt;Maurice Martin en 1896, au cours d'un voyage-enqu&#234;te qu'il effectuait pour Le V&#233;lo (photo Solleliand)
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le cyclotourisme et la nature (Novembre 1899)</title>
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		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Avant 1900</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Dans un pays de r&#233;glementation excessive comme le n&#244;tre, il serait plaisant que personne n'e&#251;t song&#233; &#224; tra&#231;er des r&#232;gles au cyclo-tourisme.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le cyclotourisme et la nature, novembre 1899, Alfred Satie, revue mensuelle du touring club de France&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un pays de r&#233;glementation excessive comme le n&#244;tre, il serait plaisant que personne n'e&#251;t song&#233; &#224; tra&#231;er des r&#232;gles au cyclo-tourisme.&lt;br class='autobr' /&gt; Ce n'est pas d'aujourd'hui que de braves gens pav&#233;s, comme l'Enfer, de bonnes intentions, et d'une subtilit&#233; rare, se sont ing&#233;ni&#233;s &#224; nous mesurer notre ration quotidienne de kilom&#232;tres, &#224; d&#233;terminer l'heure &#224; laquelle nous devions nous lever, &#224; nous apprendre ce qu'il nous &#233;tait licite de manger et ce qu'il nous &#233;tait interdit de boire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant quelque temps, la r&#232;gle des trois huit a joui d'une certaine faveur. Cela vous avait un petit parfum anarchiste qui n'&#233;tait pas pour d&#233;plaire. C'&#233;tait simple, math&#233;matique et illusoire : huit heures pour p&#233;daler, huit heures pour manger et se reposer, huit heures pour dormir. Il &#233;tait impossible de devenir compl&#232;tement abruti &#224; meilleur compte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les prescriptions des docteurs &#232;s-tourisme ont cela de bon que personne ne songe &#224; s'y conformer. Si l'on s'avisait de passer de la th&#233;orie &#224; la pratique, on ne tarderait pas &#224; s'apercevoir, par exemple, que 5&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;o&lt;/sup&gt; kilom&#232;tres en terrain plat ne sont pas l'&#233;quivalent de 5&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;o&lt;/sup&gt; kilom&#232;tres avec longues c&#244;tes de huit ou dix pour cent de pente. On constaterait de m&#234;me, avec la rapidit&#233; d'un z&#232;bre lanc&#233; d'une main s&#251;re, &#8212;comme dirait mon compatriote Alphonse Allais, &#8212; que les localit&#233;s dignes d'attirer l'attention du voyageur, soit par l'agr&#233;ment du site, soit par l'excellence de leur cuisine, sont loin d'&#234;tre &#224; &#233;gale distance les unes des autres, ce qui rel&#232;gue dans le domaine de l'utopie le syst&#232;me des &#233;tapes de m&#234;me longueur.&lt;br class='autobr' /&gt;
A mon sens, la seule r&#232;gle du tourisme c'est de ne pas conna&#238;tre de r&#232;gles, et ce n'est pas moi qui verrai des inconv&#233;nients &#224; ce que vous poussiez la libert&#233; jusqu'&#224; la licence. Si j'&#233;tais charg&#233; de r&#233;diger le Manuel du parfait touriste, je le condenserais en cette formule que vous pouvez, sans offenser ma modestie, qualifier de lapidaire&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TOURISME&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DOIT&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;JAMAIS&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ETRE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;UN&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PENSUM&lt;/span&gt;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout est l&#224;. Ne jamais s'ennuyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, si le tourisme ne conna&#238;t pas de r&#232;gles, il n'en est pas moins vrai qu'il ne peut exister en dehors de certaines conditions faciles &#224; d&#233;terminer. Faire du tourisme, c'est voyager pour son plaisir, sans la moindre pr&#233;occupation d'int&#233;r&#234;t personnel, pouss&#233; par le d&#233;sir de voir des choses nouvelles et de feuilleter le grand livre de la nature.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est clair qu'un monsieur qui se rend d'un point &#224; un autre, obstin&#233;ment courb&#233; sur son guidon, sans prendre le moindre int&#233;r&#234;t aux objets qu'il rencontre, ne peut gu&#232;re &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un touriste. C'est peut &#234;tre un snob, &#224; coup s&#251;r un imb&#233;cile, souvent l'un et l'autre.&lt;br class='autobr' /&gt;
On est d'autant plus touriste que l'on est plus sensible aux beaut&#233;s de la nature, que l'on poss&#232;de &#224; un plus haut degr&#233; le sentiment du pittoresque.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sentiment est un don naturel, qui peut &#234;tre perfectionn&#233; par l'&#233;ducation, et dont l'intensit&#233; est en raison directe de la culture intellectuelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chose &#233;trange, l'homme des champs est celui qui comprend le moins la nature. Pour lui l'id&#233;al est le terrain plat, facile &#224; cultiver et fatiguant peu les chevaux. Il lui para&#238;t invraisemblable qu'il se trouve des gens assez b&#234;tes pour se d&#233;ranger sans n&#233;cessit&#233;, dans le seul but de contempler un beau site.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'habitant des grandes villes est invinciblement attir&#233; par la campagne, l'habitant des petites villes est fascin&#233; par les distractions des grandes villes , surtout si elles sont dangereuses pour les jeunes gens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a plus. Le sentiment du pittoresque est un sentiment tout moderne, qui ne s'est gu&#232;re d&#233;velopp&#233; que depuis le commencement du si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'antiquit&#233;, Virgile est l'homme qui a le mieux chant&#233; la nature&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais ce qui le ravit, c'est surtout la vie rurale, y compris les amours plut&#244;t scabreux des Tyrcis et des M&#233;nalque. Il aime les grottes, les sources d'eau vive, les fra&#238;ches vall&#233;es, le mugissement des grands b&#339;ufs couch&#233;s dans l'herbe &#233;paisse, le repos &#224; l'ombre des arbres touffus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Speluncee, vivique lacus&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; at frigida Tempe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mugitusque boum, mollesque sub arbore somni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle impression un paysage alpestre lui causerait-il&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Il est difficile de le dire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Descendons le cours des &#226;ges et arrivons au dix-septi&#232;me si&#232;cle et au dix-huiti&#232;me. Lisez la correspondance de Boileau et celle de Racine, il est impossible d'imaginer une plus superbe indiff&#233;rence pour le monde ext&#233;rieur.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1687, Boileau se rend &#224; Bourbon-les-Bains. Il s'arr&#234;te &#224; Moulins : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;C'est, dit-il, une ville tr&#232;s marchande et tr&#232;s peupl&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Et voil&#224; tout ce que nous savons de ses impressions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant &#224; Racine, il passe &#224; Uz&#232;s la fin de 1681 et toute l'ann&#233;e 1682. Voil&#224; un homme qui va nous donner des renseignements pr&#233;cieux pour le tourisme. De Paris, il s'est rendu &#224; Lyon, puis il a descendu le Rh&#244;ne en bateau, il a couch&#233; &#224; Vienne et &#224; Valence. C'est tout pour le voyage. Quant &#224; Uz&#232;s, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;la ville est sur une montagne fort haute, et cette montagne n'est qu'un rocher continuel, si bien qu'en quelque temps qu'il fasse, on peut aller &#224; pied sec tout autour de la ville.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (Lettre &#224; La Fontaine, 11&#160;novembre 1661). Ailleurs il veut bien nous donner quelques d&#233;tails sur la route d'Uz&#232;s &#224; N&#238;mes. C'est plut&#244;t maigre.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;J'ai &#233;t&#233; &#224; N&#238;mes, dit-il, et il faut que je vous en entretienne. Le chemin d'ici &#224; N&#238;mes, est plus diabolique mille fois que celui des Diables &#224; Nevers, et la rue d'Enfer, et tous autres chemins r&#233;prouv&#233;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais la ville est assur&#233;ment aussi belle et aussi polide, comme on &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;dit ici, qu'il y en ait dans le royaume.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (Lettre &#224; l'abb&#233; Le Vasseur, 24&#160;novembre 1661)&lt;br class='autobr' /&gt; Au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XVII&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, cependant, nous trouvons un charmant touriste, un fin observateur, qui a trop bien , &#233;tudi&#233; les b&#234;tes pour ne pas aimer la nature. J'ai nomm&#233; La Fontaine. Il a fait un voyage de Paris &#224; Limoges, et nous en a laiss&#233; une relation fort agr&#233;able. Il s'agit d'un voyage un peu forc&#233;, par ordre du roi&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais La Fontaine en prend gaiement son parti, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;&#233;tant honteux d'avoir tant v&#233;cu sans rien voir.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; D'ailleurs, on lui a dit que &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;beaucoup de Limousines portent des chaperons de drap rose s&#232;che sur des cales de velours noir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, et, s'il rencontre &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;un de ces chaperons qui couvre une jolie t&#234;te&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il pourra s'en amuser en passant, et par curiosit&#233; seulement.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Notez que c'est &#224; sa femme qu'il fait part de ces aimables intentions&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Il voyage &#224; tr&#232;s petites journ&#233;es. A peine a-til quitt&#233; Paris qu'il s'arr&#234;te &#224; Clamart, pour s'y reposer pendant huit jours. Voil&#224; un touriste selon mon c&#339;ur, et qui ne se surm&#232;ne pas. Il s'arr&#234;terait volontiers &#224; Monthl&#233;ry&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais le cocher tient &#224; pousser jusqu'&#224; Ch&#226;tres &#8212; que nous appelons aujourd'hui Arpajon.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Fontaine s'int&#233;resse &#224; ce qu'il voit. Il est sensible aux beaut&#233;s de la nature, encore que son enthousiasme soit plut&#244;t mod&#233;r&#233;. Rendons-lui cette justice qu'il trouve la Beauce ennuyeuse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Du pont d'Orl&#233;ans, l'horizon lui para&#238;t &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;tr&#232;s beau de tous les c&#244;t&#233;s, et born&#233; comme il le doit &#234;tre.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Entre Orl&#233;ans et Blois, il trouve le pays &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;agr&#233;able et divertissant.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Blois lui cause une certaine &#233;motion. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Blois&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, dit-il, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;est en pente comme Orl&#233;ans, mais plus petit et plus ramass&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les toits des maisons y sont dispos&#233;s, en beaucoup d'endroits, de telle mani&#232;re qu'ils ressemblent aux degr&#233;s d'un amphith&#233;&#226;tre. Cela me parut tr&#232;s beau, et je crois que difficilement on pourrait trouver un aspect plus riant et plus agr&#233;able.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Entre Blois et Amboise, on suit la lev&#233;e de la Loire. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Quant au pays,&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; dit La Fontaine, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;je ne vous en saurais dire assez de merveilles. Point de ces montagnes pel&#233;es qui choquent tant notre cher M.&#160;de Maucroix, mais, de part et d'autre, coteaux les plus agr&#233;ablement v&#234;tus qui soient au monde.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; bien l'homme du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XVII&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Tant que la nature se contente d'&#234;tre calme et majestueuse comme une trag&#233;die de Racine, on veut bien l'excuser. On peut tol&#233;rer &#224; la rigueur que les arbres ne portent pas perruque comme ceux du parc de Versailles : il ne faut pas exiger &#224; la campagne la m&#234;me &#233;tiquette qu'&#224; la cour. Mais que la nature ne s'avise pas d'&#234;tre rude et fi&#232;re&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas d'exag&#233;ration, pas d'inattendu, pas de violence, et, surtout, pas de ces montagnes pel&#233;es qui offensent le bon go&#251;t&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
La description du ch&#226;teau d'Amboise est plut&#244;t &#233;court&#233;e. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Vous saurez, sans plus, que de&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;vers la ville il est situ&#233; sur un roc, et para&#238;t extr&#234;mement haut. Vers la campagne, le terrain d'alentour est plus &#233;lev&#233;.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Un peu plus loin, on rencontre &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;quelques Phyllis d'Egypte, tra&#238;nant apr&#232;s elles des dou&#233;gnas (sic) d&#233;testables &#224; proportion.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Le bon La Fontaine &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;fr&#233;mit d'horreur &#224; ce spectacle&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, et en reste plus de deux jours sans manger.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, apr&#232;s avoir visit&#233; Richelieu et Ch&#226;tellerault, il arrive &#224; Limoges, le 19&#160;septembre 1663. Il &#233;tait parti de Paris le 23&#160;ao&#251;t. Il n'y a rien l&#224; qui ressemble &#224; un record.&lt;br class='autobr' /&gt;
En somme, tout en subissant l'influence des id&#233;es g&#233;n&#233;rales qui r&#233;gnaient de son temps, La Fontaine a des tendances franchement naturalistes. De nos jours, c'e&#251;t &#233;t&#233; un touriste distingu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons voir maintenant des opinions plus tranch&#233;es qui nous feront conna&#238;tre, d'une fa&#231;on tr&#232;s nette la mentalit&#233; des hommes du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XVII&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici d'abord un extrait du journal de Dangeau : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Lundi, 20&#160;octobre 1687. Monseigneur et Madame coururent le cerf dans les for&#234;ts de Franchard, pays fort affreux, o&#249; l'on n'avait &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;jamais chass&#233;.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Passons de la for&#234;t de Fontainebleau &#224; celle de Windsor. Voici ce qu'en dit Guillaume &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;III&lt;/span&gt;, dans une lettre adress&#233;e &#224; Bentinck, &#224; la date du 20&#160;mars 1698, lettre dont le fran&#231;ais laisse un peu &#224; d&#233;sirer : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;J'ay pris avant hier un ceri dans la forest avec les chains (sic) du P&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;r&lt;/sup&gt;. de Denm. (prince &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;de Danemark) et ay fait un assez jolie chasse, autant que ce vilain paiis le permet.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Guillaume &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;III&lt;/span&gt; &#233;tait rest&#233; Hollandais de c&#339;ur et ne trouvait rien au-dessus des longs canaux et des plates-bandes de tulipes qui caract&#233;risaient son pays natal.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voyons comment les &#233;crivains anglais du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XVII&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle appr&#233;cient les sites merveilleux de l'Ecosse : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Vers l'an 1730, dit Macaulay (History of Scotland, ch. &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIII&lt;/span&gt;.), le capitaine Burt, un des premiers Anglais qui aient jet&#233; un coup d'&#339;il sur les r&#233;gions qui attirent aujourd'hui les touristes de toutes les parties du monde civilis&#233;, &#233;crivit le compte rendu de ses explorations. C'&#233;tait &#233;videmment un observateur subtil, d'un esprit cultiv&#233;, et, s'il avait v&#233;cu &#224; notre &#233;poque, il aurait contempl&#233; avec un &#233;moi m&#233;lang&#233; de ravissement les montagnes de l'Invernessshire. Mais, sous l'impression du sentiment qui &#233;tait universel en son si&#232;cle, il qualifie ces montagnes de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;monstrueuses excroissances. La difformit&#233;, dit-il, en est telle que les plaines paraissent d&#233;licieuses par comparaison. Le beau temps, d&#233;clare-t-il en g&#233;missant, ne fait que rendre pire ce qui &#233;tait d&#233;j&#224; mauvais&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; car, plus le temps est clair et plus l'&#339;il est d&#233;sagr&#233;ablement affect&#233; par ces masses informes (misshapen masses) d'un brun sombre et d'un pourpre sale. Quel contraste, s'&#233;crie-t-il, entre ces horribles tableaux et les beaut&#233;s de Richmond Hill. C'est complet. Peut-&#234;tre m'objectera-t-on que le capitaine Burt est un &#233;crivain peu connu, d'une assez mince autorit&#233;. Eh bien&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! voici l'opinion d'un des &#233;crivains les plus illustres de l'Angleterre, Oliver Goldsmith. Il &#233;crit d'Edinbourg &#224; son ami Bryanton, le 20&#160;septembre 1753 : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Faut-il vous fatiguer d'une description de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;ce pays st&#233;rile, vous promener sur des collines toutes brunes de bruy&#232;res, ou le long de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;vall&#233;es qui r&#233;ussiraient &#224; peine &#224; nourrir un lapin&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Toutes les r&#233;gions de ce pays pr&#233;sentent le m&#234;me caract&#232;re d&#233;sol&#233;. Pas de bocage, pas de ruisseau dont le doux murmure r&#233;cr&#233;e l'oreille.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et pour que rien n'y manque, il &#233;crit de Leyde, un peu plus tard, au r&#233;v&#233;rend Thomas Contarine : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Je suis compl&#232;tement ravi de l'aspect du pays. Rien n'en peut &#233;galer la beaut&#233;. De quelque c&#244;t&#233; que je me tourne, de belles maisons, des jardins &#233;l&#233;gants, des perpectives &#233;tendues (vistas) se pr&#233;sentent &#224; mes yeux. L'Ecosse et ce pays offrent le plus frappant contraste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l&#224;-bas, les collines interceptent la vue&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ici, c'est une plaine continue.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun de nous conna&#238;t des cyclistes qui pr&#233;f&#232;rent les plaines aux collines. Seulement, ils n'ont pas &#233;crit le Vicar of Wakefield. D'ailleurs, ce dont ils se plaignent, ce n'est pas que les collines interceptent la vue. L'homme le moins fait pour comprendre la nature, c'est Voltaire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il ne la calomnie pas, il l'ignore. Au mois de novembre 1753, il se trouve &#224; Colmar, et s'y plonge dans l'&#233;rudition allemande. Il s'occupe de terminer les Annales de l'Empire, et &#233;crit, le 23&#160;novembre 1753, &#224; M.&#160;de Fontaine : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Connaissez-vous &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MM&lt;/span&gt;.&#160;Corringius, Vitriarius, Struvius, Spener. Goldast et au tr&#232;s messieurs du bel air&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Ce sont eux qui broient actuellement mes couleurs.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment Voltaire est-il arriv&#233; &#224; Colmar&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Par o&#249; a-t-il pass&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Personne n'en sait rien. Dans tous les cas, Colmar a pour lui bien peu de charmes, et nous lisons dans une lettre qu'il &#233;crit, le 8&#160;mars 1754, au marquis d'Argens : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Je suis dans une ville moiti&#233; allemande, moiti&#233; fran&#231;aise et enti&#232;rement iroquoise&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Et, le 29&#160;novembre 1754, il &#233;crit au comte d'Argental : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Je devais aller &#224; Mannheim, et je reste dans une vilaine maison d'une vilaine petite ville, o&#249; je souffre nuit et jour&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette vilaine petite ville est pourtant une des plus charmantes que l'on puisse r&#234;ver : elle a une &#233;glise superbe, Saint-Martin, commenc&#233;e en 1263, un h&#244;tel des marchands du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIV&lt;/span&gt;&#176; si&#232;cle, la rue si pittoresque des Tanneurs. D&#232;s que l'on est sorti de la ville, la longue ligne des Vosges se dessine &#224; l'horizon&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; quelques kilom&#232;tres s'ouvre la vall&#233;e de la Fecht, qui remonte vers Munster&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; plus loin, c'est le col de la Schlucht et le Hohneck. De tout cela Voltaire n'a rien vu, ou il n'y a rien compris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'arr&#234;te ici mes citations. Que faut-il en conclure&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Ces hommes que les beaut&#233;s de la nature laissaient insensibles n'&#233;taient pas des imb&#233;ciles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Devons-nous croire que &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;nous n'avons pas le cr&#226;ne fait de m&#234;me&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, et que, en raison de son organisation, Voltaire &#233;tait moins apte &#224; go&#251;ter les charmes d'un paysage que le premier calicot venu du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? C'est peu probable. Si les hommes du pass&#233; comprenaient souvent la nature de travers, c'est qu'ils avaient peu d'occasions de la voir, ou qu'ils la voyaient dans des conditions d&#233;favorables. Les moyens de transport &#233;taient rares et dispendieux, le voyageur risquait &#224; la fois sa bourse et sa peau.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, la s&#233;curit&#233; des routes est parfaite, du moins en France. Les moyens de transport abondent. Si nous comprenons mieux la nature, c'est que notre esprit d'observation a eu mille occasions de s'&#233;veiller.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour aimer la nature, il suffit de la regarder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ALFRED&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SATIE&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Bikepacking v&#233;locip&#233;dique (1893)</title>
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		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Avant 1900</dc:subject>
		<dc:subject>Acier</dc:subject>
		<dc:subject>Mono</dc:subject>
		<dc:subject>V&#233;locip&#232;de</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Illustrations du voyage dans Les Pyr&#233;n&#233;es, Aix-Montlouis-Quillan, de A. Rous et A Caussade, Annuaire du cyclotourisme, recueil de voyages et d'excursions cyclistes 1893-1894&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?rubrique13" rel="directory"&gt;Grand Tourisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;cyclotourisme, cyclocamping&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Mono&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.velotextes.fr/local/cache-vignettes/L150xH108/1000080211-a331d.png?1788610862' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='108' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Illustrations du voyage dans Les Pyr&#233;n&#233;es, Aix-Montlouis-Quillan, de A. Rous et A Caussade, Annuaire du cyclotourisme, recueil de voyages et d'excursions cyclistes, 1893-1894, Le cycliste, p 105 &#224; 123. Source Archives d&#233;partementales de la Loire, cote &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;BH6260&lt;/span&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_133 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;561&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.velotextes.fr/local/cache-vignettes/L457xH329/cascade1893-0cabc.png?1788126847' width='457' height='329' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-133 '&gt;&lt;strong&gt;Cascade de Saillens, pr&#232;s de l'Hospitalet
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-133 '&gt;Illustrations du voyage dans Les Pyr&#233;n&#233;es, Aix-Montlouis-Quillan, de A. Rous et A Caussade, Annuaire du cyclotourisme, recueil de voyages et d'excursions cyclistes, 1893-1894, Le cycliste, p 105 &#224; 123. Source Archives d&#233;partementales de la Loire, cote &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;BH6260&lt;/span&gt;
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-133 '&gt;Illustrations du voyage dans Les Pyr&#233;n&#233;es, Aix-Montlouis-Quillan, de A. Rous et A Caussade, Annuaire du cyclotourisme, recueil de voyages et d'excursions cyclistes, 1893-1894, Le cycliste, p 105 &#224; 123. Source Archives d&#233;partementales de la Loire, cote &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;BH6260&lt;/span&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cascade de Saillens, pr&#232;s de l'Hospitalet&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_134 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;332&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.velotextes.fr/local/cache-vignettes/L387xH364/defile1893-ecf43.png?1788126847' width='387' height='364' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-134 '&gt;&lt;strong&gt;D&#233;fil&#233; de Pierre-Lys - Trou du Cur&#233;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-134 '&gt;D&#233;fil&#233; de Pierre-Lys - Trou du Cur&#233;
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-134 '&gt;Illustrations du voyage dans Les Pyr&#233;n&#233;es, Aix-Montlouis-Quillan, de A. Rous et A Caussade, Annuaire du cyclotourisme, recueil de voyages et d'excursions cyclistes, 1893-1894, Le cycliste, p 105 &#224; 123. Source Archives d&#233;partementales de la Loire, cote &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;BH6260&lt;/span&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#233;fil&#233; de Pierre-Lys - Trou du Cur&#233;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Bikepacking 1896</title>
		<link>http://www.velotextes.fr/spip.php?article231</link>
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		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Avant 1900</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>Maurice Martin</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Maurice Martin en 1896, au cours d'un voyage-enqu&#234;te qu'il effectuait pour Le V&#233;lo (photo Solleliand)&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?rubrique13" rel="directory"&gt;Grand Tourisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;cyclotourisme, cyclocamping&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;Avant 1900&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?mot56" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.velotextes.fr/spip.php?mot57" rel="tag"&gt;Maurice Martin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.velotextes.fr/local/cache-vignettes/L131xH150/1000080210-f356d.jpg?1788885539' class='spip_logo spip_logo_right' width='131' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_73 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;118&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.velotextes.fr/IMG/jpg/mauricemartin1896.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH573/mauricemartin1896-5592f.jpg?1788126847' width='500' height='573' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-73 '&gt;&lt;strong&gt;Maurice Martin
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-73 '&gt;Maurice Martin en 1896, au cours d'un voyage-enqu&#234;te qu'il effectuait pour Le V&#233;lo (photo Solleliand)
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Maurice Martin en 1896, au cours d'un voyage-enqu&#234;te qu'il effectuait pour Le V&#233;lo (photo Solleliand). &lt;br class='autobr' /&gt;
Source Baudry de Saunier, Histoire de la locomotion terrestre, le Cyclisme, L'illustration,1936&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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