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	<title>V&#233;lotextes</title>
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	<description>Lire celles et ceux qui ont fait du v&#233;lo un bienfait social, moyen de d&#233;placement et de tourisme&#160;: Paul de Vivie dit V&#233;locio, Capitaine Perrache dit l'homme de la montagne, Carlo Bourlet...
Histoire du v&#233;lo
Site de Laurent Vigniel</description>
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		<title>V&#233;lotextes</title>
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		<title>Mon cher Velocio</title>
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		<dc:date>2024-06-14T14:53:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Capitaine Perrache</dc:subject>
		<dc:subject>Avant 1900</dc:subject>
		<dc:subject>Lyon</dc:subject>
		<dc:subject>Saint-Etienne</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Vous faites une derni&#232;re objection, sans grande conviction, d'ailleurs, &#224; propos des roues l&#233;g&#232;res. Je vais y r&#233;pondre.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?rubrique17" rel="directory"&gt;Inventions nouvelles, cyclotechnie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot6" rel="tag"&gt;Capitaine Perrache&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;Avant 1900&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot37" rel="tag"&gt;Lyon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot38" rel="tag"&gt;Saint-Etienne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Capitaine Perrache, dit L'homme de la montagne, Le Cycliste, Janvier 1898&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon cher V&#233;locio,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous faites une derni&#232;re objection, sans grande conviction, d'ailleurs, &#224; propos des roues l&#233;g&#232;res. Je vais y r&#233;pondre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons vu qu'un all&#233;gement de 1 kg obtenu sur les roues seules a, pour tout changement de la vitesse, autant d'influence qu'un all&#233;gement de 2 kgs obtenu sur le cadre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par suite, deux machines ayant des roues identiques et pesant l'une 14, l'autre 16 kgs, se comporteront, au point de vue qui nous occupe, comme deux autres dont la diff&#233;rence de poids serait 1 kg, cette diff&#233;rence portant exclusivement sur les roues.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous pouvons donc ne plus parler de roues et comparer, par exemple, deux machines identiques, l'une d'elles &#233;tant munie d'un poids suppl&#233;mentaire de 2 kgs. Soient 14 et 16 kgs leurs poids respectifs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant la dur&#233;e du coup de p&#233;dale la vitesse instantan&#233;e varie &#224; chaque instant, croissant tant que le travail moteur sur la p&#233;dale est sup&#233;rieur au travail des r&#233;sistances (roulement, air, transmission), d&#233;croissant dans le cas contraire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si le cycliste passe son temps &#224; d&#233;marrer puis &#224; ralentir pour d&#233;marrer &#224; nouveau et ainsi de suite, en donnant sur les p&#233;dales de l'une et l'autre machine exactement les m&#234;mes pressions et contrepressions, et par suite d&#233;pensant le m&#234;me travail, sur la machine de 14 kgs la vitesse maxima sera plus vite atteinte, c'est vrai, mais, par contre, cette vitesse d&#233;cro&#238;tra plus vite sous l'action des contrepressions et des r&#233;sistances. Quant &#224; la vitesse moyenne, elle ne changera pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
La machine l&#233;g&#232;re, en un mot, sera plus docile aux impulsions communiqu&#233;es dans l'un ou l'autre sens. En pratique est-ce un avantage&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Oui et non. Avec la machine de poids moindre vous arr&#234;terez plus facilement devant un obstacle impr&#233;vu, vous acc&#233;l&#233;rerez plus rapidement pour doubler une voiture (pour d&#233;marrer en course). Par contre, le passage sur un cailloutis, sur un tas de boue, sur une bande d'accotement, le choc contre une pierre saillante vous ralentiront davantage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, en r&#233;alit&#233;, les variations possibles sur le poids des roues ne peuvent, vu la grandeur relative consid&#233;rable du poids total (cycliste et machine), influer sur la docilit&#233; de la machine qu'&#224; une &#233;chelle tout &#224; fait restreinte et les effets en sont &#224; peu pr&#232;s inappr&#233;ciables directement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous &#234;tes all&#233; de Saint-Etienne &#224; Lyon avec un poids de 20 kgs suspendu au cadre. Vous aviez, bien entendu, un suppl&#233;ment de tirage r&#233;sultant de cet exc&#232;s de poids, mais la machine vous a-t-elle paru beaucoup moins maniable, moins docile&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle se mettait en vitesse et se ralentissait moins facilement, sans doute, mais pensez-vous que pendant la marche elle-m&#234;me elle ait demand&#233; une d&#233;pense de travail autre que celle, r&#233;sultant de l'exc&#232;s de poids&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est gu&#232;re probable. Voyez plut&#244;t. Votre dur&#233;e de parcours a &#233;t&#233; de 3 h. 30, je crois, avec vitesse moyenne de 18 kilom&#232;tres et les 20 kgs vous ont fait perdre, m'avez-vous dit, vingt minutes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Prenons ces chiffres qui, &#233;videmment, ne sont qu'approch&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Perte : une minute par kilogramme en 3 h. 30, soit 86 m&#232;tres &#224; l'heure. Et dire qu'il y a des cyclistes qui se croient tr&#232;s avis&#233;s en se privant de tout pour all&#233;ger leurs machines&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Si je cherche par l'&#233;ternelle formule quelle doit &#234;tre la perte sur un sol &#224; coefficient de frottement 0,01, je trouve 61 m&#232;tres &#224; l'heure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous avez perdu plus, c'est vrai : mais il y a bien des raisons pour ne pas retrouver exactement le chiffre calcul&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En tout cas, vous voyez bien que vous n'avez gu&#232;re gaspill&#233; du fait des incessants d&#233;marrages &#224; chaque coup de p&#233;dale. Et cependant vous &#233;tiez dans le m&#234;me cas que si vous aviez fix&#233; &#224; chaque roue une surcharge de 5 kgs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Votre &#233;norme surcharge vous a, en somme, autant aid&#233;, pouss&#233;, pendant les ralentissements qu'elle vous a retenu pendant les acc&#233;l&#233;rations.&lt;br class='autobr' /&gt;
H&#233;las&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je me doute de la fa&#231;on dont se font couramment les exp&#233;riences qui fixent l'opinion du plus grand nombre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici un cycliste qui s'est offert &#224; grands frais une paire de roues en hydrog&#232;ne, ayant vaguement entendu dire que les r&#233;sultats en &#233;taient merveilleux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il saute en selle et cherche son record sur un parcours connu. Pendant toute sa course il ne cesse, &#233;videmment, de se r&#233;p&#233;ter : Dieu que ce serait b&#234;te de perdre une minute avec des roues qui, para&#238;t-il, font gagner des kilom&#232;tres, mais en tout cas m'ont co&#251;t&#233; fort cher.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il p&#233;dale alors rageusement. Gain : quatre minutes. Conclusion : les roues l&#233;g&#232;res font gagner deux kilom&#232;tres &#224; l'heure. .&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne lui demandez pas quelles pr&#233;cautions il a prises pour &#234;tre s&#251;r de ne pas fournir aux roues de ses r&#234;ves plus de travail qu'aux autres. Sa conviction est que le moteur humain r&#232;gle sa d&#233;pense &#224; un kilogramm&#232;tre pr&#232;s. Il suffit de le vouloir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais s'il en &#233;tait ainsi, avec une m&#234;me machine, n'ayant sur soi ni montre, ni v&#233;locim&#232;tre, p&#233;dalant m&#234;me les yeux band&#233;s pour ne pas r&#233;gler sa vitesse &#224; vue, ne devrait-on pas couvrir en une heure sur une m&#234;me route, toujours rigoureusement le m&#234;me parcours &#224; quelques jours d'intervalle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Eh bien&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! faites-en l'essai, et vous m'en direz des nouvelles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et d'ailleurs supposons que vous soyez arriv&#233; trois jours de suite &#224; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;faire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; rigoureusement le m&#234;me temps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vous r&#233;pondrai : pur hasard.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous n'avez donc pas remarqu&#233; que le premier jour le sol &#233;tait nettement plus humide que le troisi&#232;me. Le frottement de roulement &#233;tait alors plus fort : donc, ce jour-l&#224;, vous avez d&#233;pens&#233; plus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le deuxi&#232;me jour vous avez &#233;t&#233; aid&#233; &#224; votre insu par un vent d'un m&#232;tre par seconde, dont vous n'aviez m&#234;me pas suppos&#233; l'existence. Le calcul montre qu'&#224; lui seul il devait vous faire gagner plusieurs kilom&#232;tres, si vous aviez r&#233;ellement fourni le m&#234;me travail. Mais, content de votre allure, vous avez fl&#226;n&#233; sans en avoir conscience.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant les trois jours les pneus &#233;taient-ils toujours gonfl&#233;s exactement &#224; la m&#234;me pression, les roulements &#233;galement r&#233;gl&#233;s, la cha&#238;ne &#233;galement propre, etc., la pression atmosph&#233;rique, oui, la pression, &#233;tait-elle sensiblement constante&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Je n'en finirais pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Non : il faut en prendre son parti. L'exp&#233;rimentation directe, globale, est un proc&#233;d&#233; essentiellement primitif, grossier, barbare, &#233;tant donn&#233; surtout qu'elle a pour base le moteur humain, plus fantasque, plus quinteux que le moteur &#224; p&#233;trole lui-m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec elle on ne peut gu&#232;re songer qu'&#224; d&#233;couvrir des v&#233;rit&#233;s de La Palisse lorsqu'on n'arrive pas &#224; des conclusions rigoureusement fausses.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle est incapable d'&#233;clairer sur la valeur r&#233;elle ou relative de chacun des mille facteurs qui superposent, embrouillent leurs effets comme &#224; plaisir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Seuls des essais sp&#233;ciaux, des exp&#233;riences de laboratoire, pour ainsi dire, peuvent aboutir. L&#224;, on torture les conditions de l'essai de fa&#231;on &#224; &#233;liminer dans la mesure du possible tout ce qui est &#233;tranger au point sp&#233;cial qu'on se propose d'&#233;lucider.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ainsi, d'ailleurs, que l'on proc&#232;de dans toutes les branches de la science. La fameuse petite reine n'est, en somme, qu'un m&#233;canisme comme un autre et, par suite, soumis humblement, comme ses cong&#233;n&#232;res, aux lois g&#233;n&#233;rales de la m&#233;canique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;HOMME&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LA&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MONTAGNE&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Saint-&#201;tienne Lyon (1898)</title>
		<link>https://www.velotextes.fr/spip.php?article260</link>
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		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Lyon</dc:subject>
		<dc:subject>Saint-Etienne</dc:subject>
		<dc:subject>1898</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Les excursions que je fais se r&#233;sument, au bout de quelques jours, en deux ou trois impressions plus vives que les autres, agr&#233;ables ou f&#226;cheuses mais qui se figent en ma m&#233;moire et qui lorsque je les passe en revue, m&#234;me celles d'il y a dix ans, les caract&#233;risent nettement et me permettent de les &#233;voquer chacune &#224; son tour sans les confondre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?rubrique35" rel="directory"&gt;1896-1900 P&#233;riode h&#233;ro&#239;que&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot37" rel="tag"&gt;Lyon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot38" rel="tag"&gt;Saint-Etienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot74" rel="tag"&gt;1898&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Paul de Vivie alias V&#233;locio, Le Cycliste, 1898, Source Archives d&#233;partementales de la Loire, cote1328_6&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'a l'air de rien un voyage de Saint-&#201;tienne &#224; Lyon et cela ne vaut pas &#233;videmment un voyage en Chine, mais on en peut encore tirer quelque chose d'utile au cyclotourisme sans parler de l'agr&#233;ment que 120 kilom&#232;tres de route vari&#233;e procurent &#224; un fervent cycliste tel que votre serviteur. Entre deux semaines de pluie presque continue le dimanche 16&#160;octobre a &#233;t&#233; une journ&#233;e d&#233;licieuse surtout pour ceux (et ce fut mon cas) qu'un itin&#233;raire habilement choisi conduisait du sud au nord.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans m'inqui&#233;ter outre mesure d'une petite averse matinale (pluie du matin n'arr&#234;te pas le p&#232;lerin), j'attendis simplement que le vent du midi qui soufflait avec persistance e&#251;t s&#233;ch&#233; les routes et, apr&#232;s avoir donn&#233; moi-m&#234;me &#224; ma bicyclette les petits soins, r&#233;glage, graissage, inspection des pneumatiques, etc., que r&#233;clame une &#233;tape un peu forte que l'on veut faire sans encombre, je me dirigeai &#224; onze heures moins le quart vers Le Bessat o&#249; j'arrivai &#224; midi pr&#233;cis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand on a Lyon pour objectif, quoique tous les chemins m&#232;nent &#224; Rome, aller passer au Bessat cela parait bizarre, mais j'avais deux rai&#173;sons pour cela. D'abord il s'agissait de promenade &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! et quand on veut fl&#226;ner le chemin de l'&#233;cole buissonni&#232;re est tout indiqu&#233;, ensuite je d&#233;sirais refaire avec le secours de 4 multiplications, un trajet fait plusieurs fois avec des machines ordinaires et de comparer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Encore une exp&#233;rience, allez-vous vous &#233;crier &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! cela tourne &#224; la scie et &lt;i&gt;Le Cycliste&lt;/i&gt; ne sera&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; bient&#244;t plus qu'un terrain de man&#339;uvres &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#224; donc&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! rassurez-vous, c'est peut-&#234;tre la der&#173;ni&#232;re et je t&#226;cherai d'&#234;tre court, contrairement &#224; mes habitudes.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'avais &#224; ma disposition 3&lt;sup&gt;m&lt;/sup&gt;,30, 4&lt;sup&gt;m&lt;/sup&gt;,40, 5&lt;sup&gt;m&lt;/sup&gt;,85 et 6&lt;sup&gt;m&lt;/sup&gt;,90 : je partais de l'altitude 500 pour m'&#233;lever &#224; 1200 (col de Chabourey) et redescendre &#224; (Saint-Pierre-de-B&#339;uf). Il avait plu la veille et, bien que jusqu'&#224; Rochetaill&#233;e la rampe ne soit pas cruelle, pr&#233;voyant des routes boueuses, je partis avec 4&lt;sup&gt;m&lt;/sup&gt;,40 . Le sol &#233;tait, contrairement &#224; mes pr&#233;visions, en parfait &#233;tat, mais, compensation dont je me serais pass&#233; volontiers, le vent, assez sensible, devait m'&#234;tre contraire jusqu'au sommet. De Rochetaill&#233;e &#224; Essertines abaisser &#224; 3&lt;sup&gt;m&lt;/sup&gt;,30 le d&#233;veloppement, c'&#233;tait tout indiqu&#233; &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il y a l&#224; 3 kilom&#232;tres particuli&#232;rement durs et bien que je les connaisse depuis longtemps je constate une fois de plus qu'ils ne se sont pas adoucis en vieillissant &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; si les ing&#233;nieurs-rectificateurs de routes passaient par l&#224;, ils rendraient l'escalade du Bessat tr&#232;s agr&#233;able aux touristes, tandis qu'actuellement. euh &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! euh &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! beaucoup y regar&#173;dent &#224; deux fois avant de grimper &#224; Chabourey et au Pil&#226;t. D&#232;s que, apr&#232;s Essertines, la rampe devient plus douce, je reprends 4&lt;sup&gt;m&lt;/sup&gt;,40 et ma toute petite multiplication ne me servira plus de la journ&#233;e, mais elle m'a permis de gravir rapide&#173;ment et sans fatigue les 3 ou 4 kilom&#232;tres p&#233;ni&#173;bles : le reste de l'&#233;tape ne m'en sera ainsi rendu que plus facile&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; car tout le m&#233;rite des machines &#224; plusieurs d&#233;veloppements est l&#224; : r&#233;duire la fatigue au minimum en conservant en toutes circonstances le maximum de vitesse&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ne pas s'ext&#233;nuer &#224; presser la p&#233;dale d'un effort surhumain pour obtenir du 6 &#224; l'heure ainsi que le ferait un grand multipli&#233; sur une rampe de 10%&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J'appellerai d&#233;sormais petits d&#233;veloppements ceux au-dessous de 4 m&#232;tres ; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ne pas se fatiguer physiquement et moralement &#224; marcher en poussant pendant des heures sa bicyclette, bref augmenter le travail utile du cycliste en diminuant son travail total. Il serait vraiment f&#226;cheux que par esprit routi&#173;nier, amour-propre mal plac&#233; ou par simple n&#233;gligence les cyclotouristes renon&#231;assent de gaiet&#233; de c&#339;ur &#224; des avantages aussi d&#233;cisifs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant aux cyclistes tour-de-lac ils auraient tort assur&#233;ment de s'affubler de nos doubles ou qua&#173;druples pignons qui ont le grave inconv&#233;nient d'alourdir de 300 ou de 1.000 grammes respec&#173;tivement une bicyclette.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'arrivai donc au Bessat &#224; midi pr&#233;cis et je n'aurais rien eu de plus press&#233; en semblable occurrence, il y a trois ou quatre ans, que de m'attabler incontinent devant un de ces copieux repas de campagne qui me semblaient jadis si substantiels et si r&#233;confortants bien que toujours, pour dire vrai, je me sois senti apr&#232;s un de ces forts repas plus alourdi et moins apte qu'avant aux longues &#233;tapes. Or, cette fois, je passai, sans la moindre envie, devant les cinq ou six auberges du village et je continuai indolemment ma route comme un homme qui sait que son sac contient de quoi le nourrir : deux pommes, quelques noix, 500 grammes de pain et les ruisseaux d'eau fra&#238;che qui descendent du Pil&#226;t devaient me sustenter suffisamment jusqu'au soir sans m'emp&#234;cher de p&#233;daler gaillardement.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la Croix de Chabourey, je mis pied &#224; terre et pris le d&#233;veloppement de 6&lt;sup&gt;m&lt;/sup&gt;,90 jusqu'au pont de Graix, 5 kilom&#232;tres de pente relative&#173;ment douce : j avais un bon frein &#224; cuiller sur la roue directrice et je sais par c&#339;ur cette route, donc pas de danger et inutile de contrep&#233;daler. Au pont de Graix je m'installe &#224; quelques pas du ruisseau, &#224; l'abri d'un rocher qui me prot&#232;ge contre le vent mais laisse venir &#224; moi les rares rayons de soleil que les nuages n'arr&#234;tent pas. Que l'on est donc mieux l&#224; que dans une salle enfum&#233;e et mal odorante et comme nous y devi&#173;serions gaiement si deux ou trois compagnons partageant mes go&#251;ts m'avaient accompagn&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#192; quand le cyclotouristo-v&#233;g&#233;tario-club&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ingurgite la moiti&#233; de mes provisions, sans pr&#233;cipitation, avec la conscience du devoir que je remplis envers mon estomac que pendant qua&#173;rante ans j'ai contraint d'absorber un tas de cho&#173;ses, inutiles toujours, nuisibles souvent, qui ne se dig&#233;raient pas, s'assimilaient encore moins et ne servaient qu'&#224; introduire dans l'organisme des r&#233;sidus, des d&#233;chets, des accumulations morbipares.&lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; vais-je me perdre, grands dieux &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Cesserais- je d'&#234;tre cycliste et deviendrais-je hygi&#233;niste &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand je crois tenir la v&#233;rit&#233;, je veux absolu&#173;ment en faire profiter mes voisins et je vais, je le sens, redevenir le crampon que je fus il y a douze ans autour du berceau de la bicyclette et de l'industrie v&#233;locip&#233;dique st&#233;phanoise qui, l'une et l'autre, ont grandi et sont devenues de fort belles personnes dont je suis, du reste, plus que jamais amoureux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les repas d'un v&#233;g&#233;tarien ne sont jamais bien longs, c'est une de leurs qualit&#233;s et le docteur Julliard, qui s'y conna&#238;t, pense que le r&#233;gime v&#233;g&#233;tarien a surtout cela de bon qu'il ne nous pousse jamais &#224; manger plus qu'il ne faut, et qu'avec lui l'estomac reste toujours en dedans de son effort, pour parler le langage des sportsmen &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les exc&#232;s ne sont pas &#224; craindre lorsqu'on n'a pour satisfaire son app&#233;tit que du pain, des pommes et de l'eau&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le palais, ce grand coupable qui nous incite &#224; la gourmandise laquelle confine de si pr&#232;s &#224; la goinfrerie, ne sent pas ses papilles se dilater voluptueusement devant une humble assiett&#233;e de riz bouilli sans assaisonnement, une pot&#233;e de f&#232;ves, un g&#226;teau de godelle ou de pois chiches. Seul un solide app&#233;tit lui fait trouver agr&#233;ables ces mets simples, naturels, sans appr&#234;t&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; aussi d&#232;s que l'app&#233;tit est satisfait, il s'empresse de faire comprendre qu'il est inutile d'insister&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais si &#224; ce moment un habile cuisinier-chimiste venait lui offrir des mets savamment pr&#233;par&#233;s, &#233;pic&#233;s, condiment&#233;s, le palais sentirait se r&#233;veiller de sensuelles con&#173;voitises et, piqu&#233; par l'aiguillon de la gourman&#173;dise, sans s'inqui&#233;ter de l'estomac, il s'en fourre&#173;rait jusque-l&#224;, &#224; moins que la raison plus forte que la b&#234;te n'oppose son veto et ne dise halte-l&#224;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Halte-l&#224; aussi pour cette digression, n'est-ce pas &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Sinon nous coucherons au pont de Graix.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai profit&#233; de mon arr&#234;t pour reprendre le d&#233;veloppement de 4&lt;sup&gt;m&lt;/sup&gt;,40 en vue de mont&#233;e &#8212; pas tr&#232;s forte mais le sol est bien mou &#8212; que je vais avoir &#224; faire et de la forte pente qui de Colombier m'am&#232;nera dans Saint-Julien-Molin-Molette et qui m'obligera &#224; contrep&#233;daler bien que, par principe, je n'aime pas me fatiguer &#224; la descente.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je file bon train n&#233;anmoins, les tournants ne sont pas trop brusques et la route est d&#233;serte&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#231;&#224; et l&#224; des empierrements consciencieusement &#233;tendus, c'est-&#224;-dire barrant absolument la route, m'obligent &#224; ralentir sous peine d'&#234;tre secou&#233; comme une salade.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s Saint-Julien, laissant &#224; droite la route de Serri&#232;res, je tourne &#224; gauche vers Saint-Apollinard, Maclas, Lupp&#233;, Malleval et Saint-Pierre-de-B&#339;uf.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'&#233;poque o&#249;, avec mon collaborateur Oros, nous parcour&#251;mes, pour dresser la carte &#224; routes profil&#233;es publi&#233;e en 1892 par &lt;i&gt;Le Cycliste&lt;/i&gt;, les environs de Saint-&#201;tienne et surtout les routes qui relient Saint-&#201;tienne &#224; la vall&#233;e du Rh&#244;ne, je remarquai que celle que je viens d'indiquer &#233;tait la mieux trac&#233;e et descendait sans secousse (sauf un mauvais virage pr&#232;s Lupp&#233;) jusqu'au Rh&#244;ne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; aussi lui ai-je toujours donn&#233; la pr&#233;f&#233;rence lorsqu'il s'est agi de passer d'un bassin dans l'autre. Je conservai 4&lt;sup&gt;m&lt;/sup&gt;,40 jusqu'&#224; Maclas &#224; cause de quelques l&#233;g&#232;res, 0h&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! bien l&#233;g&#232;res mont&#233;es, dont j'avais une vague souvenance&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; du reste on marche bien avec 4&lt;sup&gt;m&lt;/sup&gt;,40 et lorsqu'on n'en a qu'un, ce d&#233;veloppement est des plus recommandables pour les contr&#233;es montagneuses : &#224; 90 tours de p&#233;dale &#224; la minute, vitesse de jambes non exag&#233;r&#233;e en palier, on fait du 24 &#224; la minute, ce qui n'est point tant mal.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; Maclas commence la descente ininterrompue jusqu'&#224; Saint-Pierre-de-B&#339;uf&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je me mets &#224; 6&lt;sup&gt;m&lt;/sup&gt;,90 et je d&#233;vale..... que c'est une b&#233;n&#233;diction&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; sinc&#232;rement les descentes se font bien mieux avec une forte multiplication, on est beaucoup plus ma&#238;tre de sa machine qui n'oscille ni &#224; droite ni &#224; gauche et l'on n'&#233;prouve aucune appr&#233;hension malgr&#233; la vitesse pouss&#233;e jusqu'&#224; l'enivrement. J'ai pu reconstater ce fait ce jour-l&#224; puisque je venais justement de descendre de Colombier &#224; Saint-Julien avec 4&lt;sup&gt;m&lt;/sup&gt;,40 &#224; une vitesse sensible&#173;ment moindre et avec des d&#233;hanchements du plus f&#226;cheux effet pour ne pas perdre les p&#233;dales qu'avec 7 m&#232;tres et au-dessus on tient si ais&#233;ment.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'ai encore rien dit du paysage qui n'est pas un seul moment banal mais dont il a sou&#173;vent &#233;t&#233; question dans ces colonnes, cependant je ne puis taire l'impression de surprise admirative que me cause l'apparition soudaine de Malleval. Apr&#232;s Lupp&#233; et ses deux dangereux virages (se m&#233;fier surtout du second) la forte descente est finie et la route en pente d&#233;sormais tr&#232;s douce circule entre des mamelons rocailleux, d'aspect assez bizarre qu'on dirait form&#233;s de gros cailloux du Rh&#244;ne agglutin&#233;s dans une terre argileuse. Tout &#224; coup &#224; un tournant j'aper&#231;ois &#224; gauche, tout au sommet d'un de ces monticules, une tour carr&#233;e et pointue puis &#224; flanc de coteau, se confondant avec les rocailles dont elles sont sorties, des maisons les unes sur les autres et enfin autour de ces maisons et descendant par larges marches jusqu'au ravin, des jardinets pour ainsi dire suspendus o&#249; il doit &#234;tre fort dange&#173;reux d'aller sur le tard ramasser une salade et grands comme un mouchoir de poche. Voil&#224; qui s'appelle tirer parti d'une situation, mais quels sont les hommes qui s'avis&#232;rent d'aller percher en un lieu aussi ingrat et de fonder entre les riches coteaux du Rh&#244;ne et les fertiles contreforts du Pil&#226;t une bourgade d'aspect aussi mis&#233;rable &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Sans doute quelques malheureux fuyant leurs oppresseurs et voulant &#233;chapper &#224; de cruelles vexations en renon&#231;ant &#224; tout bien-&#234;tre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce furent peut-&#234;tre, mais pour des motifs diff&#233;rents, des v&#233;g&#233;tariens comme moi &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'histoire de tels humbles villages serait souvent bien int&#233;ressante&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je me suis laiss&#233; dire que dans le clocher de Malleval se trouvaient des squelettes momifi&#233;s comme ceux que l'on voit dans la crypte de l'&#233;glise de Saint-Bonnet-le-Ch&#226;teau, restes de fugitifs emmur&#233;s et morts de faim.&lt;br class='autobr' /&gt;
De Malleval &#224; Saint-Pierre-de-B&#339;uf le sol devient plut&#244;t mauvais, de la boue, des flaques d'eau, des orni&#232;res, mais aussit&#244;t qu'on d&#233;bouche sur la route Nationale que le vent du midi balaie depuis la veille, quel agr&#233;able contraste : on dirait une v&#233;ritable piste et ma grande multiplication m'entra&#238;ne &#224; l'allure de 25 &#224; l'heure du c&#244;t&#233; de Lyon. Il est deux heures&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je passe successive&#173;ment &#224; Chavanay, Condrieu Ampuis et Sainte-Colombe et &#224; trois heures et demie je m'arr&#234;te pour go&#251;ter &#224; mi-chemin de Sainte-Colombe &#224; Givors au fond d'une gorge tr&#232;s encaiss&#233;e o&#249; coule, sur des rochers polis et rong&#233;s par les eaux, un joli ruisseau qu'on nomme, je crois, le Sifflet. Par les grosses chaleurs ce coin-l&#224; doit &#234;tre frais et charmant, rempli d'ombre et de myst&#232;re et l'on doit avoir envie de remonter ce ruisselet dont la source ne peut pas &#234;tre bien loin ni bien haut &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais ce jour-l&#224; il &#233;tait plut&#244;t humide que frais, triste que charmant &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; des photographes amateurs vinrent pourtant pendant que je croquais une pomme, essayer d'y prendre un instantan&#233;, je ne crois pas qu'ils aient r&#233;ussi &#224; y faire autre chose que g&#226;cher deux ou trois plaques. Il faisait d&#233;j&#224; nuit dans ce trou, aussi ma collation achev&#233;e je ne m'y attarde pas et je me h&#226;te vers Givors, lentement &#224; cause de la boue qui est beaucoup trop abondante depuis Sainte-Colombe&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est &#224; croire que le vent du midi n'est pas venu souffler jusque-l&#224; ou qu'il y a plu abondamment le matin. Ces morceaux de mauvaise route apr&#232;s les longs kilom&#232;tres de bon chemin que je viens d'abattre me chiffonnent et m'agacent&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'en ai gard&#233; une impression de froid humide que je ressens encore entre les deux &#233;paules au moment ou j'&#233;cris.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les excursions que je fais se r&#233;sument, au bout de quelques jours, en deux ou trois impressions plus vives que les autres, agr&#233;ables ou f&#226;cheuses mais qui se figent en ma m&#233;moire et qui lorsque je les passe en revue, m&#234;me celles d'il y a dix ans, les caract&#233;risent nettement et me permettent de les &#233;voquer chacune &#224; son tour sans les confondre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Me voici tout de m&#234;me sorti de ce d&#233;fil&#233; bourbeux &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la montagne &#224; ma gauche s'&#233;loigne et le sol est &#224; peu pr&#232;s sec, aussi les habitants de Givors se sont empar&#233;s de la route et m'obligent &#224; aller encore plus lentement. C'est un petit ennui des sorties dominicales que cette habitude qu'ont les habitants des villes, petites et grandes de se tenir des heures enti&#232;res au beau milieu des routes &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quand ils vont deux par deux il n' a encore que demi-mal, on festonne autour des couples endimanch&#233;s sans m&#234;me les avertir, mais tels groupes vont se tenant par la main ou c&#244;te &#224; c&#244;te, d'un foss&#233; &#224; l'autre, chantant, titubant ou dansant&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il faut corner, grelotter, b&#234;ler, recevoir des quolibets stupides et attendre en faisant du sur-place que les femmes qui se trouvaient &#224; gauche se soient enfuies &#224; droite et vice versa, comme s'il ne leur serait pas plus facile de se ranger chacune du c&#244;t&#233; o&#249; elles se trouvent. Il y a des cas vraiment o&#249; l'on voudrait &#234;tre p&#233;dard pour foncer les yeux ferm&#233;s en beuglant, en hurlant, en mugissant sur ces troupeaux enju&#173;ponn&#233;s qui apr&#232;s vous avoir fait poser se paient encore votre t&#234;te. D&#233;cid&#233;ment la boue inattendue de tout &#224; l'heure m'a mis de mauvaise humeur. Et les joueurs de boules&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! voil&#224; un sport qui a pris de l'extension depuis quelques ann&#233;es &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il faut s'en applaudir parce que bien des gens qui passaient leur apr&#232;s-midi du dimanche dans un tabagnon enfum&#233;, la vivent maintenant au grand air, sans vider par exemple une chopine de moins, mais ils respirent &#224; pleins poumons, font un excellent exercice et les drogues qu'ils ingurgitent leur sont assur&#233;ment moins nuisibles. Je m'en applaudis donc, puisque rien de ce qui touche &#224; l'hygi&#232;ne publique ne m'est indiff&#233;rent, mais je proteste lorsque les joueurs de boules prennent pour boulodr&#244;me la route elle-m&#234;me et nous jettent leurs boules dans les jantes, il ne faudrait pas qu'un sport chass&#226;t l'autre et je demande la route toujours libre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les cyclotouristes qui voyagent la semaine &#233;chappent &#224; ces petits d&#233;sagr&#233;ments, mais ils sont le petit nombre, tandis que nous sommes l&#233;gion nous qui ne sommes libres que le dimanche, l&#233;gion bien d&#233;cim&#233;e &#224; en juger par les rares cyclistes rencontr&#233;s le long des 120 kilom&#232;tres &#233;gren&#233;s ce jour-l&#224;, mais d&#233;cim&#233;e par qui, par quoi &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? D'o&#249; vient qu'&#224; mesure que le nombre des cyclistes augmente, les touristes, ou plus modestement les excursionnistes en g&#233;n&#233;ral et ceux du dimanche en particulier diminuent &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Pneumatiques, machines l&#233;g&#232;res et trop grandes multiplications&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce bien la r&#233;ponse&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; n'y a-t-il pas d'autres causes, et s'il y en a quelles sont-elles &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? voil&#224; un int&#233;ressant sujet de discussion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Givors pass&#233; &#224; 4 heures 1/2, il ne me reste que 25 &#224; 26 kilom&#232;tres pour rentrer chez moi par la route des bords du Rh&#244;ne, toujours bonne quand il a plu, affreuse pendant la s&#233;cheresse&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais elle est sem&#233;e &#231;&#224; et l&#224; de quelques mont&#233;es&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je suis, d'autre part, &#224; la fin d'une assez forte &#233;tape deux consid&#233;rations qui me d&#233;cident &#224; abaisser ma multiplication et &#224; me contenter de 5&lt;sup&gt;m&lt;/sup&gt;,85, c'est un peu mon habitude, toutes les fois que je vais de Saint-&#201;tienne &#224; Lyon, de prendre &#224; ce moment une multiplication moindre que celle qui m'a conduit jusqu'&#224; Givors et je m'en trouve bien. L'emploi raisonn&#233; et judicieux des diverses multiplications est d'un grand secours lorsqu'on conna&#238;t bien sa route &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; lorsqu'on ne la conna&#238;t pas, on est expos&#233; &#224; quelques erreurs sur la longueur et l'intensit&#233; d'une rampe par exemple, erreurs qu'on pourrait &#233;viter si l'on savait lire couramment les cartes de l'&#201;tat-major&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; malheu&#173;reusement c'est ce qu'on sait le moins, et je me rappelle que lorsque M.&#160;Hennequin donna des conf&#233;rences topographiques aux cyclistes pari&#173;siens, il eut, le premier soir, 6 auditeurs &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! C'est donc aussi ce qu'on a le moins envie d'apprendre.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'entends d'ici le n&#233;ocycliste que je cat&#233;chise s'&#233;crier avec effroi : Ah &#231;a, vous voudriez donc qu'un cycliste fut doubl&#233; d'un m&#233;canicien, d'un ing&#233;nieur, d'un g&#233;om&#232;tre, d'un officier d'&#233;tat-major, qu'il r&#233;un&#238;t, en sa cervelle surmen&#233;e, les connaissances les plus vari&#233;es, les plus difficiles, qu'il devint un savant en us et &#224; lunettes, et que, malgr&#233; cela, il rest&#226;t le po&#232;te, l'amant de la nature que vous nous avez si souvent d&#233;crit &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!...&lt;br class='autobr' /&gt;
Mettons que je n'ai rien dit et continuons &#224; p&#233;daler vigoureusement du c&#244;t&#233; du potage, car la nuit que je croyais plus loin s'approche &#224; grands pas. Comment se fait-il que, midi partageant en deux parties &#233;gales la journ&#233;e solaire, il fasse, en cette saison, d&#233;j&#224; grand jour &#224; 6 heures du matin et qu'on n'y voie plus &#224; 5 heures 1/2 du soir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la quantit&#233; de lumi&#232;re devrait, toutes autres choses &#233;gales, &#234;tre aussi grande le soir que le matin, &#224; distance &#233;gale de midi. J'avais compt&#233; sur cette &#233;galit&#233; et cela m'a expos&#233; &#224; gober une contravention en traversant tout Lyon sans lanterne. Cela ne me serait pas arriv&#233; si j'avais &#233;tudi&#233; l'astronomie qui doit donner la raison de cette apparente anomalie&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; encore une branche &#224; ajouter aux connaissances scientifiques du cycliste du si&#232;cle prochain.&lt;br class='autobr' /&gt;
Grigny, la Tour-de-Millery ou je ne passe jamais sans penser &#224; l'huissier Gouff&#233; qui fut d&#233;couvert l&#224; &#224; quelques m&#232;tres de la route, Vernaison, Irigny, Pierre-B&#233;nite, Oullins, La Mulati&#232;re, d&#233;filent tour &#224; tour devant mon guidon&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; voil&#224; une route qu'on ne peut pas qualifier de solitaire et d&#233;sol&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au pont de la Mulati&#232;re j'arrive en m&#234;me temps qu'un tramway, dont les quelques places disponibles ont &#233;t&#233; prises d'assaut, et qui part laissant plus de cent voyageurs m&#233;contents. Quelle nombreuse client&#232;le pour les futurs cabcycles &#224; qui il serait bien facile de ramener en ville, 2 ou 3 voyageurs &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; 50 centimes par personne, 30 sous seraient ainsi vite gagn&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une bonne ablution froide en arrivant me d&#233;barrasse de la poussi&#232;re et fait dispara&#238;tre toute trace de fatigue musculaire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'estomac suffisamment soutenu par les 500 grammes de pain et les deux pommes que je lui ai donn&#233;s, n'a besoin de rien, et je me mets &#224; table &#224; 7 heures avec un bon app&#233;tit normal&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je dors tr&#232;s profond&#233;ment 6 heures cons&#233;cutives : deux faits qui prouvent que l'&#233;tape n'a pas &#233;t&#233; trop forte. Aussi ai-je imm&#233;diatement dress&#233; l'itin&#233;raire d'un voyage de 3 jours (500 kilom&#232;tres) pour les f&#234;tes de la Toussaint, pendant lequel je m'en tiendrai fid&#232;lement au strict r&#233;gime v&#233;g&#233;tarien auquel j'attribue en partie &#8212; l'autre partie est due &#224; l'emploi des multiplications vari&#233;es &#8212; mon endurance actuelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
V&#233;locio.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J'appellerai d&#233;sormais petits d&#233;veloppements ceux au-dessous de 4 m&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; moyens d&#233;veloppements ceux de 4 &#224; 6 m&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; grands d&#233;veloppements ceux au-dessus de 6 m&#232;tres. Il est possible que plus tard, gr&#226;ce &#224; de nouveaux perfectionnements sous d'autres rapports, par exemple lorsque la selle &#224; recul et &#224; avancement sera adopt&#233;e et aura &#233;lev&#233; le rendement de chacun de nous, il est, dis-je, possible que ces chiffres deviennent trop faibles mais pour le moment je crois qu'ils r&#233;pon&#173;dent bien &#224; l'id&#233;e que l'on se fait g&#233;n&#233;ralement des multiplications petites, moyennes et grandes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Nyctocyclades</title>
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		<dc:date>2023-10-12T09:38:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Lyon</dc:subject>
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		<dc:subject>For&#234;t de Lente</dc:subject>
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		<dc:subject>Ard&#232;che</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;D'une nuit pass&#233;e sur la route, je suis toujours sorti, d&#232;s l'aube naissante, comme d'un r&#234;ve&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; impression bizarre qui m'&#233;treignait irr&#233;sistiblement... J'ai beaucoup aim&#233; p&#233;daler la nuit, seul&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pendant nos &#233;tapes de vingt-quatre et de quarante heures, les heures nocturnes n'&#233;taient pas les moins agr&#233;ables, surtout quand la lune voulait bien se mettre de la partie...&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?rubrique38" rel="directory"&gt;Paul de Vivie au fil du Rh&#244;ne&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot37" rel="tag"&gt;Lyon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot38" rel="tag"&gt;Saint-Etienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;Ventoux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Vercors&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot61" rel="tag"&gt;Rh&#244;ne &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot84" rel="tag"&gt;For&#234;t de Lente&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot87" rel="tag"&gt;Pilat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot112" rel="tag"&gt;Ard&#232;che&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.velotextes.fr/IMG/logo/0759-52a2d.jpg' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; alt=&#034;&#034; style='max-width: 150px;max-width: min(100%,150px); max-height: 150px' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_302 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.velotextes.fr/local/cache-vignettes/L337xH503/0759-53e76.jpg?1788124601' width='337' height='503' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les premiers cyclistes n'h&#233;sitaient pas &#224; rouler la nuit. Le danger automobile &#233;tait peu important m&#234;me s'il allait croissant au fil du 20&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;. Les cong&#233;s &#233;taient rares, et pour aller loin toutes les heures de libert&#233; &#233;taient mises &#224; profit. Rouler la nuit fut donc une &#233;vidence, et un charme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y eut des lanternes &#224; bougie, &#224; huile, &#224; p&#233;trole, cependant la plus utilis&#233;e fut la lanterne &#224; ac&#233;tyl&#232;ne, avant la g&#233;n&#233;ralisation de l'&#233;clairage &#233;lectrique dans l'entre-deux-guerres. Ce gaz est produit par la r&#233;action entre des cailloux de carbure de calcium et de l'eau. Enflamm&#233;, il &#233;met une lumi&#232;re blanche. Il a &#233;t&#233; utilis&#233; jusqu'&#224; l'apparition des diodes &#233;lectroluminescentes en sp&#233;l&#233;ologie. Paul de Vivie qui a tout essay&#233; lui &#233;tait plut&#244;t fid&#232;le.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sa myopie et ses erreurs de navigations lui jouaient parfois des tours, et les nuits &#224; bicyclettes ne manquaient pas de petites p&#233;rip&#233;ties. Avoir un &#233;clairage &#233;tait aussi important en ville pour &#233;viter une amende de la mar&#233;chauss&#233;e. Dans la randonn&#233;e pascale de 1928, cont&#233;e par Philippe Marre, les St&#233;phanois n'avaient que des lampes de poches qu'ils allumaient seulement dans les bourgs, roulant sinon au clair de lune.&lt;br class='autobr' /&gt;
En roulant l'hiver, la nuit posait la question de la temp&#233;rature : les refroidissements dus &#224; la moiteur &#233;taient redout&#233;s. Ce risque avait m&#234;me &#233;t&#233; un argument contre la roue libre, surnomm&#233;e un temps la machine &#224; pleur&#233;sie par le capitaine Perrache&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Parcourons donc quelques r&#233;flexions et v&#233;loch&#233;es nocturnes de l'ap&#244;tre du cyclotourisme au fil de la vall&#233;e du Rh&#244;ne.&lt;/p&gt;
&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;MARLHES-LA-LOUVESC-ANNONAY-1889&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='MARLHES-LA-LOUVESC-ANNONAY-1889'&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MARLHES&lt;/span&gt;. &#8211; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LA&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LOUVESC&lt;/span&gt;. &#8211; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ANNONAY&lt;/span&gt;., 1889&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;L'heure la plus agr&#233;able pour se promener sous les bois est celle o&#249; le soleil commence &#224; s'abaisser&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; alors la chaleur accablante du milieu du jour est combattue par la brise naissante du soir, l'ombre des arbres s'&#233;tend de plus en plus et vous d&#233;robe aux derni&#232;res ardeurs du soleil &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; petit &#224; petit, le jour diminue, la clart&#233; s'amoindrit &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; avec le cr&#233;puscule, la brise augmente et les feuilles agit&#233;es se mettent &#224; babiller&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; des voix ind&#233;cises, des bruits &#233;tranges s'&#233;l&#232;vent du sein de la for&#234;t&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; mesure que la nuit s'&#233;paissit, le myst&#232;re redouble&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'&#226;me s'impressionne, un sentiment de crainte et de curiosit&#233; l'envahit &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; dans ce long murmure des bois que le vent agite, on croit distinguer les voix querelleuses des faunes et des sylvains, et les cris de frayeur des nymphes qui fuient. Si, &#224; ce moment, un p&#226;le rayon de lune vient jouer &#224; la cime des pins et p&#233;n&#232;tre &#224; travers le feuillage, le tableau s'anime &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; sous cette blafarde lumi&#232;re, tous les objets rev&#234;tent des formes fantastiques, et, &#224; condition que la frayeur ne vous paralyse pas, vous allez vous sentir transport&#233; dans un monde surnaturel. Ces eaux qui roulent de rocher en rocher sanglotent, ces insectes nocturnes qui froissent les feuilles &#224; vos c&#244;t&#233;s sont des ennemis invisibles et rampants, ces branches qui se heurtent, s'inclinent, se rel&#232;vent, se rejettent &#224; droite et &#224; gauche, ne sont-ce pas des &#234;tres vivants, occup&#233;s &#224; quelque besogne sinistre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Ces craquements lugubres qui, par intervalles, arrivent &#224; vos oreilles, ne dirait-on pas un cercueil qu'on s'efforce de d&#233;clouer&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Et ce rayon qui danse dans cette clairi&#232;re, n'est-ce pas un fant&#244;me&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? N'est-ce pas un spectre sorti des t&#233;n&#232;bres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
J'avoue qu'une fois, m'&#233;tant laiss&#233; surprendre par la nuit dans une gorge des plus sauvages, je ne me sentis pas tr&#232;s rassur&#233; d&#232;s que la lune vint donner aux rochers bizarrement d&#233;coup&#233;s qui m'entouraient des allures suspectes, monstres grima&#231;ants, sorci&#232;res chevauchant sur le balai classique, bandits embusqu&#233;s, pendus contorsionn&#233;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mon imagination avait beau jeu et me jouait des tours pendables&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pour un rien, j'aurais pris carr&#233;ment la fuite.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'occupais ainsi mes pens&#233;es en me rem&#233;morant mes excursions p&#233;destres d'autrefois, et je roulais paresseusement &#224; une allure de 10 kilom&#232;tres &#224; l'heure sur le plateau de La R&#233;publique.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;V&#233;locio, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Marlhes. &#8211; La Louvesc. &#8211; Annonay.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Le Cycliste, juillet 1889, p.166-173, Source Archives d&#233;partementales de la Loire, cote PER1328_1&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;CHRONIQUES-LOCALES-DE-VELOCIO-OCTOBRE-1891&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='CHRONIQUES-LOCALES-DE-VELOCIO-OCTOBRE-1891'&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CHRONIQUES&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LOCALES&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DE&lt;/span&gt; V&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LOCIO&lt;/span&gt;, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;OCTOBRE&lt;/span&gt; 1891&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;La reine bicyclette continue &#224; faire des conqu&#234;tes et &#224; op&#233;rer des prodiges dans notre bonne ville de Saint-&#201;tienne, qui s'est montr&#233;e si longtemps insensible &#224; ses coquetteries. Tout le monde veut en go&#251;ter, et elle est assez bonne fille pour donner aux uns ce qui leur manque et enlever aux autres ce qu'ils ont de trop. Les hommes trop gras maigrissent et les trop maigres engraissent, que c'est une b&#233;n&#233;diction&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on se moquait volontiers, autrefois, quand je pr&#233;disais ces choses extraordinaires et que je recommandais le cycling comme un rem&#232;de &#224; tous les maux, une sorte de panac&#233;e universelle. Aujourd'hui, l'on est convaincu ou &#224; peu pr&#232;s, et la docte Facult&#233; que les dieux ont charg&#233;e de veiller &#224; la sant&#233; de l'humanit&#233; a fini elle-m&#234;me par reconna&#238;tre que la pratique du v&#233;locip&#232;de &#233;tait souveraine contre les maladies du foie et de l'estomac, contre les migraines et les n&#233;vroses, contre les rhumatismes et la goutte, contre l'hypocondrie et la cachexie&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; alors contre quoi n'est-elle pas souveraine&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Il n'y a gu&#232;re que les noy&#233;s, les pendus et les asphyxi&#233;s qu'elle soit impuissante &#224; gu&#233;rir, et encore... il suffirait de s'y prendre &#224; temps&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le v&#233;locip&#232;de ne se contente pas d'&#234;tre utile aux humains, il tient surtout &#224; leur &#234;tre agr&#233;able, et j'ai pu go&#251;ter, gr&#226;ce &#224; lui, un tas de plaisirs qui m'avaient &#233;t&#233; auparavant d&#233;fendus. Je n'en citerai qu'un, le dernier : combien de fois n'avais-je pas fait l'ascension du Pilat et abreuv&#233; de mon sang les petits parasites qui hantent les lits de la Jacerie, dans l'espoir toujours d&#233;&#231;u de voir, du Cr&#234;t de la Perdrix, le soleil se lever derri&#232;re les Alpes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me couchais le samedi soir par un ciel superbement clair, en bien recommandant de m'&#233;veiller de bonne heure, et r&#233;guli&#232;rement, le lendemain matin, les brouillards couvraient les alentours, et il ne me restait qu'&#224; payer ma note et &#224; redescendre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a des gens que la guigne poursuit jusqu'au jour o&#249; ils peuvent mettre la main sur un f&#233;tiche&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; or, en cette circonstance, mon f&#233;tiche a &#233;t&#233; ma bicyclette, et je puis enfin dire que j'ai vu un lever de soleil au Pilat&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; voici comment :&lt;br class='autobr' /&gt;
Un pochard qui menait un train d'enfer, alors qu'un agent le menait lui-m&#234;me au poste, m'&#233;veille en sursaut, ce matin, 30&#160;septembre. Je mets le nez &#224; la fen&#234;tre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un temps superbe, un ciel &#233;toil&#233;, un air ti&#232;de&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; trois heures allaient sonner, une id&#233;e me vint : Si j'allais au Pilat&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! le soleil ne se l&#232;ve pas avant six heures, j'aurai le temps d'arriver.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dix minutes plus tard, j'avais boucl&#233; mon portemanteau sur le guidon, allum&#233; ma lanterne et je roulais dans la rue de Roanne. &#192; cette heure matinale, je n'&#233;tais pas g&#234;n&#233; par la circulation, et je filais, sans encombre, par la grande art&#232;re et la rue Badouill&#232;re, jusqu'au cours Fauriel, o&#249; le macadam me permit d'acc&#233;l&#233;rer l'allure&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; apr&#232;s le Rond-Point, nuit noire que la flamme vacillante de mon fanal n'illuminait que faiblement et La p&#226;le clart&#233; qui tombait des &#233;toiles ne m'&#233;tait pas d'un grand secours pour &#233;viter cailloux et orni&#232;res. Aussi n'avanc&#233;-je que lentement et n'arriv&#233;-je au Portail-Rouge qu'&#224; trois heures vingt&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'&#233;tais parti &#224; trois heures sonnantes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas tr&#232;s gai, direz-vous peut-&#234;tre, d'aller ainsi seul, en pleine nuit, par les routes d&#233;sertes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; eh bien&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! cela d&#233;pend de l'&#233;tat d'esprit dans lequel on se trouve, et je ne m'ennuyais pas du tout. Cela me semblait, au contraire, tr&#232;s dr&#244;le, de me sentir si rapidement transport&#233; d'un lit bien doux sur un chemin montant, cahoteux, malais&#233;. Le changement avait &#233;t&#233; si prompt, qu'il m'&#233;tait loisible de croire que je r&#234;vais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s le Portail-Rouge, la pente se radoucit jusqu'&#224; l'entr&#233;e de Rochetaill&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'augmente donc le train, et j'aper&#231;ois soudain, &#224; cent m&#232;tres devant moi, une lueur vague qui se prom&#232;ne au ras du sol&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; rien de surprenant dans cette apparition, c'est un fr&#232;re cycliste qui a eu la m&#234;me id&#233;e que moi, et qui va voir aussi le soleil se lever.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'y a pas que les grands esprits qui se rencontrent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous faisons route ensemble. Toujours pas le moindre encombrement sur la route&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; voici pourtant une voiture, sans fanal naturellement, qui nous croise juste &#224; un endroit o&#249; un tas de pierres r&#233;tr&#233;cit le chemin au point de nous forcer &#224; descendre pour la laisser passer. Si nous n'avions pas eu nos lanternes allum&#233;es, nous &#233;tions bel et bien culbut&#233;s dans le ravin ou sous les roues&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; avis aux jeunes cyclistes inexp&#233;riment&#233;s, qui vont la nuit &#224; l'aveuglette.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; Rochetaill&#233;e, une joyeuse noce danse encore dans une salle d'auberge, et les voitures sont sur la route, pr&#234;tes &#224; emmener &#233;poux et invit&#233;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'encombrement qui en r&#233;sulte et la mont&#233;e qui devient p&#233;nible nous d&#233;cident &#224; mettre pied &#224; terre d&#233;finitivement et &#224; pousser nos bicyclettes jusqu'au hameau d'Issertine, environ trois kilom&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; sur le plateau, jusqu'&#224; la Barbanche, et au-del&#224;, jusqu'au Bessat, la pente s'adoucit et, malgr&#233; quelques raidillons et de nombreuses nappes de pierres fra&#238;chement &#233;tendues sur la route, nous arrivons au Bessat (1.200 m&#232;tres d'altitude) &#224; cinq heures moins cinq.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'horizon, devant nous, est splendidement color&#233; d'orange, de bleu et de lilas, teintes ombr&#233;es, se fondant entre elles avec un art infini et des nuances si bien gradu&#233;es qu'il est impossible de dire o&#249; le violet commence et o&#249; l'azur finit. Le mince croissant de la lune, qui avait &#224; peine eu le temps de s'&#233;lever de quelques degr&#233;s dans le ciel, s'&#233;vanouissait rapidement, et les &#233;toiles p&#226;lissaient.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout cela nous annon&#231;ait l'arriv&#233;e du soleil plus t&#244;t que nous ne l'attendions, et comme il nous restait pas mal de chemin &#224; faire pour atteindre le sommet du Pilat, il fallait se h&#226;ter.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour aller rejoindre la route carrossable qui m&#232;ne au pied du Cr&#234;t de la Perdrix, il faut, apr&#232;s avoir pass&#233; la Croix de Chabourey, descendre d'environ cinq cents m&#232;tres sur la route de Colombier, descente malencontreuse qui ne sert qu'&#224; rendre plus roide la mont&#233;e finale&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on trouve alors &#224; gauche un chemin &#233;troit, mais assez bien entretenu, o&#249; l'on ne tarde pas &#224; rencontrer un premier raidillon, suivi de pas mal d'autres, qui nous donnent souvent envie de mettre pied &#224; terre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais ce n'est pas le moment de faire de la sensiblerie&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous p&#233;dalons au contraire vivement, sans &#233;gards pour nos deux carcasses humaines, qui suent &#233;perdument. Nous arrivons ainsi en vingt minutes au pied du monticule de pierres et de gazon qui forme le pic culminant des monts qui s&#233;parent, dans notre d&#233;partement, le bassin du Rh&#244;ne de celui de la Loire. Nous n'avons plus qu'&#224; pousser pendant dix minutes nos bicyclettes jusqu'au bord des chirats que nous escaladons enfin, si bien qu'&#224; cinq heures et demie pr&#233;cises, c'est-&#224;-dire deux heures et demie apr&#232;s avoir quitt&#233; la place Marengo, nous saluons de nos exclamations enthousiastes la cha&#238;ne des Alpes qui se d&#233;tache avec une nettet&#233; &#233;tonnante &#224; l'horizon&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; gauche, l'&#233;norme masse du Mont-Blanc, qui ressemble &#224; un bonnet phrygien inclin&#233; vers le Nord&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; en face, un d&#244;me arrondi dont nous ignorons le nom, et &#224; droite, une multitude de pics qui d&#233;croissent &#224; perte de vue dans le Sud.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le ciel &#233;tait d'une limpidit&#233; absolue&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; avec une puissante lunette, on aurait pu fouiller dans tous ses coins et recoins le panorama splendide que nous avions sous les yeux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les dentelures des Alpes se dessinaient en blanc ros&#233; sur un fond orange dont l'uniformit&#233; ne laissait pas deviner de quel point pr&#233;cis allait surgir le soleil. Se l&#232;verait-il entre ces deux pics ou derri&#232;re ce d&#244;me&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Il e&#251;t &#233;t&#233; difficile de le dire. Soudain, une boule de feu bondit dans l'espace comme lanc&#233;e par une raquette et, sans transition aucune, le soleil nous appara&#238;t dans tout son &#233;clat, aussi brillant qu'en plein midi.&lt;br class='autobr' /&gt;
En m&#234;me temps, le rideau de montagnes qui nous le cachait auparavant semble dispara&#238;tre et ses d&#233;coupures bizarres deviennent confuses et indistinctes. Des bois qui avoisinent le sommet, mille cris d'oiseaux montent jusqu'&#224; nous et les brins d'herbe commencent &#224; s'humecter de ros&#233;e... Le r&#233;veil de la nature, quoi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Le soleil s'est lev&#233; pour nous le 30&#160;septembre, &#224; six heures moins onze minutes, deux bons quarts d'heure au moins avant qu'il ne se montr&#226;t aux paresseux qui l'attendaient &#224; Saint-&#201;tienne dans leur lit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avant de redescendre du Cr&#234;t de la Perdrix, nous essayons de reconna&#238;tre les montagnes qui nous environnent de toutes parts&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais nous ne poss&#233;dons, l'un et l'autre, ni d'assez bons yeux, ni des notions assez pr&#233;cises sur l'orographie de notre pays pour donner des noms &#224; tous les sommets que nous distinguons.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; six heures pr&#233;cises, je quitte mon compagnon, qui d&#233;sirait passer dans la montagne toute la matin&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'enfourche ma bicyclette &#224; dix m&#232;tres du Cr&#234;t et je descends &#224; travers les bouquets d'airelles et les touffes de gazon jusqu'&#224; la route sur laquelle je file grand train, br&#251;lant le Bessat, Issertine, Rochetaill&#233;e, et me retrouvant place Marengo &#224; sept heures sonnantes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'on peut m'indiquer un moyen de locomotion plus pratique et plus rapide que le v&#233;locip&#232;de pour aller voir au Pilat le lever du soleil et rentrer &#224; Saint-&#201;tienne une heure apr&#232;s, je m'engage &#224; ne plus toucher un guidon de ma vie.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;V&#233;locio, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Chroniques locales de V&#233;locio&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Le Cycliste, 1891, Source archives d&#233;partementales de la Loire, cote &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PE&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;R1328_2&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;ETAPES-NOCTURNES-1929&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='ETAPES-NOCTURNES-1929'&gt;&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TAPES&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NOCTURNES&lt;/span&gt;, 1929&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;J'ai beaucoup aim&#233; p&#233;daler la nuit, seul&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pendant nos &#233;tapes de vingt-quatre et de quarante heures, les heures nocturnes n'&#233;taient pas les moins agr&#233;ables, surtout quand la lune voulait bien se mettre de la partie...&lt;br class='autobr' /&gt;
Quoiqu'on ne puisse raisonnablement assurer que le tourisme trouve son compte dans ces &#233;tapes nocturnes et qu'un beau paysage gagne &#224; &#234;tre vu sous la p&#226;le clart&#233; qui tombe des &#233;toiles, il est incontestable que certains aspects de la Nature sont plus saisissants, &#233;clair&#233;s par la lune que par le soleil. Les hautes montagnes, par exemple, aux cr&#234;tes d&#233;chiquet&#233;es, les glaciers, les torrents qui grondent en des gorges profondes ou glissent sur les roches brillantes dans le silence de la nuit, m'ont toujours plus impressionn&#233; que le jour. Avec la lune, pas de p&#233;nombre : le clair et l'obscur se succ&#232;dent sans interruption, et cette simple diff&#233;rence d'&#233;clairage donne &#224; un paysage comme un aspect tellement chang&#233; qu'on ne le reconna&#238;t plus. Il y a plus : on se sent, la nuit, plus enclin &#224; la r&#234;verie, plus &#233;mu par le myst&#232;re des choses, plus &#233;cras&#233; par l'Infini, l'universalit&#233;, par tout cet inconnaissable &#233;ternel, dont nous avons la notion sans pouvoir nous l'expliquer. D'une nuit pass&#233;e sur la route, je suis toujours sorti, d&#232;s l'aube naissante, comme d'un r&#234;ve&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; impression bizarre qui m'&#233;treignit irr&#233;sistiblement la premi&#232;re fois, voil&#224; plus de trente ans, quand je grimpai avant le jour de Brian&#231;on au Galibier. L'esprit touristique s'alimente d'irr&#233;el aussi bien que de r&#233;el, et d'une &#233;tape nocturne il peut rapporter d'inoubliables sensations.... &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais ce n'est pas &#224; ce point de vue, peut-&#234;tre trop personnel, que les nyctocyclades, pour emprunter &#224; nos amis de Paris leur expression favorite, sont le plus recommandables. Elles nous permettent d'&#233;loigner beaucoup le but d'une excursion dominicale&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la fra&#238;cheur de la nuit nous repose des ardeurs du jour pendant les mois caniculaires&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous &#233;chappons aux dangers de la circulation diurne, de jour en jour plus intense. Ces trois principaux avantages m&#233;ritent d'&#234;tre pris en consid&#233;ration quand on &#233;tablit le plan des randonn&#233;es hebdomadaires que nous conseillons &#224; tous les s&#233;dentaires riv&#233;s au bureau, au comptoir ou &#224; l'atelier pendant toute la semaine. En partant le samedi &#224; midi pour ne rentrer que le lundi &#224; 6 heures, quitte &#224; dormir quelques heures en cours de route, aussi bien le jour que la nuit, on peut envisager des circuits de 400, 500, voire 600 kilom&#232;tres, suivant ses forces et son entra&#238;nement, qui vous feront voir pas mal de pays, tout en vous ramenant frais et dispos, si vous avez su vous bien comporter chemin faisant, surtout bien vous alimenter.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
[...]&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Cette incursion dans le domaine de l'alimentation semble nous avoir &#233;loign&#233;s des nyctocyclades&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il n'en est rien, car c'est la nuit surtout qu'il est important de bien s'alimenter, de ne jamais laisser tomber la pression&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on n'a pas, en effet, &#224; subvenir seulement &#224; la d&#233;pense musculaire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la fra&#238;cheur nocturne tend &#224; abaisser la temp&#233;rature du corps qu'il faut maintenir &#224; son niveau normal. Il faut donc avoir le sac &#224; provisions bien garni et, dans ce sac, un r&#233;cipient m&#233;tallique bien clos, contenant la valeur d'un bol de caf&#233; au lait ou de chocolat, qu'on puisse le matin, une heure avant le lever du soleil, placer sur un feu de bois, ou m&#234;me de papier, diversion aussi amusante qu'utile, seule capable de vous faire passer agr&#233;ablement les quelques heures de transition entre la nuit et le jour, heures comme on le sait, d&#233;primantes pour qui n'a pas dormi. On s'offrirait m&#234;me, apr&#232;s ce d&#233;jeuner chaud une petite sieste, que personne n'y trouverait &#224; redire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; tout serait, au contraire, pour le mieux et ce ne serait certes pas l&#224; du temps perdu pour la longueur de l'&#233;tape. L'essentiel est d'&#234;tre alors bien couvert, car la fra&#238;cheur matinale vous p&#233;n&#232;tre vite tra&#238;treusement quand on s'immobilise dans cet &#233;tat de moiteur o&#249; nous met une longue d&#233;pense d'&#233;nergie. Adoss&#233; &#224; un arbre, assis sur un morceau de bois, ou simplement sur le sol quand il &#233;tait sec, les genoux relev&#233;s et les pieds butt&#233;s, j'ai pu, envelopp&#233; compl&#232;tement dans mon imperm&#233;able, dormir une heure, m&#234;me sous une petite pluie, avant de trouver ma position incommode&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quand j'&#233;prouvais le besoin de m'&#233;tirer, je repartais, et quelques kilom&#232;tres men&#233;s bon train me remettaient sous pression. Ces instants de repos, quoique courts, sagement r&#233;partis le long d'un itin&#233;raire de quelques milliers de kilom&#232;tres, permettraient, qui sait&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? de faire des &#233;tapes non plus de quarante heures, mais d'une semaine. Je regrette de ne l'avoir pas essay&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; peut-&#234;tre le pourrais-je encore, mais on me dit de tant de c&#244;t&#233;s qu'il ne faut pas faire d'imprudence, que je ne suis plus jeune, et patati, et patata&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &lt;br class='autobr' /&gt; Enfin, il y a l&#224; une exp&#233;rience &#224; tenter&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je la l&#232;gue aux randonneurs pr&#233;sents et futurs de l'E.&#8239;S. Je suis, d'ores et d&#233;j&#224;, assur&#233; qu'ils feront par cette m&#233;thode et &#224; tr&#232;s peu de frais, le tour de France beaucoup plus vite que ne le feront en juillet prochain les as&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! les rois&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!, les g&#233;ants&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! de la route, qui arrivent p&#233;niblement &#224; la vitesse commerciale de 8 &#224; l'heure, malgr&#233; tout l'argent qu'on d&#233;pense pour leur entretien, les soins qu'on leur donne, les applaudissements qu'on leur prodigue et les dithyrambes dont les encensent Desgranges, Ravaud et tous les r&#233;dacteurs sportifs de France et de Navarre.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'important, je le r&#233;p&#232;te, pendant les haltes nocturnes, c'est de ne pas avoir froid, surtout aux pieds, qu'il suffira d'envelopper de papier et de cacher sous l'imperm&#233;able. M&#234;me quand on p&#233;dale, on ne parvient pas toujours, la nuit, &#224; se r&#233;chauffer et il m'arriva, en octobre 1901, d'attraper un gros rhume, pour avoir termin&#233; une &#233;tape assez longue qui m'avait valu plusieurs su&#233;es cons&#233;cutives, en p&#233;dalant le soir de Villefranche &#224; Lyon sur les bords de la Sa&#244;ne. Je ne pouvais, &#224; cause de l'obscurit&#233;, aller assez vite pour me r&#233;chauffer et j'aurais d&#251;, bien qu'il ne f&#238;t pas froid, rev&#234;tir mon imperm&#233;able ou changer de linge, car tous mes v&#234;tements &#233;taient humides de sueur. Au d&#233;but, l'impression de fra&#238;cheur sur l'&#233;piderme &#233;chauff&#233; par le travail du jour avait &#233;t&#233; tr&#232;s calmante, mais elle ne tarda pas &#224; devenir d&#233;sagr&#233;able et ne pouvant, par un p&#233;dalage intensif, ramener la chaleur &#224; la peau, je fus bient&#244;t lard&#233; de frissons et je payai mon imprudence par quinze jours de malaise. Donc, la nuit, couvrez-vous, m&#234;me si vous p&#233;dalez, et si vous vous arr&#234;tez, couvrez-vous davantage.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;V&#233;locio, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;&#201;tapes nocturnes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Le Cycliste, Mai-juin 1929, p.47-49, Source Archives D&#233;partementales de la Loire, cote PER1328_15&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;D-AMBERIEU-A-AMBERIEU-1898&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='D-AMBERIEU-A-AMBERIEU-1898'&gt;D'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AMB&lt;/span&gt;&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RIEU&lt;/span&gt; &#192; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AMB&lt;/span&gt;&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RIEU&lt;/span&gt;, 1898&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;La nuit, dans cette gorge, se fait plus noire malgr&#233; le clair de lune et plus froide aussi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je m'applique un journal sur la poitrine, un autre dans le dos, rel&#232;ve le col de mon veston, enfonce ma casquette jusqu'aux oreilles et vogue la gal&#232;re, en route pour la gare d'Amb&#233;rieu. &#192; Saint-Rambert, les gens se couchent, &#224; Torcieu ils sont couch&#233;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'avais pourtant un renseignement &#224; demander. Baste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! j'irai &#224; l'aventure.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;V&#233;locio, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;D'Amb&#233;rieu &#224; Amb&#233;rieu&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Le Cycliste, Ao&#251;t 1898, re-publi&#233; en 1948, R&#233;trospective p.151&#8195;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;UN-RAID-DE-600-KM-A-BICYCLETTE-1900&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='UN-RAID-DE-600-KM-A-BICYCLETTE-1900'&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;UN&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RAID&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DE&lt;/span&gt; 600 &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;KM&lt;/span&gt; &#192; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;BICYCLETTE&lt;/span&gt;, 1900&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Le ciel s'&#233;tait peu &#224; peu d&#233;barrass&#233; des nuages, les &#233;toiles brillaient et la lune nous &#233;clairait splendidement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; si j'avais &#233;t&#233; seul j'aurais probablement p&#233;dal&#233; toute la nuit et le soleil levant m'aurait trouv&#233; bien pr&#232;s de Marseille. On &#233;prouve &#224; voyager la nuit une sensation toute particuli&#232;re&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on se sent plus pr&#232;s encore de la nature, plus loin de la civilisation &#233;nervante et d&#233;primante qui nous &#233;treint et dont l'ultime stade est l'asile d'ali&#233;n&#233;s.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;V&#233;locio, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Un raid de 600 km &#224; bicyclette&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Le Cycliste, 1900, p.66 &#224; 72, Source Archives D&#233;partementales de la Loire, Per1328_7&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;VERS-LA-MEDITERRANEE-1899&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='VERS-LA-MEDITERRANEE-1899'&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;VERS&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LA&lt;/span&gt; M&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DITERRAN&lt;/span&gt;&#201;E, 1899&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;On se sent en somme entre les mains de quelqu'un plus puissant que soi et on se laisse aller, car si l'on devait toujours marcher avec la prudence pour guide on ne ferait pas du 25 et m&#234;me du 30 &#224; l'heure au clair de la lune, comme je le fais en ce moment sur une route que je ne connais ni d'&#200;ve ni d'Adam. La route est redevenue solitaire et muette, pas trop solitaire pourtant, car voici une ombre suspecte qui rase le buisson et que ma soudaine apparition a l'air de surprendre : il siffle comme pour avertir un complice. C'est assur&#233;ment un maraudeur et la vue d'une roulotte &#233;chou&#233;e un peu plus loin me confirme dans cette peu charitable pens&#233;e. Il est sept heures et j'entre &#224; Mont&#233;limar&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'ai donc abattu en une heure, arr&#234;ts compris, 23 kilom&#232;tres depuis Loriol&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il est encore trop t&#244;t pour souper, allons plus loin. J'allume ma lanterne et je traverse, selon mon habitude, tout doucement la ville : elle est peu &#233;clair&#233;e et je n'y vois goutte&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je longe un promenoir, passe devant quelques caf&#233;s et j'ai la chance d'&#234;tre rattrap&#233; par un jeune cycliste qui r&#233;pond tr&#232;s complaisamment &#224; mes demandes de renseignements. J'apprends ainsi que Donz&#232;re, le village prochain, est &#224; 14 kilom&#232;tres, qu'on y peut souper et coucher bien convenablement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; qu'Orange, que j'avais un instant esp&#233;r&#233; atteindre, est &#224; 52 kilom&#232;tres de Mont&#233;limar, que la route est constamment fort belle et qu'on y a fait r&#233;cemment une course de cent kilom&#232;tres. Je vais avoir &#224; gravir une c&#244;te assez dure dite de Bel-Air, &#224; mi-chemin de Donz&#232;re et &#224; ce propos mon compagnon me demande quel est mon d&#233;veloppement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? &#8212; En ce moment j'ai 7m,25, lui dis-je, mais j'en ai trois autres plus faibles &#224; ma disposition. &#8212; Eh bien, fait-il, je vous engage &#224; prendre le plus petit pour faire la c&#244;te de Bel-Air. Diable, murmurai-je in petto, y aurait-il vraiment sur une aussi belle route du 8 ou du 10&#8239;%&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Il doit exag&#233;rer, ce jeune homme, et il n'est pas pour rien du Midi. Il exag&#233;rait, en effet, et bien qu'un peu dure pour 7m,25 la c&#244;te de Bel-Air a c&#233;d&#233; devant la selle oscillante et les bouff&#233;es de vent favorable qui soutenaient mon &#233;lan : je l'ai sentie mais ne l'ai pas vue, ou du moins je n'ai pu me rendre compte au clair de la lune de son intensit&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; peut-&#234;tre est-ce un peu pour cela que je n'ai pas chang&#233; de multiplication. Apr&#232;s cette c&#244;te, une s&#233;rie de descentes que je d&#233;vale vraiment un peu trop vite et j'atteins quelques maisons d&#233;j&#224; plong&#233;es dans l'obscurit&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une femme est cependant l&#224; qui puise de l'eau &#224; une fontaine, je mets pied &#224; terre et lui demande d'abord si je suis bien &#224; Donz&#232;re, ensuite l'adresse d'un bon h&#244;tel. Elle m'indique l'h&#244;tel Laurent &#224; l'autre bout du village. J'y descends un instant apr&#232;s, il est 7&#8239;h.&#8239;45. 143 kilom&#232;tres me s&#233;parent d&#233;j&#224; de Saint-&#201;tienne et je crois fort que, sans les avaries survenues &#224; mon pneu, j'aurais pu coucher ce soir-l&#224; &#224; Orange &#224; 180 kilom&#232;tres de mon point de d&#233;part, ce qui e&#251;t constitu&#233; une belle &#233;tape pour une demi-journ&#233;e. C'est qu'un bon vent dans le dos est un fameux compagnon qui vous incite &#224; marcher parfois plus vite qu'il ne convient.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;V&#233;locio, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Vers la M&#233;diterran&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Le Cycliste, 1899 et 1900, p.216-22, p.243-246, p.36-41, Source Archives d&#233;partementales de la Loire, cote PER1328_6 et Le Cycliste, D&#233;cembre 1957, R&#233;trospective &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Cyclo-Alpinisme &#224; la Sainte-Baume&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;MON-RAID-PASCAL-1903&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='MON-RAID-PASCAL-1903'&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MON&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RAID&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PASCAL&lt;/span&gt;, 1903&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Avant Pierrelatte, j'allume ma lanterne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une contravention toute r&#233;cente m'a mis la puce &#224; l'oreille, et je tiens &#224; &#234;tre en r&#232;gle avec l'autorit&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je tourne Pierrelatte, dont la travers&#233;e m'est toujours d&#233;sagr&#233;able depuis un jour o&#249;, d&#233;rapant sur les mauvais pav&#233;s de sa rue &#233;troite, j'y ramassai une pelle de premi&#232;re grandeur&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; puis, derechef, sur la grand'route solitaire, je me h&#226;te&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; sans pr&#233;cipitation, car je n'ose, d&#232;s qu'il fait nuit, maintenir les vives allures, vers l'arc de triomphe de Marius. La lune se h&#226;te aussi vers le c&#244;ne d'ombre qui doit l'engloutir cette nuit et jette sur le sol, en traits noirs, les torsions fr&#233;n&#233;tiques des branches sous les violentes pouss&#233;es du mistral. Depuis la croisi&#232;re de Boll&#232;ne un train me poursuit : arriverai-je avant lui au passage &#224; niveau de Mondragon&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Je m'imagine que les deux compagnons que j'ai laiss&#233;s derri&#232;re moi sont dans ce train et vont en passant inspecter la route. Il serait bien que je puisse r&#233;pondre : pr&#233;sent. J'en suis pour mes frais d'imagination&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le train me br&#251;le la politesse. Mondragon, Mornas, Piolenc, trois petits villages noy&#233;s d'ombre, se succ&#232;dent &#224; courts intervalles et ma vitesse se ralentit encore. Un coude soudain de la route vers le Nord-Ouest me permet de juger de la force du vent et de l'agr&#233;ment qu'on aurait &#224; remonter la vall&#233;e au lieu de la descendre. Avec 7m,25, il faut se coucher &#224; plat ventre sur le guidon faire jouer la selle oscillante et saisir les poign&#233;es basses du double guidon, pour franchir ce passage.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
[...Digression technique sur le guidon...]&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Ainsi, le temps passe sur la route quand on est seul &#224; discuter avec soi-m&#234;me et les kilom&#232;tres se d&#233;vident sans qu'on s'en aper&#231;oive.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au loin, brillent maintenant les premiers feux d'Orange&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la masse noire de l'arc de triomphe se dresse devant moi &#224; 20&#8239;h.&#8239;45.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;V&#233;locio, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Mon Raid Pascal&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Le Cycliste, Avril 1903, p. 65-77&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;NOEL-1904&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='NOEL-1904'&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NO&lt;/span&gt;&#203;L, 1904&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Les jours sont courts &#224; la No&#235;l et la nuit s'approche &#224; grands pas, mais je suis au Pouzin avant elle et, d&#233;sormais, sur routes connues, je marcherai sans pr&#233;occupation. &#192; Beauchastel, j'allume ma lanterne &#224; ac&#233;tyl&#232;ne, d'un type tr&#232;s ordinaire mais qui, depuis 18 mois, me fait un excellent service. En fait de lanterne, j'ai tout essay&#233; et je m'en tiens finalement &#224; l'ac&#233;tyl&#232;ne qui exige un peu plus de soins qu'un lampion &#224; bougie par exemple, mais qui est aussi bien plus &#233;clairante et plus s&#251;re contre le vent, bien que j'aie supprim&#233; le verre et que j'aille toujours flamme nue.&lt;br class='autobr' /&gt;
La nuit, une nuit noire, sans lune et m&#234;me sans &#233;toiles, m'enveloppe, mon allure se ralentit et le froid me parait d'autant plus vif que je m'&#233;chauffe moins en p&#233;dalant. Cercle vicieux qui interdit presque les &#233;tapes vesp&#233;rales en hiver&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; car &#224; la fin d'une journ&#233;e pendant laquelle on s'est mis plus ou moins en moiteur, il est dangereux de se laisser surprendre par le froid, faute de pouvoir r&#233;agir par l'exercice. Aller vite, c'est s'exposer aux accidents&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; aller lentement, c'est s'exposer aux refroidissements. Conclusion : je m'arr&#234;terai &#224; Tournon, Sarras ou Andance, et je ne rentrerai que le lendemain matin.&lt;br class='autobr' /&gt;
La route de la rive gauche, beaucoup plus large et plus d&#233;serte, se pr&#234;te mieux &#224; la vitesse, m&#234;me la nuit, mais il y a de ce c&#244;t&#233;-ci trop de villages et trop de circulation. L'attention de tous les instants avec laquelle il faut tenir les regards fix&#233;s &#224; 25 ou 30 m&#232;tres devant soi finit par &#234;tre fatigante, et cependant la moindre distraction peut vous jeter sur un obstacle. J'ai ainsi failli aborder un immense char de foin qui, entrant soudainement dans la zone de lumi&#232;re, me fit l'effet d'un mur barrant la route&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; des passants dont je n'apercevais le dos qu'au moment o&#249; eux-m&#234;mes, surpris par la clart&#233;, se retournaient, se jetaient devant moi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; enfin, dans Tournon je heurtais l'arri&#232;re d'un char-&#224;-bras qui se baladait sur la route. J'allais tr&#232;s lentement : il n'y eut ni morts ni bless&#233;s, mais bien qu'il ne f&#251;t que 18 heures et demie et que j'eusse bien pu p&#233;daler encore une heure et arriver &#224; Andance, je m'arr&#234;tai &#224; l'h&#244;tel de l'Assurance.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;V&#233;locio, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Randonn&#233;es hivernales (No&#235;l)&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Le Cycliste, 1904, p.32-36, Source Archives D&#233;partementales de la Loire, cote PER1328_8&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;NOEL-AU-SOLEIL-1905&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='NOEL-AU-SOLEIL-1905'&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NO&lt;/span&gt;&#203;L &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AU&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SOLEIL&lt;/span&gt;, 1905&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Supposant &#8212; mais j'ai &#233;t&#233; cette fois cruellement d&#233;tromp&#233; &#8212; que l'hiver, dans le Midi, &#233;tait toujours plus cl&#233;ment que dans nos montagnes, le 23&#160;d&#233;cembre dernier, je tournais vers Marseille les guidons de ma bicyclette no&#8239;5, impatiente de terminer ses &#233;preuves par un grand voyage. Je n'allais pas seulement vers le soleil, j'allais vers des compagnons de route que leur &#233;loignement ne me permet pas de rencontrer aussi souvent que je le voudrais, vers des sites que je ne me lasse pas de revoir. &#192; 6 heures, je me mis en route par un l&#233;ger clair de lune qui rev&#234;tait d'un charme particulier les bois blancs de givre et les rochers noirs. Un froid de loup, mais heureusement pas de bise. Je grimpai avec 2m,40, afin de ne pas &#234;tre en moiteur en abordant la longue descente, et j'atteignis &#224; 7 heures le col des grands bois.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
[..]&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;L'heure marchait, et Carry-le-Rouet, o&#249; nous devions passer la nuit, &#233;tait encore &#224; quelque 40 kilom&#232;tres. Nous nous h&#226;t&#226;mes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; Velaux, Rognac, Marignane, o&#249; l'on garnit d'eau les lanternes, d&#233;fil&#232;rent rapidement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous e&#251;mes un superbe coucher de soleil sur l'&#233;tang de Berre. D&#232;s que nous f&#251;mes engag&#233;s dans les sinuosit&#233;s du massif de l'Estaque, la nuit se fit plus noire et nos lanternes allum&#233;es fouill&#232;rent les bois de pins maritimes, de leurs vives lueurs. Nous marchions de front sur la route d&#233;serte et l'on y voyait comme en plein jour&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais quand la descente commen&#231;a, M.&#8239;D. passa devant et nous all&#226;mes &#224; quelque distance l'un de l'autre, sans que le moindre bruit r&#233;v&#233;l&#226;t notre pr&#233;sence, telles deux ombres pr&#233;c&#233;d&#233;es de feux follets. J'&#233;prouve toujours une &#233;trange sensation &#224; descendre la nuit dans les bois&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mon &#234;tre se d&#233;double : une partie s'envole et plane je ne sais dans quelle r&#233;gion de l'au del&#224;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'autre partie malheureusement, reste en &#233;quilibre tr&#232;s instable sur la bicyclette, somnole et risque de choir dans le foss&#233;. Ce soir-l&#224;, il ne m'arriva pourtant rien de f&#226;cheux. Les &#233;clairs du phare du Planier trouaient l'obscurit&#233; et venaient fouetter, selon les hasards des &#233;claircies la cime ou le pied des pins.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;V&#233;locio, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;No&#235;l au soleil&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Le Cycliste, d&#233;cembre 1905, Page 224 &#224; 230, Source Archives D&#233;partementales de la Loire, cote PER1328_8&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;CURE-DE-PRINTEMPS-1910&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='CURE-DE-PRINTEMPS-1910'&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CURE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PRINTEMPS&lt;/span&gt;, 1910&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Je m'arr&#234;tai &#224; Pierrelatte le temps d'&#233;crire une carte postale et, en avant pour Orange, &#224; 31 kilom&#232;tres de l&#224; : j'y arrivai &#224; 18&#8239;h.&#8239;30&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la nuit &#233;tait proche, je pr&#233;parai ma lanterne &#224; ac&#233;tyl&#232;ne que j'allumai &#224; 19&#8239;heures &#224; Courthezon, histoire d'&#234;tre en r&#232;gle avec la mar&#233;chauss&#233;e, car la lune en son plein dans un ciel sans nuage suffisait &#224; m'&#233;clairer.. Aussi je pus laisser couler l'eau avec une telle parcimonie que ma lanterne, une Favorit, du type le plus r&#233;duit que l'on trouve sur le march&#233;, dura toute la nuit, c'est-&#224;-dire 10 heures, sans recharge.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;V&#233;locio, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Cure de printemps&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Le Cycliste, Avril 1910, p. 63 &#224; 72, Source Archives D&#233;partementales de la Loire, cote PER1328_11&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;COL-DU-ROUSSET-FORET-DE-LENTE-1919&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='COL-DU-ROUSSET-FORET-DE-LENTE-1919'&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;COL&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DU&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ROUSSET&lt;/span&gt; &#8211; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FOR&lt;/span&gt;&#202;T &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LENTE&lt;/span&gt;, 1919&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Avec &#231;&#224; on peut attaquer le col du Rousset qui, d'ailleurs, n'est pas m&#233;chant. Il est 21 heures et demie, la lune est naturellement absente, mais la route se laisse voir ou plut&#244;t deviner. J'ouvre la marche. Je ne dirai pas combien de fois j'ai d&#251; mettre pied &#224; terre pr&#233;cipitamment &#224; la joie de mes compagnons qui, ne pouvant se rattraper sur le paysage, s'amusaient aux bagatelles, peu respectueux pour leur doyen. Nous voici pourtant &#224; Saint-Agnan, brillamment &#233;clair&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un peu plus loin devant un obstacle soudain, je vire brusquement et me trouve entre les cornes d'un &#233;norme ruminant qui ne s'en fait pas un pouce, pendant que je roule avec ma bicyclette dans le foss&#233;. Que diable font-ils sur les routes, &#224; 23 heures, ces animaux-l&#224;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s le Rousset, tr&#232;s &#233;clair&#233; aussi, nous nous trouvons en pr&#233;sence de deux routes, la nouvelle qui se d&#233;gage &#224; droite, et l'ancienne qui s'enl&#232;ve &#224; gauche par deux vifs lacets que je connais de vieille date pour y avoir fait une belle chute. On d&#233;lib&#233;ra et on consulta m&#234;me la carte &#224; la lueur d'une bougie. Cette nouvelle route mal indiqu&#233;e, semble se diriger vers La Chapelle ou vers Vassieux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je conseille de prendre l'ancienne, &#224; gauche, et je file toujours en t&#234;te sur un sol qui d'hectom&#232;tre en hectom&#232;tre devient de plus en plus chaotique, &#224; tel point que je finis par ne plus savoir entre quoi se faufilent mes roues. Tous, nous mettons pied &#224; terre pour franchir des troncs d'arbre, d'&#233;normes pierres, des tas de sable, bref une route d&#233;class&#233;e. Nous aurions d&#251; prendre &#224; droite et nous aurions roul&#233; sur un sol tr&#232;s convenable&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous nous en apercevons quand par un angle aigu nous d&#233;bouchons enfin sur la nouvelle route.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette erreur augmente notre retard d'une bonne demi-heure, mais nous n'en sommes plus &#224; cela pr&#232;s. Un peu plus t&#244;t, un peu plus tard, nous allons s&#251;rement trouver close la porte du refuge.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'entr&#233;e du tunnel, la lune enfin &#8212; mieux vaut tard que jamais &#8212; nous inonde de sa p&#226;le clart&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le coup d'&#339;il est saisissant et, somme toute, cette promenade nocturne dans un site que nous n'avons jamais vu qu'en plein jour, nous a laiss&#233; un souvenir agr&#233;able. On allume un falot et &#224; la queue leu-leu, &#224; pied, nous pataugeons dans la boue visqueuse&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; seul &#201;mile C. p&#233;dale sans d&#233;raper sur le sol glissant avec une tranquille assurance que j'admire. Je n'ai fait qu'une fois ces 600 m&#232;tres &#224; bicyclette et j'ai bien jur&#233; qu'on ne m'y reprendrait plus. C'&#233;tait en ao&#251;t 1905, le jour o&#249; je plantai ce jalon Saint-&#201;tienne au col du Rousset en 8 heures, que Thorsonnax consolida et compl&#233;ta en 1907 par Saint-&#201;tienne&#8239;&#8211;&#8239;col du Rousset et retour (320 kilom&#232;tres) en 17 heures, tout arr&#234;t inclus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ah&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! nous en sommes loin aujourd'hui de ce record&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Nous sommes partis &#224; onze heures et il est minuit exactement quand nous d&#233;bouchons du tunnel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Heureuse surprise&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Au refuge tout le monde est debout et j'ai le grand plaisir de revoir en bonne sant&#233; le cantonnier et sa femme, de bien anciennes connaissances qui datent de mes d&#233;buts de cyclotouriste, car le col du Rousset fut un des premiers buts des randonn&#233;es de l'E.&#8239;S. J'ai retrouv&#233; aussi cette divine clairette que mes compagnons &#8212; sauf cependant l'incorruptible v&#233;g&#233;tarien &#201;mile C... &#8212; go&#251;t&#232;rent, volontiers et trouv&#232;rent d&#233;licieuse. Du pur jus de raisins muscats non ferment&#233; ou si peu, qu'on peut l'accepter comme vin sans alcool.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; minuit, par un beau clair de lune, on a de l&#224;-haut sur la vall&#233;e de la Dr&#244;me et sur les hautes montagnes qui l'entourent et dont les ar&#234;tes s'estompent dans une bu&#233;e lumineuse, une vue assez impr&#233;cise&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on ne sait trop devant quoi l'on se trouve et, chez ceux qui viennent l&#224; pour la premi&#232;re fois, l'impression est moins saisissante qu'en plein jour.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;V&#233;locio, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Trois exp&#233;riences&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Le Cycliste, Juin-Juillet 1919, p. 69-74, Source Archives D&#233;partementales de la Loire, cote PER1328_13&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;RANDONNEES-EXPERIMENTALES-1921&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='RANDONNEES-EXPERIMENTALES-1921'&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RANDONN&lt;/span&gt;&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ES&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EXP&lt;/span&gt;&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RIMENTALES&lt;/span&gt;, 1921&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Pas de lune et ciel nuageux, nuit d'un noir d'encre par cons&#233;quent&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'avais une bonne vieille lanterne qui me sert depuis quinze ans et qui se comporta bien jusqu'&#224; Bourg-Argental o&#249; elle s'&#233;teignit parce que j'avais eu le tort de la garnir de ce carbure granul&#233; tr&#232;s fin qu'on vend partout et qui, sous l'influence des tr&#233;pidations incessantes, saute tant et si bien qu'il finit par former une couche de chaux imperm&#233;able &#224; l'eau, au-dessus des grains encore intacts. Je n'ai jamais souffert de cet inconv&#233;nient quand j'ai employ&#233; du carbure cass&#233; en gros morceaux, lesquels attaqu&#233;s successivement, me fournissent toujours 3 &#224; 4 heures de lumi&#232;re. Or, des Tours &#224; Bourg-Argental, on ne compte que 16 kilom&#232;tres, qui ne m'avaient pas retenu plus d'une heure, bien que je fusse all&#233; tr&#232;s prudemment. Sans feu, je redoublais naturellement de prudence, mais je constatais bient&#244;t que, mes yeux s'habituant &#224; l'obscurit&#233; &#8212; peut-&#234;tre aussi l'aube commen&#231;ait-elle &#224; se dessiner &#8212; je voyais mieux la route et que j'allais de plus en plus vite, si bien que les 26 kilom&#232;tres qui me s&#233;paraient l&#224; des bords du Rh&#244;ne furent b&#226;cl&#233;s en une heure et quart.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;V&#233;locio, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Randonn&#233;es exp&#233;rimentales&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Le Cycliste, Sept 1921, p.65-70, Source Archives D&#233;partementales de la Loire, cote &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IJ871&lt;/span&gt;/3&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;MEETINGS-1927&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='MEETINGS-1927'&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MEETINGS&lt;/span&gt;, 1927&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Le meeting fut tr&#232;s anim&#233; et tr&#232;s gai&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la pr&#233;sence de plusieurs dames lui apportait un charme de plus, mais la nuit pass&#233;e &#224; la belle &#233;toile me laissait un peu somnolent, et mes amis de Maillane qui m'offrirent comme toutes les ann&#233;es une bien cordiale hospitalit&#233;, ont d&#251; me trouver le soir souffrant de fatigue anormale. En r&#233;alit&#233;, je tombais de sommeil et je ne referai d'&#233;tape nocturne qu'&#224; la condition de pouvoir me reposer quelques heures &#224; l'arriv&#233;e. Mais combien cette nuit, malgr&#233; le mistral, avait &#233;t&#233; agr&#233;able : la lune bleuissait les lointains, les montagnes de l'Ard&#232;che qui, sous la lumi&#232;re brutale du jour, semblent de loin encore plus arides, plus s&#232;ches qu'elles ne le sont, apparaissaient nimb&#233;es de vaporeuses clart&#233;s qui en dissimulaient l'&#226;pret&#233; et leur pr&#234;taient un charme inattendu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et quelle joie d'avoir &#224; soi toute la route, de n'y &#234;tre g&#234;n&#233; par personne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; peine avons-nous rencontr&#233;, de Valence &#224; Orange, une demi-douzaine d'autos. Apr&#232;s Donz&#232;re, le vent nous prenant nettement en poupe et le sol &#233;tant merveilleusement roulant, je regrettai de n'avoir pas au moins 8 m&#232;tres &#224; ma disposition. Mais je n'ai sur ma bicyclette Ballon que deux d&#233;veloppements, 6&#8239;m. et 3&#8239;m. 60, et je dus me contenter de filer &#224; 40 &#224; l'heure.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'avais eu l'envie de faire une &#233;tape nocturne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'ai &#233;t&#233; servi &#224; souhait : temps superbe vent favorable, route excellente sauf quelques kilom&#232;tres de Lapalud &#224; Piolenc, de bons compagnons de route, une excellente monture munie de pneus &#224; grand rendement et &#224; tr&#232;s grand confortable&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je ne pouvais rien d&#233;sirer de mieux et je suis entr&#233; ainsi &#224; toutes p&#233;dales dans ma 75&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; ann&#233;e. J'ai &#233;t&#233; bl&#226;m&#233;, mais que voulez-vous&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Qui a bu boira, qui a randonn&#233; randonnera.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'an septante et cinq de mon &#226;ge&lt;br class='autobr' /&gt;
Me voici, ni plus ni moins sage&lt;br class='autobr' /&gt;
Que ne je fus en mon printemps,&lt;br class='autobr' /&gt;
Et jamais, las&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! je le comprends.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand je devrais vivre cent ans,&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne le serai davantage&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;V&#233;locio, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Meetings, Le Cycliste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, 1927, p.55-57, Source Archives D&#233;partementales de la Loire, cote PER1328_15&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;EXCURSIONS-DU-CYCLISTE-JANVIER-FEVRIER-1929&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='EXCURSIONS-DU-CYCLISTE-JANVIER-FEVRIER-1929'&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EXCURSIONS&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DU&lt;/span&gt; &#8220;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CYCLISTE&lt;/span&gt;&#8221;, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;JANVIER&lt;/span&gt; F&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;VRIER&lt;/span&gt; 1929&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;C'&#233;tait une nuit de pleine lune, claire, froide, calme. Le mistral s'&#233;tait transform&#233; en une brise l&#233;g&#232;re qui, de tout le jour, nous g&#234;na peu. Bient&#244;t les deux jeunes Chemineaux prirent la t&#234;te et je ne les revis plus que le lendemain &#224; Saint-&#201;tienne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils &#233;taient rentr&#233;s par Givors, en treize heures, sans incident. Nous &#233;tions arriv&#233;s ensemble au sommet de la petite c&#244;te de 3&#8239;km. par o&#249; l'on s'&#233;loigne de la Trappe, mais &#224; la descente, malgr&#233; le beau clair de lune, je ne tardai pas &#224; rester bon dernier, et quand j'arrivai &#224; Allan, Dumas et Martin demandaient &#224; M.&#160;le Cur&#233;, qu'ils avaient par chance trouv&#233; fermant son &#233;glise, la route de Mont&#233;limar&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils avaient &#233;t&#233; sur le point de filer sur celle d'Espeluche&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Avant Mont&#233;limar j'eus quelques difficult&#233;s avec la pile de ma lampe de poche et nous ne quitt&#226;mes cette ville qu'&#224; 4 heures, &#233;tant partis de l'h&#244;tellerie &#224; 2 heures du matin. L'allure, heureusement, allait s'accentuer et nous pr&#238;mes nos dispositions de combat. Martin, qui s'&#233;tait charg&#233; de 12&#8239;kg. de chocolat, sous pr&#233;texte que celui qu'on vend &#224; la Trappe est meilleur que celui du commerce et qu'il co&#251;te 5 francs de moins par kilo, voulut marcher &#224; sa guise et demanda qu'on ne s'occup&#226;t pas de lui : il avait une bonne lanterne, une vaste p&#232;lerine qui le tenait &#224; l'abri du froid, mais qui devait l'handicaper terriblement, rien ne lui manquait. Je ne pouvais en dire autant. Je n'avais qu'une lampe de poche accroch&#233;e &#224; ma boutonni&#232;re, qui, suffisante pour les gendarmes, ne l'&#233;tait pas &#224; m'&#233;clairer&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la lune avait rapidement d&#233;clin&#233; et pass&#233; derri&#232;re les nuages&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle ne pouvait plus m'&#234;tre utile et ma myopie me g&#234;ne encore plus la nuit que le jour&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; seul, je ne pouvais raisonnablement marcher qu'&#224; 15 &#224; l'heure. Dumas, heureusement pour moi, a de bons yeux et une bonne lanterne qui projette sa lueur plus &#224; gauche qu'&#224; droite. Je le suis &#224; cinq ou six m&#232;tres, il tient la droite de la route, moi le milieu et nous pouvons ainsi filer &#224; la bonne moyenne commerciale de 20 &#224; l'heure, si bien que nous sommes &#224; Valence, devant, la gare, &#224; 6&#8239;h.&#8239;25&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les Chemineaux venaient d'en partir, nous les manqu&#226;mes de cinq minutes. Nous demand&#226;mes un caf&#233; au lait, des croissants et nous allions repartir &#224; 7 heures, quand nous f&#251;mes agr&#233;ablement surpris de voir arriver notre ami Martin sur son cargo-boat et sous sa p&#232;lerine qui lui aurait servi de voile si le vent avait &#233;t&#233; favorable, mais c'&#233;tait juste le contraire.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;V&#233;locio, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Excursions du &#8220;Cycliste&#8221;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Le Cycliste, janvier-f&#233;vrier 1929, p. 5-10, Source Archives D&#233;partementales de la Loire, cote PER1328_15&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8195;&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;PENTECOTE-AU-VENTOUX-1929&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='PENTECOTE-AU-VENTOUX-1929'&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PENTEC&lt;/span&gt;&#212;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AU&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;VENTOUX&lt;/span&gt;, 1929&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Le soleil d&#233;clinait rapidement et quelques-uns nous avaient d&#233;j&#224; quitt&#233;s, quand le gros de la troupe qui comptait une bonne douzaine de cyclotouristes, de Maillane, d'Arles, de Montpellier, d'Avignon et autres lieux, s'&#233;branla. Nous filions bon train, et la jeune Th&#233;r&#232;se R..., que ni la mont&#233;e, ni la descente du Ventoux qu'elle venait d'aborder pour la premi&#232;re fois n'avaient fatigu&#233;e, p&#233;dalait avec plus d'ardeur que jamais, tout comme les meilleures p&#233;dales du groupe que&#8239;M.&#8239;H..., de Montpellier, emmenait parfois &#224; 30 &#224; l'heure, quand mon pneu arri&#232;re s'affaisse&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on remplace la chambre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il faut recommencer apr&#232;s un kilom&#232;tre : on remplace la chambre de nouveau et je puis arriver &#224; Carpentras, mais &#224; plat derechef. Un troisi&#232;me d&#233;montage s'impose aupr&#232;s d'une fontaine monumentale o&#249; l'on v&#233;rifie les deux chambres. On les r&#233;pare soigneusement, et cette fois cela tiendra, cela tient m&#234;me encore. Seulement le soleil s'est couch&#233; et la nuit va nous envelopper. Or, la nuit, avec mes faibles yeux de myope, quand je dois voyager de compagnie et suivre des ombres que je risque de perdre de vue, c'est un handicap qui m'enl&#232;ve la moiti&#233; de mes moyens&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la lune m&#234;me qui, au z&#233;nith, va nous &#233;clairer magnifiquement, aggravera ma situation, car elle rendra les routes &#233;troites o&#249; nous allons nous engager, tant&#244;t claires, tant&#244;t obscures, tant&#244;t ray&#233;es de bandes noires et de bandes blanches, selon la disposition des arbres qui les bordent. D'o&#249; une tension d'esprit fatigante. Nous avons perdu encore une demi-heure avant d'obtenir &#224; Carpentras, des flambeaux ou des lampes &#233;lectriques pour tout le monde, &#224; cause des gendarmes qui s&#233;vissent parait-il dans la r&#233;gion. Bref, il est 21 heures et nous avons &#224; &#233;grener encore 40&#8239;km. par Pernes, Velleron, Le Thor, Caumont, Noves et Ch&#226;teaurenard, pour atteindre l'hospitali&#232;re demeure de nos amis R..., &#224; Maillane. Je sens que je vais retarder tout le monde, et le simple bon sens me commande de passer tranquillement la nuit &#224; Carpentras ou &#224; Pernes, mais le simple bon sens qui n'est que la froide raison, n'a pas voix au chapitre aujourd'hui. Et me voil&#224; embarqu&#233; pour une nyctocyclade qui n'a pas &#233;t&#233; sans charme, ni sans impr&#233;vu : un clou qui perfora le pneu de mon voisin d&#232;s la sortie de Pernes, s&#233;para du gros de la troupe, l'arri&#232;re-garde o&#249; j'&#233;tais et qui ne comptait que quatre St&#233;phanois, dont un jeune homme r&#233;sidant &#224; Saint-R&#233;my depuis un an et qui se fit fort de nous amener &#224; Maillane &#224; travers le d&#233;dale des routes enchev&#234;tr&#233;es qui sillonnent les fertiles plaines du Vaucluse et des Bouches-du-Rh&#244;ne. Nous nous confi&#226;mes &#224; ce pilote improvis&#233; et nous voil&#224; roulant &#224; la queue leu-leu &#224; travers la campagne silencieuse et d&#233;j&#224; solitaire. Il &#233;tait facile de s'&#233;garer et nous n'y manqu&#226;mes pas&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous n'&#233;tions pas les seuls. Pr&#232;s du Thor, nous trouvons une auto arr&#234;t&#233;e qui nous demande o&#249; elle est et o&#249; il lui serait possible de trouver un h&#244;tel. Nous &#233;tions bien incapables de lui r&#233;pondre, mais de l'ombre s'&#233;l&#232;ve tout &#224; coup une voix qui donne le renseignement demand&#233;. Eh&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! les routes ne sont pas si solitaires que nous le pensions&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Avant Caumont, nous bafouillons en plein, et notre guide va se renseigner &#224; son tour dans un mas o&#249; brille encore une lumi&#232;re. Nous en sommes quittes pour quelques kilom&#232;tres de rabiot. Enfin, aux portes m&#234;me de Maillane, nous palabrions devant les inscriptions &#224; demi effac&#233;es d'une plaque indicatrice, quand deux noctambules que nous pr&#238;mes l'abord pour des gendarmes, surviennent et nous renseignent. Quelques minutes plus tard, nous entrions chez nos amis R... qui, arriv&#233;s depuis une heure, se demandaient ce que nous &#233;tions devenus. Il &#233;tait minuit et, somme toute, cette promenade nocturne o&#249; l'on p&#233;dalait sans savoir o&#249; l'on &#233;tait, ni si l'on arriverait quelque part et o&#249;, n'avait pas &#233;t&#233; sans agr&#233;ment, &#224; tel point que mes trois compagnons qui avaient encore six kilom&#232;tres &#224; faire pour atteindre Saint-R&#233;my, ne r&#233;pugnaient pas &#224; l'id&#233;e de p&#233;daler ainsi jusqu'au jour.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;V&#233;locio, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Pentec&#244;te au Ventoux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Le Cycliste, mai-juin 1929, p. 42-45, Source Archives D&#233;partementales de la Loire, cote PER1328_15&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;EXCURSIONS-DU-CYCLISTE-MARS-AVRIL-1929&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='EXCURSIONS-DU-CYCLISTE-MARS-AVRIL-1929'&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EXCURSIONS&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DU&lt;/span&gt; &#8220;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CYCLISTE&lt;/span&gt;&#8221;, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MARS&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AVRIL&lt;/span&gt; 1929&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Vous eussiez ri &#224; me voir, un moment apr&#232;s notre s&#233;paration, errer dans les rues de Graveson brillamment &#233;clair&#233;es, en qu&#234;te d'un habitant matinal ou d'une lumi&#232;re m'indiquant qu'il y avait au moins quelqu'un d'&#233;veill&#233; et capable de m'indiquer mon chemin. Tout Graveson dormait d'un sommeil de plomb&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais la nature vint &#224; mon secours : le mistral se levait, qui devait arr&#234;ter &#224; Orange mes vell&#233;it&#233;s de rentrer enti&#232;rement par la route. Ma direction &#233;tait face au nord, donc face au mistral : apr&#232;s deux ou trois erreurs je trouvai une petite route, bord&#233;e d'une rigole d'irrigation, qui m'amena presque &#224; Barbentane. Le jour naissant me permit enfin de reconna&#238;tre les alentours, et je venais de traverser la Durance sur l'interminable pont de Rognonas, quand je croisai deux cyclotouristes de chez nous, pesamment charg&#233;s, avec bagages &#224; l'avant et &#224; l'arri&#232;re de leur bicyclette Chemineau, et sacs d'alpinistes sur le dos. Ils allaient &#224; Frigolet, &#224; Maillane, aux Baux et autres lieux int&#233;ressants et ils avaient emport&#233; tout le mat&#233;riel n&#233;cessaire au campement. Comme cette question est en ce moment &#224; l'ordre du jour du Cycliste, je les prierai de nous y faire conna&#238;tre le r&#233;sultat de leur essai.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;V&#233;locio, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Excursions&#8239;du &#8220;Cycliste&#8221;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Le Cycliste, Mars Avril 1929, p.30, Source Archives D&#233;partementales de la Loire, cote PER1328_15&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pendant l'Hiver (man&#232;ge Lyon)</title>
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		<dc:date>2023-09-30T11:40:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Avant 1900</dc:subject>
		<dc:subject>Lyon</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pendant l'hiver. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mettre &#224; profit les quelques mois de mauvais temps pendant lesquels la route n'est gu&#232;re praticable, pour apprendre &#224; monter et se perfectionner au Man&#232;ge dans l'art de p&#233;daler, n'est pas sot du tout et c'est ce que pensent faire cet hiver bien des personnes qui se trouveront ainsi, d&#232;s les premiers beaux jours, aptes aux longues excursions. L'&#233;cole de cyclitation de la maison Singer, 5, rue Vend&#244;me, &#224; Lyon, dirig&#233;e avec tant de tact et de comp&#233;tence par un excellent&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?rubrique56" rel="directory"&gt;Man&#232;ges&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;Avant 1900&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot37" rel="tag"&gt;Lyon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pendant l'hiver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mettre &#224; profit les quelques mois de mauvais temps pendant lesquels la route n'est gu&#232;re praticable, pour apprendre &#224; monter et se perfectionner au Man&#232;ge dans l'art de p&#233;daler, n'est pas sot du tout et c'est ce que pensent faire cet hiver bien des personnes qui se trouveront ainsi, d&#232;s les premiers beaux jours, aptes aux longues excursions.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;cole de cyclitation de la maison Singer, 5, rue Vend&#244;me, &#224; Lyon, dirig&#233;e avec tant de tact et de comp&#233;tence par un excellent professeur, continuera donc &#224; &#234;tre cet hiver le rendez-vous des &#233;l&#232;ves de la meilleure soci&#233;t&#233;. Les personnes &#226;g&#233;es, les dames, les jeunes filles, les eccl&#233;siastiques, y sont l'objet d'attentions particuli&#232;res et le man&#232;ge peut, &#224; de certaines heures, &#234;tre r&#233;serv&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le vaste hall de 600 m&#232;tres carr&#233;s offre aux d&#233;butants une s&#233;curit&#233; absolue et facilite singuli&#232;rement les premiers pas, &#224; tel point qu'il suffit souvent de deux le&#231;ons pour qu'un &#233;l&#232;ve puisse aller seul.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;l&#233;ments turbulents du cyclisme en sont exclus, et l'Ecole de cyclitation Singer qui entend bien rester &#233;cole (une &#233;cole o&#249; seule la bonne m&#233;thode sera enseign&#233;e) et ne pas devenir &#233;tablissement d'exhibitions et de plaisirs, est tout indiqu&#233;e comme lieu de r&#233;union des cyclistes s&#233;rieux et plus particuli&#232;rement des touristes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le tramway Perrache-t&#234;te d'Or s'arr&#234;te &#224; la porte du man&#232;ge et le met ainsi en communication rapide avec tous les points de la ville&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le voisinage du Parc permet aux d&#233;butants de se familiariser sans aucun danger avec la route et de faire d'agr&#233;ables promenades. Un vestiaire, des placards, un garage et un atelier de r&#233;paration bien agenc&#233; y sont &#224; la disposition des clients et des visiteurs&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les journaux cyclistes, les cartes, les collections de journaux et de catalogues depuis dix ans, si int&#233;ressantes &#224; consulter pour les amateurs passionn&#233;s s'y trouvent &#233;galement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin un bel assortiment de tricycles et de bicyclettes Singer des derniers mod&#232;les, qui sont incomparablement les meilleures machines du monde, scintille dans le magasin sous les yeux des acheteurs charm&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'allais oublier le plus important&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la modicit&#233; du prix des le&#231;ons et de l'abonnement au man&#232;ge.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une s&#233;rie (cinq le&#231;ons) 20 francs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abonnement au man&#232;ge 60 francs par an (l'abonnement donne droit &#224; l'usage du man&#232;ge tous les jours de 2 heures &#224; 8 heures du soir).&lt;br class='autobr' /&gt;
La location de bicyclettes est consentie seulement aux clients de la maison et &#224; des conditions exceptionnelles, et lorsqu'on se d&#233;cide &#224; acheter une machine Singer le montant des le&#231;ons est d&#233;duit du prix net d'achat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; bien des avantages r&#233;unis et il n'y a rien d'&#233;tonnant &#224; voir, de jour en jour, la client&#232;le de la maison Singer, fond&#233;e depuis six mois &#224; peine, s'&#233;tendre &#224; Lyon au point de susciter d&#233;j&#224; la jalousie de ses concurrents.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pendant les f&#234;tes de P&#226;ques (1897)</title>
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		<dc:date>2022-05-25T18:26:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Avant 1900</dc:subject>
		<dc:subject>polymultipli&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Lyon</dc:subject>
		<dc:subject>Saint-Etienne</dc:subject>
		<dc:subject>1897</dc:subject>
		<dc:subject>Randonn&#233;e Pascale</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Malgr&#233; mes pneumatiques, gonfl&#233;s sans doute &#224; l'exc&#232;s, je trouve, comme toujours, d&#233;testable l'interminable pav&#233; de Vaise aux Brotteaux, et je r&#233;clame, in petto, des trottoirs &#224; l'usage des cyclistes &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nos petits-neveux en auront s&#251;rement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; que n'auront-ils pas ces gaillards-l&#224; &#224; qui nous pr&#233;parons un si bel avenir.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?rubrique35" rel="directory"&gt;1896-1900 P&#233;riode h&#233;ro&#239;que&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;cyclotourisme, cyclocamping&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;Avant 1900&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;polymultipli&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot37" rel="tag"&gt;Lyon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot38" rel="tag"&gt;Saint-Etienne&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot89" rel="tag"&gt;Randonn&#233;e Pascale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Paul de Vivie alias V&#233;locio, Le Cycliste, 1897, Source Archives d&#233;partementales de la Loire, cote &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PER1328&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne viens pas conter de grands exploits, n'ayant pendant les f&#234;tes de P&#226;ques travers&#233; ni les Pyr&#233;n&#233;es, ni les Alpes, mais j'ai maintes fois remarqu&#233; qu'en un r&#233;cit d'excursion cycliste, ce qui int&#233;resse le plus un cycliste naturellement, ce sont les &#224;-c&#244;t&#233; du voyage, les incidents particuliers &#224; notre mode de locomotion, les r&#233;flexions n&#233;es soudainement en cours de route &#224; propos de tels et tels d&#233;tails de nos v&#233;hicules, r&#233;flexions qui en am&#232;nent d'autres chez le lecteur perspicace. Dans cet ordre d'id&#233;es, une simple excursion de 200 kilom&#232;tres autour de Lyon et de Saint-&#201;tienne par un touriste pratiquant et exp&#233;riment&#233; peut offrir autant d'int&#233;r&#234;t que la travers&#233;e de la France par un recordman. En m'octroyant gratuitement la qualit&#233; de touriste exp&#233;riment&#233;, je me flatte, car je m'aper&#231;ois tous les jours que mon exp&#233;rience est toujours bien courte et souvent en d&#233;faut, mais ici, comme dans le royaume des aveugles, les borgnes peuvent &#234;tre rois.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je m'&#233;tais donc promis de revoir pendant ces deux jours de f&#234;tes quelques sites qui m'avaient laiss&#233;, du temps ou j'excursionnais sans rel&#226;che, d'agr&#233;ables souvenirs et de v&#233;rifier par moi-m&#234;me, pendant un parcours d'une certaine dur&#233;e, si les Gauloises &#224; deux multiplications, que le &lt;i&gt;Cycliste&lt;/i&gt; recommande, &#233;taient vraiment pratiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je d&#233;butais donc le dimanche matin en accompagnant un ami jusqu'&#224; Sainte-Foy-l'Argenti&#232;re, car je n'avais pas, selon mon habitude, de programme bien arr&#234;t&#233;. Nous partons &#224; six heures lest&#233;s d'un d&#233;jeuner sommaire que nous devons compl&#233;ter &#224; Saint-H&#233;and et, jusqu'&#224; l'Etrat, pente douce, je p&#233;dale sur ma grande multiplication qui ne d&#233;veloppe pas moins de 7 m&#232;tres par tour de p&#233;dale&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'enl&#232;ve m&#234;me le premier raidillon apr&#232;s l'Etrat et je persiste pendant quelques centaines de m&#232;tres, mais la rampe croissante a bient&#244;t raison de mes efforts et je mets pied &#224; terre pour faire passer ma cha&#238;ne de droite &#224; gauche sur les pignons 20 et 10 qui ne me donnent que 4 m&#232;t. 40 de d&#233;veloppement, je repars et il me semble au premier abord que le sol s'est aplani, le changement ne m'a pas demand&#233; plus d'une minute&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; car, par un heureux hasard, la cha&#238;ne s'adapte exactement des deux c&#244;t&#233;s, ce qui n'est pas toujours le cas malgr&#233; les assertions du catalogue&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais, quand m&#234;me elle ne s'adapterait pas absolument, il est si facile, gr&#226;ce au syst&#232;me de tension par excentriques appliqu&#233; sur ces machines, de d&#233;tendre et de retendre la cha&#238;ne, que l'op&#233;ration n'en serait pas retard&#233;e d'une demi-minute&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'agrafage de la cha&#238;ne se fait par un proc&#233;d&#233; nouveau, au moyen d'un crochet qui ne me laissait pas sans inqui&#233;tude, puisque j avais dans mon bagage une autre cha&#238;ne toute pr&#234;te.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je crois que le syst&#232;me le plus simple et le plus sur d'agrafer la cha&#238;ne consiste &#224; remplacer l'&#233;crou ordinaire, qui, si on le man&#339;uvre trop souvent, s'use promptement, par une simple goupille. On perce d'un trou minuscule l'extr&#233;mit&#233; du boulon de cha&#238;ne et on y introduit une &#233;pingle dont on recourbe ensuite la pointe. Ce proc&#233;d&#233; sommaire permet, depuis un an, &#224; M.&#160;Ch. qui monta la premi&#232;re machine &#224; doubles pignons de changer de multiplication aussi souvent que bon lui semble en 35 secondes montre en main.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si la premi&#232;re impression, en passant du d&#233;veloppement 7 au d&#233;veloppement 4,4, transforme en plat une pente de 6 p.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% , cette impression ne dure malheureusement pas et la r&#233;alit&#233; vous ressaisit apr&#232;s quelques coups de p&#233;dale&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cependant l'effort n'a plus rien d'exag&#233;r&#233; et je me sens capable de continuer ainsi tr&#232;s longtemps quand nous arrivons &#224; Saint-H&#233;and d'o&#249; nous n'aurons qu'&#224; descendre sur la Coise par Aveizieux. Cette grimpette de l'Etrat &#224; St-H&#233;and est toujours une des plus d&#233;sagr&#233;ables que je connaisse autour de Saint-&#201;tienne parce qu'elle est coup&#233;e &#231;&#224; et l&#224; de descentes qui ne servent qu'&#224; accentuer les raidillons qui leur succ&#232;dent&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; en outre, lorsqu'on sait qu'on doit s'&#233;lever de l'altitude 400 &#224; l'altitude 600, on &#233;prouve une fatigue morale qui vient s'ajouter &#224; la fatigue physique toutes les fois qu'un plongeon soudain vous fait redescendre de 50 m&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il suff&#238;t de 4 plongeons comme cela pour doubler votre travail, car la descente ne vous repose pas&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; couper les mont&#233;es dures, et longues de paliers d'une certaine longueur qui vous reposeraient sans rien vous faire perdre de l'altitude conquise, serait bien autrement intelligent et je constate avec plaisir que les routes nouvellement construites .se rapprochent de cet id&#233;al.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien des cyclo-touristes peuvent, en effet, venir &#224; bout de mont&#233;es de 10 kilom&#232;tres, &#224; condition de se reposer de temps en temps en marchant, mais si, juste au moment o&#249; ils sont tent&#233;s de mettre pied &#224; terre, un bon kilom&#232;tre de plat se d&#233;roulait devant eux, ils ne seraient plus oblig&#233;s de pousser leur machine et ils ne s'en reposeraient que mieux en continuant &#224; p&#233;daler lentement en palier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous ne repartons de Saint-H&#233;and qu'&#224; huit heures, tant les d&#233;jeuners du matin ont du charme apr&#232;s une premi&#232;re su&#233;e qui, en m&#234;me temps que les pores, vous a ouvert l'app&#233;tit. Bien que je pr&#233;f&#232;re me mettre en route tout seul que de rester au logis, j'appr&#233;cie beaucoup la compagnie principalement &#224; table et pendant les arr&#234;ts. En route, les motifs de distraction abondent surtout en pays accident&#233; et l'on p&#233;dale souvent &#224; distance les uns des autres, mais, &#224; l'&#233;tape, seul on s'ennuie et l'on est port&#233; &#224; &#233;courter le repos et &#224; manger vite&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; deux choses fort mauvaises pour un cyclo-touriste. Ayez-donc le soin de vous m&#233;nager un ou deux compagnons quand vous projetez une excursion&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; votre plaisir et votre hygi&#232;ne en seront doubl&#233;s, Ce sont l&#224; justement les r&#233;flexions que nous faisions autour d'une succulente omelette et d'un d&#233;licieux vin blanc servi avec l'empressement et l'amabilit&#233; dont on commence &#224; nous honorer dans les h&#244;tels et les auberges de campagne fr&#233;quent&#233;s par les cyclistes. C'est que nous devenons, pour bien des gens, une source s&#233;rieuse de profits et nous compl&#233;tons avantageusement les rouliers et rouleurs qui formaient, il y a quelques ann&#233;es, toute la client&#232;le des h&#244;tels du Lion d'Or, ou du Cheval blanc, en attendant celui qui ne saurait tarder, du Cycle d'Or. Apr&#232;s Saint-H&#233;and, la route descend, puis remonte, puis redescend vers Aveizieux jusqu'au fond d'un ruisseau qu'elle traverse par un coude tr&#232;s sec et d'o&#249; elle &#233;merge sans trop de raideur, du plat ensuite et enfin plongeon d&#233;finitif jusqu'&#224; la Coise que nous travers sons en un endroit d&#233;sert, mais d'un pittoresque achev&#233; &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; apr&#232;s la Coise, remont&#233;e assez dure de 3 ou 4 kilom&#232;tres pour atteindre Chazelles-sur-Lyon, perch&#233; &#224; une bonne hauteur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'ai pas jug&#233; &#224; propos, pendant ces alternatives, de changer de multiplication et je suis rest&#233; &#224; la petite me contentant, pour suivre &#224; la descente mon compagnon plus multipli&#233;, de mettre les pieds sur la t&#234;te de fourche et de me laisser aller, me rattrappant du reste ais&#233;ment &#224; la mont&#233;e. Dans ce cas particulier, les repose-pieds, que je d&#233;conseille plus que jamais aux d&#233;butants, et que j'ai moi-m&#234;me, pour mon propre compte, r&#233;pudi&#233;s depuis longtemps, peuvent &#234;tre utiles &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais il faut &#234;tre prudent, exp&#233;riment&#233;, s&#251;r de soi et avoir en m&#234;me temps un frein sur lequel on puisse compter. Il est probable que j'en ferai replacer sur ma machine, mais je ne le dirai pas trop haut afin qu'on m'imite le moins possible. Voyez-vous un novice arrivant &#224; fond de train, les pieds au repos &#224; un tournant sec comme celui dont je parlais tout &#224; l'heure ou au crochet plus tra&#238;tre encore qui, entre l'Aub&#233;pin et Sainte-Catherine-sur-Riverie, me valut une des rares chutes que j'ai faites en bicyclette&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Surpris, il essaie de rattraper ses p&#233;dales et imprime un roulis d&#233;sordonn&#233; &#224; sa machine, ou bien si, par hasard, il a un frein, il le serre convulsivement et arr&#234;te trop brusquement la roue &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la culbute est au bout plus ou moins dangereuse selon les circonstances, tandis que si, faute de repose-pieds, il ne l&#226;che pas les p&#233;dales, d'abord, il n'aura pas laiss&#233; prendre &#224; sa machine une trop vive allure&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ensuite, il sera, sit&#244;t le danger aper&#231;u, en bonne posture pour contrep&#233;daler efficacement et faire une application heureuse du frein Doolittle ou Crozet que je lui souhaite en pareille occurrence.&lt;br class='autobr' /&gt;
N'&#234;tes-vous pas surpris de rencontrer si peu de cyclistes hors du voisinage imm&#233;diat des grands centres &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Cette p&#233;nurie croissante de cyclistes cyclistant sur les routes pittoresques et admirablement roulantes de nos montagnes m'a toujours &#233;tonn&#233;. Notre force num&#233;rique a depuis quelques ann&#233;es pour le moins d&#233;cupl&#233; et, de l'avis g&#233;n&#233;ral, on voit circuler moins de cyclistes qu'autrefois. &#192; quoi cela tient-il &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le temps, ce jour-l&#224;, &#233;tait on ne peut plus favorable&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le soleil ne se montrait que par intervalles, pas le moindre vent. J'aurais, en partant, volontiers jur&#233; que nous allions nous rencontrer par groupes &#224; Saint-H&#233;and, &#224; Chazelles, &#224; Sainte-Foy-l'Argenti&#232;re. Point du tout, pas m&#234;me l'ombre d'un cycliste tout le long du chemin et &#224; peine une demi-douzaine d'isol&#233;s &#224; Sainte-Foy o&#249; nous n'allions pas autrefois, c'est-&#224;-dire au temps des caoutchoucs pleins et creux, sans y rencontrer des confr&#232;res de Lyon, de Roanne et d'autres lieux. Sainte-Foy-l'Argenti&#232;re est, en effet &#8212; nous en avions fait la remarque &#8212; le point exactement central commun, aux pr&#233;fectures et aux sous-pr&#233;fectures du d&#233;partement de la Loire et du Rh&#244;ne. Saint-&#201;tienne, Lyon et Villefranche sont, &#224; un kilom&#232;tre pr&#232;s, &#224; &#233;gale distance (45 kilom&#232;tres) de Sainte-Foy&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; Roanne est plus loin et Montbrison plus pr&#232;s de 10 kilom&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si jamais &lt;i&gt;Le Cycliste&lt;/i&gt; prend l'initiative d'un meeting monstre des p&#233;dales du Rh&#244;ne et de la Loire, c'est assur&#233;ment &#224; Sainte-Foy-l'Argenti&#232;re que le rendez-vous sera donn&#233;. Ces meetings, &#233;taient autrefois tr&#232;s fr&#233;quents et servaient de points de d&#233;part &#224; beaucoup d'excursions, car on y trouvait des compagnons pour les futurs voyages et l'on s'y faisait des amis. Les fameuses caravanes du D&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;r&lt;/sup&gt; V&#233;lo furent la plus haute expression et elles ont &#233;t&#233; la manifestation supr&#234;me du cyclisme confraternel dont je d&#233;plore la disparition.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous arrivons donc &#224; Chazelles par une pente assez roide et sous une pointe de soleil joliment piquante qui nous fait craindre, non sans raison, un orage pour la soir&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le temps est d'ailleurs tr&#232;s favorable depuis le matin, le ciel reste couvert, mais la vue n'en est pas moins &#233;tendue et, &#224; travers l'atmosph&#232;re vibrante, nous parvient la voix des cloches qui se r&#233;pondent de colline en colline, de vallon &#224; vallon&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la poussi&#232;re seule nous a incommod&#233;s jusqu'&#224; Saint-H&#233;and, mais nous n'aurons bient&#244;t plus &#224; la craindre. Notre route sort de Chazelles en se dirigeant sur Lyon pendant environ 3 kilom&#232;tres et &#224; Gr&#233;zieux-le-March&#233; bifurque &#224; gauche sur la vall&#233;e de la Br&#233;venne qu'elle va c&#244;toyer en descendant d'une fa&#231;on r&#233;guli&#232;re et mod&#233;r&#233;e pendant 8 kilom&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est le cas ou jamais de me surmultiplier&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; en moins d'une minute, j'ai transport&#233; ma cha&#238;ne de gauche &#224; droite et je prends mon vol&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'expression n'a rien d'excessif, car je laisse presque sur place mon compagnon qui pourtant p&#233;dale avec la plus grande rapidit&#233;, mais des coups de p&#233;dale qui nous d&#233;placent de 7 m&#232;tres sans effort ressemblent positivement &#224; des coups d'aile. La route &#233;tant heureusement presque d&#233;serte, j'ose, &#224; certains moments, m'offrir du 40 &#224; l'heure sans qu'il me semble commettre une imprudence tant je me sens ma&#238;tre de ma machine. Des exp&#233;riences de ce genre sont faites pour troubler les id&#233;es les plus raisonnables et les th&#233;ories les plus sens&#233;es &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la griserie que procure la vitesse excessive vous fait trouver ensuite bien terne le 20 &#224; l'heure des basses multiplications, mais il y a les mont&#233;es, le vent, les mauvaises routes qui plaident &#233;loquemment et irr&#233;sistiblement en faveur de celles-ci. Conclusion : Ayons plusieurs multiplications sur nos machines. Cette premi&#232;re exp&#233;rience m'a tellement convaincu de l'importance de ce perfectionnement que je me fais faire en ce moment une bicyclette qui sera orn&#233;e de deux pignons doubles de chaque c&#244;t&#233;, ce qui me fera quatre multiplications interchangeables en moins d'une minute. J'aurai ainsi &#224; ma disposition moins de 3 m&#232;tres pour les rampes abruptes, la mont&#233;e de Pont-de-Lignon, par exemple, 4 m&#232;tres pour les rampes ordinaires, 6 m&#232;tres pour le plat et le faiblement accident&#233; et enfin de 8 &#224; 9 m&#232;tres pour les longues descentes continues comme j'en connais quelques-unes. Ces quatre multiplications principales pourront encore, en retournant la roue, m'en fournir quatre autres interm&#233;diaires, de sorte que j'aurai en r&#233;alit&#233; &#224; ma disposition, sur la m&#234;me machine et avec la m&#234;me cha&#238;ne, huit multiplications &#233;chelonn&#233;es entre 2 m&#232;tres 75 et 9 m&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout cela ne m'emp&#234;che pas de conseiller, &#224; ceux qui ne veulent qu'une multiplication &#224; tout faire, plaine ou montagne indiff&#233;remment, la moyenne basse, c'est-&#224;-dire 4 m&#232;tres. Je m'aper&#231;ois que, tombant dans l'erreur commune, je me sers du terme multiplication pour exprimer le d&#233;veloppement d'une machine, mais j'esp&#232;re qu'il ne s'&#233;l&#232;vera de ce chef aucun doute dans l'esprit des lecteurs sur ce que j'ai voulu dire. En principe, la multiplication est au d&#233;veloppement comme pi est &#224; 3,1416, puisque le dernier repr&#233;sente la circonf&#233;rence d'une roue dont la premi&#232;re serait le diam&#232;tre. Comme il y a de plus en plus tendance &#224; confondre ces deux expressions, et que je ne me pique point de purisme, passons. &#192; Sainte-Foy o&#249; je pr&#233;c&#232;de de deux kilom&#232;tres mon compagnon, la fanfare locale nous salue d'un joyeux pas redoubl&#233; en se rendant &#224; l'&#233;glise : l'unique rue du bourg est pleine de monde, dix heures vont sonner et l'on se h&#226;te vers la grand'messe &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous avons, le matin m&#234;me, constat&#233; la m&#234;me affluence de fid&#232;les &#224; Saint-H&#233;and. Nous ne d&#233;jeunerons qu'&#224; midi et, apr&#232;s avoir remis&#233; nos montures, nous essayons de p&#233;n&#233;trer &#224; notre tour dans l'&#233;glise, chose peu facile.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'H&#244;tel de la Poste (recommand&#233;), nous nous trouvons, &#224; l'heure dite, trois convives affam&#233;s, M.&#160;M.&#160;qui venait de Villefranche et &#224; qui nous avions donn&#233; rendez-vous &#233;tant arriv&#233; peu de temps apr&#232;s nous. Pendant le repas, le ciel se couvrit de plus on plus et une petite pluie fine commen&#231;a &#224; tomber &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; tant mieux, elle abattra la poussi&#232;re. &#192; 2 heures nous sommes pr&#234;ts &#224; partir, mais je laisse mon compagnon du matin reprendre seul la route de Saint-&#201;tienne, cette fois par Belle-garde et Saint-Galmier, et je descends sur l'Arbresle en-compagnie de M.&#160;M.&#160;qui rentre &#224; Villefranche. Toujours pas ou presque pas de cyclistes sur la route. Ma grande multiplication fait merveille pendant ces 20 kilom&#232;tres de pente douce coup&#233;s &#231;&#224; et l&#224; de quelques paliers, voire de quelques faibles contre-pentes que je remonte par la vitesse acquise. Une ond&#233;e un peu vive nous force &#224; nous abriter un instant,mais ce n'est qu'une alerte, la pluie ne m'incommodera s&#233;rieusement que le soir. En sortant de l'Arbresle, je prends cong&#233; de mon second compagnon au pied de la mont&#233;e qui par &#233;chelons doit m'amener &#224; la Tour de Salvagny, point culminant entre l'Arbresle et Lyon. Il va sans dire que je m'applique la petite multiplication qui me permet de faire ces quelques kilom&#232;tres, en rampe douce d'ailleurs, sans m'en apercevoir, une main dans la poche et quelquefois m&#234;me hands off. Une belle route vraiment qui devrait &#234;tre plus fr&#233;quent&#233;e par les cyclistes lyonnais que je n'ai commenc&#233; &#224; rencontrer qu'&#224; Charbonni&#232;re o&#249; ils pullulaient comme &#224; Andr&#233;zieux pullulent les dimanches les cyclistes st&#233;phanois. Non vraiment ce n'est plus &#231;a, je ne retrouve plus le cyclisme d'autrefois &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; depuis qu'Arator, de joyeuse m&#233;moire, a mis &#224; la mode le tourisme banlieusard on n'excursionne plus que d'une fa&#231;on tr&#232;s restreinte. Peut-&#234;tre aussi les pneumatiques sont-ils responsables de cet &#233;tat de choses&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on n'ose plus s'&#233;loigner de crainte d'&#234;tre oblig&#233; de revenir par le grand fr&#232;re, ce qui augmente sensiblement les frais de route et d&#233;truit de fond en comble le charme du voyage. Je montais pourtant ce jour-l&#224;, ai-je oublie de le dire &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? contrairement &#224; mes principes, des pneumatiques monocables dont je n'ai eu qu'&#224; me louer &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils &#233;taient neufs du reste et et il est reconnu que les pneumatiques ne commencent &#224; vous emb&#234;ter qu'apr&#232;s trois mois au moins et six mois au plus tard. Mais ne revenons pas sur un sujet tant ressass&#233;. &#192; la Tour de Salvagny, sur l'affirmation d'un passant, que je n'ai plus qu'&#224; descendre, ou &#224; peu pr&#232;s, je replace ma cha&#238;ne sur la grande multiplication et, deux minutes apr&#232;s, je me heurte &#224; une derni&#232;re c&#244;te de quelques centaines de m&#232;tres au sommet de laquelle la p&#233;dale me para&#238;t terriblement dure&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ces trois ou quatre cents m&#232;tres m'ont plus fatigu&#233; que toute la mont&#233;e depuis l'Arbresle &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je d&#233;vale maintenant &#224; toutes p&#233;dales sur Charbonni&#232;re et la Demi-Lune o&#249; j'arrive en cinquante minutes de l'Arbresle. Malgr&#233; mes pneumatiques, gonfl&#233;s sans doute &#224; l'exc&#232;s, je trouve, comme toujours, d&#233;testable l'interminable pav&#233; de Vaise aux Brotteaux, et je r&#233;clame, in petto, des trottoirs &#224; l'usage des cyclistes &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nos petits-neveux en auront s&#251;rement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; que n'auront-ils pas ces gaillards-l&#224; &#224; qui nous pr&#233;parons un si bel avenir. La pluie se met &#224; tomber abondamment et me fait grogner davantage, il me faudrait maintenant des trottoirs couverts &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais ces grognements ne sont que superficiels&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; dans le fond je suis enchant&#233; de ma journ&#233;e et je ne demande qu'&#224; recommencer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi, d&#232;s le lendemain huit heures, suis-je sur pied, sur roues veux-je dire et, par un temps splendide, je pars escort&#233; de mon fils, jeune gars de 17 ans, dont je tenais &#224; &#233;prouver les poumons et les jarrets. Nous devions remonter l'Azergue et revenir, soit par Beaujeu soit plus modestement par Saint-Cyr-le-Chatou. Mon compagnon qui, malgr&#233; mes paternelles objurgations, a tous les d&#233;fauts des cyclistes de la jeune &#233;cole, monte une bicyclette l&#233;g&#232;re, sans frein, guidon cintr&#233; bas, multiplication plut&#244;t forte 5m,50&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il est heureusement d'un naturel prudent, bien ma&#238;tre de sa machine et l'absence du frein ne m'a pas inqui&#233;t&#233; outre mesure. Je montais ma Gauloise &#224; deux multiplications et comme j'avais en premi&#232;re perspective la mont&#233;e de Champagne, vous pensez bien que c'est avec le d&#233;veloppement de 4m,40 que je commen&#231;ai la journ&#233;e. Nous avions pour objectif imm&#233;diat Claveizolles et l'h&#244;tel Monnery (recommand&#233;) o&#249; j'avais conduit ou plut&#244;t transport&#233; en tritandem,il y a huit ans, mon compagnon d'aujourd'hui&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'ai m&#234;me cont&#233; &#224; l'&#233;poque, dans le &lt;i&gt;Cycliste&lt;/i&gt;, ce voyage qui fut le point de d&#233;part de mon dada, lequel, vous ne l'ignorez pas, consiste &#224; faire du cycle un outil de transport. Apr&#232;s avoir aval&#233; en maugr&#233;ant les six kilom&#232;tres de pav&#233; qui nous s&#233;parent de Vaise, nous enlevons convenablement la mont&#233;e sans m&#234;me entrer en moiteur bien que le soleil soit d&#233;j&#224; haut, mais il vente frais et lorsque, laissant &#224; droite la route du Limonest, nous nous engageons &#224; la descente coup&#233;e encore de deux petites mont&#233;es, qui nous conduira jusqu'aux bords de l'Azergue,. nous avons presque l'ongl&#233;e. En abordant la descente d&#233;finitive, je mets pied &#224; terre et, en un clin d'&#339;il, car je deviens habile &#224; la man&#339;uvre, je m'applique la multiplication de 7 m&#232;tres et. je puis suivre, en me jouant, les plus vertigineux emballages de mon jeune compagnon qui r&#234;ve de semer papa. Cela dure ainsi jusqu'&#224; Chessy par Civrieux, Lozanne et Ch&#226;tillon. Au Pont, je juge le moment venu de me remettre &#224; la petite vitesse, persuad&#233; que la mont&#233;e va &#234;tre constante et assez dure, impression laiss&#233;e par le Voyage en tandem jusqu'&#224; Claveizolles, mais j'ai dix fois regrett&#233; de n'avoir pas conserv&#233; la grande multiplication, ne f&#251;t-ce que pour en faire l'exp&#233;rience sur une mont&#233;e d'une certaine importance, mais qui ne justifiait pourtant pas mes craintes. C'est que, huit ans auparavant, j'y avais tellement su&#233; en tra&#238;nant mes 200 kilos qu'il m'en &#233;tait rest&#233; un souvenir p&#233;nible. Le soleil cependant commence &#224; chauffer, la pluie de la veille a passablement d&#233;tremp&#233; le sol et le paysage manque le plus souvent de charme, si bien que nous passons assez m&#233;lancoliquement &#224; Pont-Tarret, Ternand, Chamelet, La Foleti&#232;re, Lamure et atteignons enfin Claveizolles &#224; 11 heures c'est-&#224;-dire exactement 3 heures apr&#232;s, notre d&#233;part des Brotteaux : je n'ai pas not&#233; le kilom&#233;trage exact, mais nous avons d&#251; marcher &#224; un train moyen de 18 &#224; l'heure. Tr&#232;s en moiteur, nous en profitons pour nous ablutionner abondamment d'eau froide et, m'inspirant des proc&#233;d&#233;s Kneipp, je trempe les pieds dans le ruisseau qui coule avec un joli bruit de cascade. C'est agr&#233;able, rafra&#238;chissant et cela vous d&#233;lasse comme par enchantement. Sauf quelques passages, la remont&#233;e de l'Azergues jusqu'&#224; Lamure est un jeu d'enfant, mais il para&#238;t qu'apr&#232;s Lamure et jusqu'aux &#201;charmeaux la note change. Je n'ai pas encore fait ce bout de route. De Lamure &#224; Claveizolles on remonte un ruisselet tr&#232;s limpide ce jour-l&#224; alors que l'Azergue &#233;tait caf&#233; au lait, ce qui aurait suffi pour faire comprendre &#224; un observateur que la pluie de la veille que j'avais cru g&#233;n&#233;rale n'avait &#233;t&#233; que partielle et qu'il ne faudrait pas &#234;tre &#233;tonn&#233;, comme nous le f&#251;mes, de trouver les j routes du bord de la Sa&#244;ne aussi poussi&#233;reuses que celles de la vall&#233;e d'Azergues &#233;taient boueuses. Cela n'avait aucune importance au point de vue pratique, mais il est bon, quand on voyage, de s'habituer &#224; observer intelligemment et &#224; tirer de ses observations leurs cons&#233;quences logiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les cyclistes sont bien re&#231;us et la table est bonne &#224; l'h&#244;tel Monnery, aussi ai-je &#233;t&#233; &#233;tonn&#233; de ne pas rencontrer de cyclistes dans ces parages&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous nous proposions de farnienter jusqu'&#224; 3 heures, mais le temps sembla soudain devoir se g&#226;ter et, &#224; 2 heures pr&#233;cises, nous filons grand train, (j'avais repris mes 7 m&#232;tres) sur Lamure, La Foleti&#232;re et Ailli&#232;re, d'o&#249; nous devons nous &#233;lever pendant 7 &#224; 8 kilom&#232;tres &#224; 5 p.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% jusqu'&#224; Saint-Cyr-le-Chatou. Je m'empresse, naturellement, de me remettre &#224; 4m,40, en regrettant m&#234;me de n'avoir pas 3m,50 &#224; mon service&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; en me voyant mettre pied &#224; terre, l'aubergiste du coin me croit dans l'embarras, accourt avec sa fille qui fredonne ga&#238;ment :&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle a crev&#233; son pneumatique&lt;br class='autobr' /&gt;
La pauvre Ang&#233;lique.&lt;br class='autobr' /&gt;
sans doute pr&#234;te, l'un et l'autre, &#224; nous offrir leurs services&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais ils n'ont pas fait dix pas que ma cha&#238;ne est en place et que je me dispose &#224; repartir &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le brave homme daigne trouver mon truc ing&#233;nieux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ah&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! ils ne passent pas souvent par l&#224;, les cyclistes &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! nous dit-il, quand il nous voit quitter la route et nous mettre en mesure d'escalader, non pas pedibus cum jambis, mais pedal&#239;bus cum rotis.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai porte-bagages devant et porte-bagages derri&#232;re, de sorte qu'il semble tout naturel &#224; mon jeune homme, que je me charge de tous les bagages, ce qui me chagrine peu, car je ne suis pas de ceux qui donnent, &#224; quelques kilos de plus ou de moins, une importance capitale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et nous avons grimp&#233; fort tranquillement sans nous h&#226;ter mais aussi sans faiblir un instant et nous sommes arriv&#233;s au point culminant au Parassou juste en 31 minutes. Le paysage est convenable et au sommet la vue est superbe, le sol est tr&#232;s bon, la pente tr&#232;s r&#233;guli&#232;re, il va sans dire que nous n'avons pas vu l'ombre d'un cycliste. La bi&#232;re et la limonade qu'on nous sert &#224; l'auberge du Parassou, et que nous avons bien m&#233;rit&#233;es sont fra&#238;ches, ce qui est une qualit&#233; qu'on ne rencontre pas toujours dans ces auberges isol&#233;es, au Prado, par exemple, entre Montbrison et Ambert, o&#249; j'ai essay&#233; vainement de boire la plus affreuse drogue qu'on ait jamais os&#233; pr&#233;senter comme rafra&#238;chissement. Encore un changement de multiplication qui me permettra de descendre la c&#244;te tr&#232;s agr&#233;ablement. Mon fils a fait la mont&#233;e avec sa multiplication unique de 5m,50, sans para&#238;tre le moins du monde incommod&#233;, car nous n'avons cess&#233; de causer et je me serais aper&#231;u ainsi de la premi&#232;re trace d'essoufflement &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il fait de m&#234;me la descente sans se laisser entra&#238;ner, toujours ma&#238;tre de sa monture et malgr&#233; l'absence de frein, se contentant pour obtenir un ralentissement rapide de placer le bout du pied sur la roue directrice. N&#233;anmoins, il aurait pu survenir telle surprise qui l'e&#251;t pris au d&#233;pourvu et je lui r&#233;p&#232;te ici que c'est une grande sottise de n'avoir pas de frein sur sa machine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s Rivolet, la pente devient peu &#224; peu insensible et l'on traverse Denic&#233;, puis Gleiz&#233;. Je me souviens, bien &#224; propos, en face du clocher de ce dernier village, qu'un des plus fid&#232;les abonn&#233;s du &lt;i&gt;Cycliste&lt;/i&gt;, le D&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;r&lt;/sup&gt; Cl., demeure pr&#232;s de l&#224; et m'a souvent engag&#233; &#224; aller le voir. C'est une occasion et j'en profiterai pour soumettre au docteur, qui est un des cyclistes les plus exp&#233;riment&#233;s et les plus pratiquants que je connaisse, ma double multiplication. Sit&#244;t pens&#233;, sit&#244;t fait, mais ce n'est pas pourtant chose si facile quand on est Gleiz&#233; que d'aller &#224; Ouilly ou pour mieux dire au domaine du Loup, que, du point o&#249; nous sommes, on nous fait voir &#224; une bonne port&#233;e de fusil &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il faut d'abord passer aupr&#232;s d'une maison abandonn&#233;e, hant&#233;e et, le soir, sinistre assur&#233;ment, qui doit avoir une histoire que l'on est curieux de conna&#238;tre, puis descendre un ravin que l'on remontera ensuite de l'autre c&#244;t&#233; et enfin nous voil&#224; dans un ravissant cottage o&#249; le docteur Cl., nous fait le plus charmant accueil. Il nous a fallu deux heures environ pour, de Claveizolles venir &#224; Ouilly et nous nous sentons si frais et dispos que nous acceptons d'embl&#233;e l'offre que nous fait notre h&#244;te de terminer l'&#233;tape avec nous en l'allongeant un peu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous pointons nos guidons vers Beauregard et par Riottier o&#249; la mont&#233;e, bien faible pourtant, et surtout le d&#233;sir de montrer comment fonctionne mon truc, comme disait l'autre, me mettent &#224; la petite vitesse, nous allons jusqu'&#224; Tr&#233;voux d'o&#249; nous revenons par le pont Saint-Bernard et Anse jusqu'&#224; Pommiers o&#249; famille et g&#238;te nous attendent, mais quelle poussi&#232;re grand Dieu&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! quelles nu&#233;es de cyclistes des deux sexes et de tout &#226;ge, que de voitures, que de mouvement et que d'encombrement sur cette roule d'Anse, la plus belle lieue de France, &#224; en croire les habitants&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! que l'on &#233;tait donc mieux &#224; Saint-Cyr-le-Chatou et que le soir l&#224;-haut doit paisiblement et silencieusement monter du fond de la vall&#233;e, alors qu'en ce bas-fond, tout ce brouhaha, fait des chants des passants, des appels des cyclistes,des claquements de fouet, des beuglements des trompes, le tout perdu, noy&#233;,englouti dans des nuages de poussi&#232;re, nous &#233;c&#339;ure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour en finir avec ma premi&#232;re s&#233;rieuse exp&#233;rience des bicyclettes &#224; deux multiplications, j'ajouterai seulement que le lendemain matin, en rentrant de bonne heure &#224; Lyon, je c&#233;dais &#224; la tentation de faire marcher plus vite qu'il n'en avait envie un jeune cycliste qui rentrait eadem via, et qui ne voulait pas se laisser d&#233;passer par un vieux aux tempes grisonnantes &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et nous v&#238;nmes ainsi d'Anse &#224; Neuville en 25 minutes, gr&#226;ce &#224; mes 7 m&#232;tres. &#192; Couzon, la pluie survint et comme la porte hospitali&#232;re de l'Homme de la Montagne s'ouvrait &#224; ce moment m&#234;me, je m'y engouffrai d&#233;lib&#233;r&#233;ment et sans fa&#231;on aucune, car c'est ainsi que notre savant collaborateur aime qu'on lui rende visite. J'&#233;tais d'ailleurs bien aise de lui conter mon premier flirt avec les grandes multiplications auxquelles je trouve un charme qu'il d&#233;daigne du reste absolument. Fantaisie, me r&#233;pond-il, et rien que fantaisie, aucun c&#244;t&#233; utile ni pratique. Je n'en disconviens pas, mais combien il est amusant de c&#233;der parfois &#224; la fantaisie et de faire marcher les p&#233;dards, soit &#224; la mont&#233;e soit en plat, plus vite qu'ils ne le veulent. N'est-ce pas un plaisir &#233;gal &#224; celui de forcer &#224; la course un li&#232;vre ou un chevreuil &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
V&#233;locio.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>D'Amb&#233;rieu &#224; Amb&#233;rieu (Ao&#251;t 1898) </title>
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		<dc:date>2022-05-03T14:02:37Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Avant 1900</dc:subject>
		<dc:subject>Lyon</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;le poids ne me g&#234;ne que lorsqu'il me faut porter ma machine, mais quand c'est elle qui me porte, je ne m'aper&#231;ois gu&#232;re de quelques kilos de plus ou de moins.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?rubrique35" rel="directory"&gt;1896-1900 P&#233;riode h&#233;ro&#239;que&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;Avant 1900&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot37" rel="tag"&gt;Lyon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par V&#233;locio, Le cycliste, Ao&#251;t 1898, republi&#233; en Ao&#251;t-septembre 1948 &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les St&#233;phanois ont &#224; leurs portes des paysages d'une incontestable beaut&#233;, les Lyonnais n'ont pas besoin d'aller bien loin pour en trouver d'aussi beaux dans les d&#233;tails et de bien plus imposants dans l'ensemble. Sans parler des Monts du Lyonnais et du Beaujolais o&#249; l'on peut cueillir de tr&#232;s jolis itin&#233;raires, ni des C&#233;vennes et du Pil&#226;t dont ils sont presque aussi pr&#232;s que nous, il leur suffit de tourner leur guidon &#224; l'Est, de franchir au besoin en chemin de fer quelques douzaines de kilom&#232;tres plats et sans int&#233;r&#234;t, et les voil&#224; en plein pittoresque.&lt;br class='autobr' /&gt;
Point de d&#233;part et de retour, Amb&#233;rieu-en-Bugey o&#249; le premier train me d&#233;pose &#224; 7 heures du matin. Je n'ai pas jug&#233; n&#233;cessaire de me munir de mon appareil de tourisme et d'une bicyclette &#224; 4 vitesses&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je n'ai en perspective que la mont&#233;e du &#199;erdon et j'ai pens&#233; que deux d&#233;veloppements 3,40 et 5,90 me suffiraient&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; en fait de bagage je n'emporte qu'un maillot et une p&#232;lerine, ma bicyclette qui est une tr&#232;s forte machine de route &#224; p&#233;dalier haut, avec grosses p&#233;dales caoutchouc, deux freins, gros pneus Michelin, etc., n'en p&#232;se pas moins 20 kilos&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le poids ne me g&#234;ne que lorsqu'il me faut porter ma machine, mais quand c'est elle qui me porte, je ne m'aper&#231;ois gu&#232;re de quelques kilos de plus ou de moins.&lt;br class='autobr' /&gt;
De la gare d'Amb&#233;rieu je gagne au carrefour de Jean-de-Paris la route qui doit me conduire &#224; Nantua, mon premier objectif, par Ambronay, Poncin et &#199;erdon&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un tramway, il y a maintenant des tramways sur toutes les routes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la c&#244;toie presque tout le temps. J'entre imm&#233;diatement dans le brouillard, brouillard &#233;pais et froid&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je p&#233;dale un peu vivement pour me r&#233;chauffer. &#192; la hauteur de Neuville-sur-Ain, je sors du brouillard et je m'aper&#231;ois que je suis en un site tr&#232;s agr&#233;able&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; droite des rochers bois&#233;s, &#224; gauche l'Ain&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la route s'&#233;tr&#233;cit et devient s'il est possible encore plus sablonneuse. Je laisse bient&#244;t Poncin, sur l'autre rive d'un ruisseau que je commence &#224; remonter et me voici tr&#232;s perplexe &#224; un carrefour o&#249; ma route se divise en trois et personne n'est l&#224; pour me renseigner. Je mets pied &#224; terre et vais consulter les plaques indicatrices, sur celle de gauche, je lis Cerdon &#224; un kilom&#232;tre environ. Puisque je dois passer &#224; &#199;erdon, voil&#224; ma route me dis-je&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je n'avais ni carte, ni guide, ni itin&#233;raire et j'allais au petit bonheur. Je traverse &#199;erdon et j'aper&#231;ois &#224; flanc de rocher en plein soleil une mont&#233;e qui me rappelle que j'ai fort heureusement, un d&#233;veloppement de 3.40, je m'empresse de me l'appliquer et comme il y a l&#224; une fontaine d'eau fra&#238;che, j'en bois une gorg&#233;e. Puis j'attaque &#233;nergiquement la rampe qui peut avoir deux bons kilom&#232;tres &#224; 8 ou 9&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% et dont quelques passages plus accentu&#233;s m'ont fait regretter de ne pas avoir, ce jour-l&#224; la tige de selle oscillante qui m'avait &#233;t&#233; si utile en montant au Lautaret. Je marche &#224; dix kilom&#232;tres et je rattrape assez vite une voiture qui me pr&#233;c&#233;dait de beaucoup. A l'endroit o&#249; les rochers entre lesquels je grimpe et qui s'ouvrent comme une gueule sur &#199;erdon, se rejoignent en une paroi concave de 20 m&#232;tres de hauteur, la pente devient tout &#224; coup tr&#232;s raisonnable et la gorge tr&#232;s &#233;troite. Quand les eaux sont abondantes il doit y avoir l&#224; une jolie cascade, pour le moment il n'y a pas une goutte d'eau et, en fait de liquide, je ne vois que celui qui tombe de mon front en limpides gouttelettes. Elle est dure cette vieille route de Cerdon, mais j'aime mieux encore l'avoir faite &#224; la mont&#233;e qu'&#224; la descente, car elle est bien mal entretenue et je n'avais pas mon frein sabot.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je rejoins peu de temps apr&#232;s la nouvelle route qui passe &#224; la Balme, que j'aurais d&#251; prendre avant d'entrer &#224; Cerdon, et qui, plus longue de 2 &#224; 3 kilom&#232;tres, est beaucoup plus accessible aux cyclistes. Un peu avant Maill&#226;t commence la descente qui me conduira &#224; Port, sur les bords du lac de Nantua&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'ai &#224; plusieurs reprises, pendant cette descente, l'occasion de me servir du frein Lehut qui fonctionne d'une fa&#231;on tr&#232;s satisfaisante tant qu'on ne le laisse pas appliqu&#233; plus de quelques minutes et &#224; la condition de s'en servir sans brusquerie, sinon il arr&#234;te si brusquement qu'on risque d'&#234;tre jet&#233; bas de la selle. Outre ce frein &#224; tambour sur la roue arri&#232;re, j'ai le frein ordinaire &#224; cuiller sur la roue avant et les deux me donnent assez de confiance pour que je n'h&#233;site pas &#224; faire toutes les descentes les pieds sur la t&#234;te de fourche.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;troit chemin qui longe le lac de Nantua resserr&#233; entre l'eau et le chemin de fer, est gentil au possible et propice aux promenades sentimentales au clair de la lune : les Nuantuaises doivent le conna&#238;tre. Nantua est une de ces petites villes o&#249; il fait bon vivre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; entour&#233;e de hautes montagnes bois&#233;es qui rappellent, en plus petit, celles de la Grande Chartreuse, Elle offre &#224; ses habitants des excursions charmantes d'o&#249; l'hygi&#232;ne n'est pas exclue, car respirer entre 500 et 1.000 m&#232;tres d'altitude un air purifi&#233; par son passage &#224; travers des for&#234;ts de sapins, c'est de l'hygi&#232;ne ou je ne m'y connais pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je poursuis : la route est toute charmante et mes yeux ne se lassent pas de regarder &#224; droite et &#224; gauche&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'envie le bonheur paisible des habitants de ces lieux fortun&#233;s (style 1830) que de fois j'ai ainsi d&#233;sir&#233; vivre dans les pays que je traversais, d&#233;sir d'une heure chass&#233; par le d&#233;sir de l'heure suivante&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#192; Neyrolles mon estomac crie famine&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un oeuf, quelques poires, du pain bis et de l'eau lui donnent le r&#233;confort dont il a besoin&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il est pr&#232;s de 10 heures et l'on s'achemine vers l'&#233;glise, il y a de fort jolies paroissiennes &#224; Neyrolles&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; dans un aussi joli pays, pourrait-il en &#234;tre autrement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Je ne suis pas bien loin du lac de Sylans o&#249;, par une l&#233;g&#232;re mont&#233;e, la route m'am&#232;ne. Ce lac m'a paru moins pittoresque que le lac de Nantua, les eaux sont basses et laissent voir le limon et le sable, des baraquements y sont &#233;lev&#233;s par la Compagnie des Glaci&#232;res qui y fait en hiver une r&#233;colte abondante&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pour l'instant ch&#244;mage complet.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a monte, &#231;a descend, &#231;a remonte, &#231;a redescend&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je n'ai pas eu, je crois, un kilom&#232;tre de franchement plat depuis Poncin, et jusqu'&#224; mon retour &#224; Amb&#233;rieu ce sera kif-kif&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on se fait &#224; ce r&#233;gime&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pourvu que je puisse &#224; la descente, me mettre au repos complet, ces routes en montagnes russes ne me fatiguent gu&#232;re plus que la plaine insipide et j'ai pour b&#233;n&#233;fice net l'agr&#233;ment du paysage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je descendais depuis assez longtemps et comptais ainsi aller jusqu'&#224; Ch&#226;tillon-de-Michaille, quand une bifurcation m'arr&#234;te. Je suis au point o&#249; la route qui remonte la Valserine et conduit au col de la Faucille, s'embranche sur mon itin&#233;raire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est une route que je ferai un jour ou l'autre. Le poteau indicateur m'informe que Ch&#226;tillon-de-Michaille est &#224; 3 kilom&#232;tres plus loin et j'y arrive en rampe douce &#224; 11 heures et demie. Vite un brin de toilette dans un pr&#233; voisin et allons rendre visite &#224; notre excellent ami et collaborateur, le docteur Julliard, le remercier au nom des lecteurs du Cycliste, de ses r&#233;cits, de ses chroniques, de tout ce qu'il a d&#233;j&#224; fait et de tout ce qu'il fera encore pour notre bonne vieille revue, la grand'm&#232;re des journaux cyclistes de France. Un destin que je n'ose qualifier de cruel puisqu'il sera la cause d'une deuxi&#232;me excursion, veut que, ce jour-l&#224; justement, le docteur soit absent sans qu'on puisse me dire exactement &#224; quelle heure il rentrera, si bien qu'&#224; 2 heures et demie je repartirai sans avoir eu le plaisir de causer un instant cyclotourisme avec ce touriste exp&#233;riment&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un petit h&#244;tel dont le nom m'&#233;chappe, au point de rencontre des routes de Belle-garde, Culoz et Nantua, j'obtiens un seau d'eau fra&#238;che pour me doucher et un repas &#224; peu pr&#232;s v&#233;g&#233;tarien, ce qui n'est pas toujours chose facile. En quittant Ch&#226;tillon-de-Michaille, par la route qui va en ligne absolument droite &#224; Vouvray, il me semble avoir le vent bien dans le nez&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le matin, cependant, il m'avait paru souffler au Nord, et je serais curieux de savoir quelle a &#233;t&#233; sa direction g&#233;n&#233;rale ce jour-l&#224;. On ne sait jamais &#224; quoi s'en tenir avec cet insaisissable adversaire. Un jeune cycliste du pays, &#224; qui j'avais demand&#233; des renseignements sur la route jusqu'&#224; Culoz, m'avait assur&#233; que &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;c'&#233;tait plat tout le temps&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un dr&#244;le de plat, en v&#233;rit&#233;, o&#249; l'on descend toujours, &#224; moins que l'on ne monte, mais il ne faut pas se plaindre puisqu'on s'abaisse, en d&#233;finitive, de 250 m&#232;tres, au bas mot, sur 40 kilom&#232;tres. J'ai eu pendant ce trajet l'occasion de faire des descentes magnifiques, ni trop longues, ni trop rapides pour devenir dangereuses, mais suffisantes pour me faire go&#251;ter l'ivresse de la vitesse, rassur&#233; par l'&#233;nergie de mon frein Lehut. et la solidit&#233; de ma monture.&lt;br class='autobr' /&gt;
On a constamment &#224; gauche un panorama splendide.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout &#224; coup la route plonge, par des lacets successifs, vers le Rh&#244;ne qui serpente &#224; 100 m&#232;tres au-dessous de moi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; qu'est-ce que cela veut dire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Au lieu de rester &#224; flanc de coteau me serais-je engag&#233; par m&#233;garde sur l'embranchement qui conduit &#224; Seyssel o&#249; je ne dois pas passer&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je m'arr&#234;te, ind&#233;cis, et attends qu'un passant m'explique la situation. Qu'il est donc ridicule de s'embarquer ainsi sans la moindre carte&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! On ne m'y reprendra plus. Deux indig&#232;nes se pr&#233;sentent et j'apprends que je suis bien dans la bonne voie et encore assez loin de Seyssel, ils me montrent la route qui, apr&#232;s avoir plong&#233; au fond d'un ravin, remonte &#224; son niveau de l'autre c&#244;t&#233; et m'apprennent qu'une nouvelle route est en construction&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'en verrai l'amorce tout &#224; l'heure&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; qui supprimera cette inutile descente et cette mont&#233;e plus inutile encore. Bravo Messieurs les Ing&#233;nieurs, s'&#233;crierait P. d'Allabille, rectifiez les sottises de vos pr&#233;d&#233;cesseurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Arriv&#233; en bas, persuad&#233; que je vais avoir &#224; grimper rudement, je prends ma faible multiplication (3,40) et je me rehisse sans effort &#224; l'altitude que j'avais perdue&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la pente, &#224; la v&#233;rit&#233;, ne justifie pas un aussi faible d&#233;veloppement, si ce n'est peut-&#234;tre pendant quelques centaines de m&#232;tres, mais je ne m'en trouve pas mal et j'attends la premi&#232;re descente pour reprendre 5 m. 90. Sur une sorte d'&#233;peron, les murs ruin&#233;s d'un ch&#226;teau fort ajoutent au paysage un charme de plus&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'admire avec quel art les seigneurs qui se construisaient ces repaires en choisissaient l'emplacement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avant d'arriver &#224; Ch&#226;tillon, j'avais remarqu&#233; le matin un village entour&#233; de murailles encore en assez bon &#233;tat et paraissant fortifi&#233; comme au bon vieux temps. Ces vestiges du barbarisme moyen&#226;geux font r&#234;ver un instant le cycliste solitaire qui passe, seul et rapide, &#224; travers les tableaux vari&#233;s que la nature immuable ou la civilisation toujours changeante lui offrent de toutes parts.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici la descente sur Seyssel que je laisse &#224; gauche pour traverser un village en f&#234;te&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les visiteurs y sont si nombreux que je suis forc&#233; de mettre un instant pied &#224; terre, et d'aller ensuite, pendant un ou deux kilom&#232;tres, &#224; une allure tr&#232;s mod&#233;r&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je retrouverai un peu plus tard le m&#234;me encombrement &#224; Argis, entre Tenay et Amb&#233;rieu. On ne laisse pas passer les occasions de se distraire &#224; la campagne, mais qu'il est triste de constater que les distractions de la plupart des hommes ont un caract&#232;re si peu &#233;lev&#233; et consistent uniquement &#224; boire plus que de raison, des drogues infectes et &#224; tenir des propos dont l'incoh&#233;rence &#233;gale la stupidit&#233;. O&#249; sont tes bergers, &#244; Virgile&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s Seyssel, on descend d'une fa&#231;on tr&#232;s appr&#233;ciable jusqu'&#224; Anglefort d'o&#249; quelques kilom&#232;tres de presque plat m'am&#232;nent &#224; Culoz. Le sol qui, jusqu'&#224; pr&#233;sent, a &#233;t&#233; tr&#232;s m&#233;diocre, devient atroce, on ne roule plus on navigue dans la poussi&#232;re&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mon p&#233;dalier haut me met heureusement &#224; l'abri du d&#233;rapage dont justement est victime, sous mes yeux, un cycliste que je suis depuis un moment. Deux passages &#224; niveau successifs, barri&#232;res ferm&#233;es, me font maugr&#233;er contre le grand fr&#232;re&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il est 4 heures 1 /2 &#224; ma montre et &#224; peine 4 heures 1 /4 au chemin de fer&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'arriverai donc &#224; Tenay avant la nuit noire &#224; condition de ne pas perdre de temps. Mais la guigne me fait juste &#224; ce moment perdre un quart d'heure&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; apr&#232;s Artemare, je file droit sur la gare au lieu de tourner &#224; droite, je me vois forc&#233;, apr&#232;s avoir gaspill&#233; quelques minutes en vaines explications, de revenir sur mes pas &#224; travers une poussi&#232;re, mais une poussi&#232;re&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Il pleut au moment o&#249; j'&#233;cris&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'en suis enchant&#233; pour les gens de l&#224;-bas, je regrette seulement qu'il n'ait pas plu avant mon passage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Virieu-le-Grand : de l'eau&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; de l'ombre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce coin-l&#224; para&#238;t fort gentil, je m'y d&#233;salt&#233;rerais volontiers, car la poussi&#232;re m'a s&#233;ch&#233;, mais la nuit s'avance &#224; grands pas&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'ai 5 heures et 1 /2. J'avise un facteur rural : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Combien de kilom&#232;tres jusqu'&#224; Tenay&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? 23 me r&#233;pond-il sans h&#233;siter. Merci. J'acc&#233;l&#232;re un peu l'allure et le sol est moins poussi&#233;reux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; bient&#244;t la lune dessine devant, moi une ombre vague, incertaine, c'est la mienne, &#224; mesure que le jour baisse elle s'accentue, et la transition se fait ainsi du jour &#224; la nuit insensiblement, sans que j'en aie conscience.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'es aco&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? un chaotique amas de pierres, de morceaux de rochers, &#224; travers lequel la route resserr&#233;e &#224; l'extr&#234;me ne laisserait passer qu'avec peine une voiture, puis un pont &#233;troit, un passage &#224; niveau, un autre pont branlant, toujours dans l'amoncellement de ces d&#233;bris de montagne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Assur&#233;ment, il s'est pass&#233; l&#224; quelque chose d'anormal, quelque &#233;boulement a eu lieu qui me para&#238;t avoir m&#234;me d&#233;plac&#233; la route. Cela ne me surprend que tout juste, et ces &#233;troits ravins, encaiss&#233;s entre les montagnes rocheuses, tr&#232;s friables, doivent &#234;tre habitu&#233;s &#224; de telles surprises. Ceux qui n'aiment pas s'exposer &#224; recevoir des tuiles sur le cr&#226;ne feront bien de ne pas trop fr&#233;quenter par l&#224;. 6 heures 1 /2, je ne dois pas &#234;tre loin de Tenay&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; des groupes de promeneurs commencent &#224; me crier : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Et ta lanterne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Cela sent la civilisation. Tout le monde est sur la route &#224; prendre le frais qui est presque froid, j'allume un falot, j'agite le grelot et me sentant en r&#232;gle avec les autorit&#233;s, je demande la place &#224; laquelle j'ai droit&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je puis passer non sans m'attirer pas mal de stupides apostrophes de la part de la jeunesse qui revient &#233;m&#233;ch&#233;e de la vogue d'Argis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon repas du soir dans un petit cabaret, 2 ou 3 kilom&#232;tres avant Saint-Rambert, se compose d'un grand bol de lait et de fruits&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je me trouve trop bien du r&#233;gime v&#233;g&#233;tarien pour m'en d&#233;partir jamais. Quand on sort de table, il semble que l'on mangerait encore, et une demi-heure apr&#232;s, on se sent solidement r&#233;confort&#233; parce que l'assimilation est parfaite.&lt;br class='autobr' /&gt;
La nuit, dans cette gorge, se fait plus noire malgr&#233; le clair de lune et plus froide aussi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je m'applique un journal sur la poitrine, un autre dans le dos, rel&#232;ve le col de mon veston, enfonce ma casquette jusqu'aux oreilles et vogue la gal&#232;re, en route pour la gare d'Amb&#233;rieu. &#192; Saint-Rambert, les gens se couchent, &#224; Torcieu ils sont couch&#233;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'avais pourtant un renseignement &#224; demander. Baste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! j'irai &#224; l'aventure. Lors d'une excursion que je fis jusqu'&#224; Tenay, cet &#233;t&#233;, je remarquai, en revenant, peu apr&#232;s Torcieu un chemin qui filait &#224; gauche et paraissait suivre la ligne droite et le vallon pendant que la route fait un angle droit, grimpe &#224; Amb&#233;rieu d'o&#249; il faut ensuite redescendre sur la gare. Ce chemin, pensais-je, doit m'&#233;viter la mont&#233;e et, un bon kilom&#232;tre, prenons-le. C'&#233;tait, ainsi que je le constate maintenant sur la carte, c'&#233;tait assez bien raisonn&#233;, mais encore e&#251;t-il fallu suivre jusqu'au bout et le raisonnement et le chemin. Or, en pleine nuit, ce chemin me paraissait assez long, long, et faute de points de rep&#232;re, je commen&#231;ais &#224; craindre d'avoir mal combin&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; aussi &#224; Bettant, petit hameau o&#249; un cabaretier veille encore, n'ai-je rien de plus press&#233; que de demander le plus court pour aller &#224; Amb&#233;rieu&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais je ne coupe ni &#224; l'angle, ni &#224; la mont&#233;e que j'avais voulu &#233;viter. Morale. Il ne faut pas, la nuit s'en aller &#224; l'aventure, par des chemins inconnus. &#192; la gare d'Amb&#233;rieu, je fermais, &#224; 9 heures du soir, le cercle que j'avais ouvert &#224; 7 heures du matin d'une des plus jolies excursions dominicales que j'aie jamais faites et au cours de laquelle, j'aurais d&#251;, ce me semble, rencontrer quelques cyclotouristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;VELOCIO&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bis repetita placent, S&#230;pe repetita docent. (1897)</title>
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		<dc:date>2020-06-05T10:11:21Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Avant 1900</dc:subject>
		<dc:subject>Lyon</dc:subject>
		<dc:subject>Saint-Etienne</dc:subject>
		<dc:subject>1897</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Je vais assez fr&#233;quemment &#224; bicyclette de Saint-&#201;tienne &#224; Lyon et vice versa, tant&#244;t par Duerne, tant&#244;t en prenant le chemin des &#233;coliers par le Bessat et les bords du Rh&#244;ne, parfois aussi en suivant la route directe par Givors, laquelle est bien monotone&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il est bien rare que j'y rencontre d'autres cyclistes que ceux du cru, facilement reconnaissables &#224; l'absence de tout bagage et &#224; leurs allures.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?rubrique35" rel="directory"&gt;1896-1900 P&#233;riode h&#233;ro&#239;que&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;Avant 1900&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot37" rel="tag"&gt;Lyon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot38" rel="tag"&gt;Saint-Etienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot73" rel="tag"&gt;1897&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Paul de Vivie alias V&#233;locio, Le Cycliste, mai 1897, Source Archives d&#233;partementales de la Loire, c&#244;te Per1328_5&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai fait le mois dernier ou plut&#244;t r&#233;&#233;dit&#233;, car j'ai signal&#233; ce fait bien souvent, une remarque que beaucoup de lecteurs du &lt;i&gt;Cycliste&lt;/i&gt; m'ont confirm&#233;e. Le grand tourisme parait &#234;tre moins cultiv&#233; qu'autrefois et lorsqu'on s'aventure &#224; 50 ou &#224; 100 kilom&#232;tres des grandes villes ou des centres de vill&#233;giature, on est &#224; peu pr&#232;s s&#251;r, &#224; mesure qu'on s'&#233;loigne, de rencontrer de moins en moins des cyclotouristes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il vous souvient, sans doute, des r&#233;cits de voyages qui, de 1888 &#224; 1892, rendirent &lt;i&gt;Le Cycliste&lt;/i&gt; si int&#233;ressant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les voyages aux Pyr&#233;n&#233;es et aux gorges du Tarn qui, &#224; cette &#233;poque, n'avaient pas encore &#233;t&#233; civilis&#233;es par le Club Alpin, si bien relat&#233;s par M.&#160;Ducroux, et tant d'autres r&#233;cits sont l&#224; pour t&#233;moigner de ce que fut le tourisme au bon vieux temps des caoutchoucs pleins et creux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on partait volontiers &#224; cinq ou six compagnons pour huit jours, pour un mois et l'on allait dans les r&#233;gions les plus pittoresques mais aussi les plus d&#233;sertes, sans s'inqui&#233;ter si l'on trouverait &#224; point nomm&#233; un poste de secours, ou une plaque du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt;&#224; la porte d'un aubergiste-r&#233;parateur de pneus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour ne parler que de ce que j'ai vu dans mon petit coin des C&#233;vennes o&#249; les touristes ont toujours &#233;t&#233; rares, mais que M.&#160;de Baroncelli, l'auteur des guides si estim&#233;s, a entrepris de parcourir cette ann&#233;e, de fouiller, de classer et de condenser en un fascicule qui, sous le titre de guide des C&#233;vennes, fera suite aux guides des Vosges, de la Normandie et de la Bretagne d&#233;j&#224; parus, pour ne parler, dis-je, que de ce que j'ai vu, j'affirme que sur nos routes si bien entretenues et si favorables aux cycles, je rencontre beaucoup moins de cyclotouristes qu'autrefois. Je vais assez fr&#233;quemment &#224; bicyclette de Saint-&#201;tienne &#224; Lyon et vice versa, tant&#244;t par Duerne, tant&#244;t en prenant le chemin des &#233;coliers par le Bessat et les bords du Rh&#244;ne, parfois aussi en suivant la route directe par Givors, laquelle est bien monotone&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il est bien rare que j'y rencontre d'autres cyclistes que ceux du cru, facilement reconnaissables &#224; l'absence de tout bagage et &#224; leurs allures.&lt;br class='autobr' /&gt;
Autrefois, j'avais d'abord beaucoup de chances de trouver un compagnon dispos&#233; &#224; m'accompagner&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ensuite, il m'arrivait de temps en temps de rattraper un touriste allant dans le m&#234;me sens ou d'&#234;tre rattrap&#233; par lui et d'entrer en conversation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Petit &#224; petit, la g&#233;n&#233;ration qui adopta la bicyclette d&#232;s son apparition et qui ne vit en elle qu'un outil de tourisme, a vieilli et peut-&#234;tre s'est faite casani&#232;re&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quant aux nouvelles couches, sauf quelques exceptions, elles ne paraissent comprendre en fait de tourisme que le tourisme banlieusard chant&#233; par Fafiotte et b&#233;ni par Giffard, pontifex maximus. Il y a partout, &#224; dix ou vingt kilom&#232;tres de la grande ville, en un site plus ou moins s&#233;duisant un groupe de guinguettes, gargottes et tord-boyaux o&#249; les cyclistes ont pris l'habitude d'aller s'abattre, et tout le long de ces dix ou vingt kilom&#232;tres on ne voit, le dimanche, que cycles de tous genres &#224; la porte des cabarets. Saluez, c'est le tourisme banlieusard qui passe et qui boit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Autour des villes d'eaux, c'est absolument la m&#234;me chose, seulement les cycles sont tr&#232;s chic et ceux qui les montent superchic.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; cet effet qui ne se peut nier, il doit y avoir une cause, car la g&#233;n&#233;ration d'aujourd'hui doit avoir certainement, toutes autres choses &#233;gales, les m&#234;mes aspirations que la g&#233;n&#233;ration qui ne la pr&#233;c&#232;de que de dix ans, et celle-ci m&#234;me n'est point tant d&#233;cr&#233;pite encore pour &#234;tre, sans raison, devenue casani&#232;re &#224; ce point.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette cause, j'ai cru la d&#233;couvrir, voil&#224; d&#233;j&#224; pas mal d'ann&#233;es dans l'usage de plus en plus g&#233;n&#233;ral des pneumatiques sur lesquels se sont greff&#233;es depuis deux ou trois saisons les machines l&#233;g&#232;res. Pneumatiques et machines l&#233;g&#232;res &#8212; je me h&#226;te de le dire pour qu'on ne m'accuse pas d'&#234;tre tout &#224; fait rococo &#8212; s'accordent admirablement et conviennent toutes les fois qu'il s'agit de courses ou de promenades ou encore de certains services tels que celui des cyclistes-express qui supposent une organisation telle que jamais un homme ne se met en route que pour une courte distance et sans que sa machine et ses pneumatiques aient &#233;t&#233; v&#233;rifi&#233;s. Mais les touristes, Seigneur&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! qui n'ont ni entra&#238;neurs, ni personnel sp&#233;cial pour s'occuper de leur monture et qui ont besoin pourtant de la trouver toujours pr&#234;te&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les touristes m&#234;me les simples baladeurs du dimanche feront-ils devant un pneumatique qui fait des caprices, devant une machine l&#233;g&#232;re qu'ils sentent g&#233;mir et demander gr&#226;ce d&#232;s que la route cesse d'&#234;tre unie comme un miroir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils n'oseront plus marcher, ils n'oseront m&#234;me plus se mettre en route, et c'est bien ce qui arrive. Je pourrais citer nombre d'amateurs qui au temps des caoutchoux creux ne laissaient pas un seul jour leur machine inactive et pr&#233;paraient ainsi par entra&#238;nement quotidien les longues excursions dominicales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, ces m&#234;mes amateurs qui ne sont pas encore d&#233;mont&#233;s tant s'en faut, car un v&#233;ritable cycliste reste cycliste jusqu'&#224; son dernier jour, et qui ont &#224; l'&#233;curie deux bicyclettes plut&#244;t qu'une, ces m&#234;mes amateurs doivent avant de sortir s'occuper un instant de leurs pneumatiques. Pendant la lune de miel, c'est-&#224;-dire pendant les trois premiers mois, ceux-ci se comportent assez bien, mais bient&#244;t un coup de pompe est n&#233;cessaire, le pneu se d&#233;gonfle lentement mais s&#251;rement, une boursouflure suspecte se d&#233;clare, indice d'un prochain &#233;clatement, une v&#233;rification s&#233;rieuse s'impose&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un beau jour, on se met &#224; l'&#339;uvre, on d&#233;monte avec peine, on examine, on d&#233;cide d'attendre encore avant de remplacer son pneumatique qui para&#238;t encore neuf et l'on remonte p&#233;niblement. De ce jour, ce pneumatique vous exasp&#232;re par ses lubies et comme vous avez juste une heure, chaque jour &#224; consacrer &#224; la promenade et qu'il vous d&#233;pla&#238;t de passer la premi&#232;re moiti&#233; de cette heure &#224; palper votre pneu, &#224; pomper et &#224; repomper, vous ne sortez plus que le dimanche, puis de temps en temps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tandis que si votre bicyclette &#233;tait toujours pr&#234;te, vous sortiriez encore tous les jours comme autrefois, car les motifs qui vous faisaient appr&#233;cier cet exercice existent toujours et vous avez plus que jamais, en vieillissant, besoin de secouer par l'exercice, un corps qui s'&#233;paissit parce qu'il ne d&#233;pense pas assez. Je ne connais pas un, je connais dix amateurs dans cette condition-l&#224; et j'ai moi-m&#234;me pendant deux ou trois ans, malgr&#233; plusieurs montures &#224; ma disposition, souffert de pneumaticopathie&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je renon&#231;ais petit &#224; petit &#224; ma quotidienne promenade et, tout comme un simple Giffard, j'&#233;paississais non seulement au physique mais au moral&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le pingue ing&#233;nium que tant redoutait Horace me mena&#231;ait. Je n'ai mis bon ordre &#224; cet &#233;tat de choses qu'en revenant au caoutchouc creux d'une fa&#231;on non pas exclusive puisque je me sers tr&#232;s souvent de pneumatiques mais d&#233;finitive, j'aurai d&#233;sormais toujours &#224; mon service une bicyclette ou un tricycle &#224; caoutchouc creux et franchement sur bonne route ordinaire, &#224; l'allure qui convient &#224; un cyclotouriste ou &#224; un hygi&#233;nocycliste je me demande souvent si je roule sur creux ou sur pneumatique&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il n'y a de diff&#233;rence sensible &#8212; encore faut-il que les pneumatiques ne soient pas gonfl&#233;s &#224; bloc et qu'ils soient de fort calibre &#8212; que sur les pav&#233;s maudits.&lt;br class='autobr' /&gt;
Baste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! nous avons roul&#233; sur caoutchoucs pleins de 19 et de 16 millim&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mieux n'a-t-il pas &#233;t&#233; ici encore, l'ennemi du bien&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Je conseille donc &#224; tous ceux qui souffrent d'&#234;tre immobilis&#233;s alors qu'ils pr&#233;f&#233;reraient s'agiter au grand air et retenus au logis par l'inconstance de leurs pneumatiques, de faire ce que j'ai fait, de compl&#233;ter leur &#233;curie par l'adjonction d'une forte bicyclette de route &#224; gros caoutchoucs creux, tringl&#233;s si possible.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais surtout pas de machines l&#233;g&#232;res&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! les pneumatiques, c'est entendu, prot&#232;gent les machines encore plus que le cavalier et permettent de r&#233;duire &#224; un minimum l'&#233;paisseur des tubes, la force des raccords, le calibre des rayons&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#231;'a &#233;t&#233; vrai au d&#233;but, alors que les pneumatiques avaient 55 et 60 millim&#232;tres de diam&#232;tre et justement alors on ne songeait nullement &#224; all&#233;ger les machines et nous ne rougissions pas d'une bicyclette de 20 kilos, c'est m&#234;me avec une telle monture que j'ai fait ce que je consid&#232;re comme ma plus belle performance&#160;: Saint-&#201;tienne &#8212; Yssingeaux et retour par Montfaucon en huit heures, temps que je n'esp&#232;re battre qu'avec une future Gauloise &#224; quatre multiplications.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui ce n'est plus vrai, car les minuscules bandages de 30 &#224; 40 millim&#232;tres qu'on est forc&#233; de tenir tr&#232;s gonfl&#233;s sans quoi &#224; chaque cahot la jante porterait sur le sol, ne prot&#232;gent plus suffisamment les machines que l'on s'obstine &#224; vouloir l&#233;g&#232;res, que les fabricants entra&#238;n&#233;s malgr&#233; eux font de plus en plus l&#233;g&#232;res m&#234;me lorsqu'on ne le leur demande pas et l'on recommence &#224; entendre parler de rayons cass&#233;s et de tubes d&#233;bras&#233;s, cette peste dont nous e&#251;mes &#224; souffrir au temps des caoutchoucs pleins et que depuis quelques ann&#233;es on consid&#233;rait comme d&#233;finitivement disparue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais aussi, voyez jusqu'o&#249; vont les illusions des n&#233;ocyclistes auxquels des amis imprudents s'avisent de donner des conseils qu'un gendre n'oserait m&#234;me pas donner &#224; sa belle-m&#232;re, tellement ils sont homicides.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici un gaillard qui p&#232;se bon poids 120 kilos, il veut une bicyclette confortable c'est-&#224;-dire avec frein, garde-boue, carter, bonne selle et fortes p&#233;dales et pesant, tout cela compris, 13 &#224; 14 kilos au grand grand maximum&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Comprend-on une telle aberration&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Une bicyclette pesant, nue, &#224; peine 10 kilos pour porter un homme de 120 kilos sur des routes raboteuses, &#224; grande vitesse &#224; la descente&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Quel est l'ing&#233;nieur qui oserait dire que cela portera ceci impun&#233;ment et qui construirait des v&#233;hicules m&#234;me roulant sur rails pour porter douze fois leur propre poids, des wagons de 900 kilos charg&#233;s de 10 tonnes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant ce n&#233;ocycliste de 120 kilos est parfois ing&#233;nieur lui-m&#234;me, il est capable de calculer exactement la force de r&#233;sistance des tubes et des rayons d'acier et &#224; ce v&#233;hicule qu'il n'oserait charger de 120 kilos de charbon, il va confier sa propre personne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; ces objections sens&#233;es que ne lui feront certes pas tous les marchands, il ne sait r&#233;pondre que ceci&#160;: mes amis dont quelques-uns sont aussi lourds que moi, ne montent pas des bicyclettes plus lourdes que cela et qui r&#233;sistent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, elles r&#233;sistent un certain temps, jusqu'&#224; ce qu'elles vous cassent net entre les jambes. Est-ce qu'il ne serait pas raisonnable de proportionner le poids de la machine au poids du cavalier et de fixer une fois pour toutes cette proportion qui &#224; mon avis devrait &#234;tre &#224; peu pr&#232;s celle-ci&#160;:&lt;br class='autobr' /&gt;
9 &#224; 10 kilos jusqu'&#224; 50 kilos&lt;br class='autobr' /&gt;
12	&#8212; de 60 &#224; 75&lt;br class='autobr' /&gt;
14	&#8212; de 80 &#224; 100&lt;br class='autobr' /&gt;
16	&#8212; de 100 &#224; 125&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces poids de machines devant s'entendre pour les parties essentielles de la bicyclette, roues et cadres, sans selle, p&#233;dales, frein, garde-boue ni aucun accessoire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on avait propos&#233; autrefois la loi du cinqui&#232;me qui n'est juste que pour le poids moyen, car il ne faut pas exag&#233;rer et affliger de machines de 25 kilos des hommes qui p&#232;sent d&#233;j&#224; 125 kilos et que la solution du probl&#232;me de l'Homme de la Montagne atteint si rudement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si les bicyclettes l&#233;g&#232;res sont souvent dangereuses m&#234;me avec pneumatiques, &#224; plus forte raison le seraient-elles avec creux et j'augmente volontiers les poids ci-dessus de 20&#8239;% s'il s'agit de bicyclettes de route &#224; caoutchoucs creux, augmentation qui portera exclusivement sur l'&#233;paisseur et la force des tubes, des jantes et des rayons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&#233;locio.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Au Mont-Verdun. (1896)</title>
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		<dc:date>2019-11-29T10:31:44Z</dc:date>
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		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Avant 1900</dc:subject>
		<dc:subject>Lyon</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;La montagne, voyez-vous, il n'y a encore que &#231;a pour le v&#233;ritable touriste amant de la nature, et je comprends les jouissances que l'Homme de la Montagne se pr&#233;pare lorsque, consid&#233;rant les cartes dont ses murs sont tapiss&#233;s, il met son doigt sur les points les plus assombris par les hachures et dit : J'irai excursionner l&#224;.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?rubrique35" rel="directory"&gt;1896-1900 P&#233;riode h&#233;ro&#239;que&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;Avant 1900&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot37" rel="tag"&gt;Lyon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Paul de Vivie alias V&#233;locio, Le Cycliste, 1896, Source Archives d&#233;partementales de la Loire, cote &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PER1328&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me plaignais, dans un des derniers num&#233;ros du Cycliste, de n'avoir pu rencontrer &#224; proximit&#233; de Lyon de vraies routes de montagnes bonnes comme sol, mais longues et ardues comme rampes, telles qu'on en rencontre &#224; foison, souvent plus qu'on n'en d&#233;sire dans nos C&#233;vennes, et d'&#234;tre oblig&#233; d'ajouter les unes aux autres plusieurs mont&#233;es successives, Choulans, Champagne, Limonest, avant d'arriver &#224; un total convenable pour un cycliste montagnard, et calmant pour un homme qui attache &#224; tort ou &#224; raison une grande importance hygi&#233;nique aux su&#233;es &#233;nergiques que lui procure la bicyclette.&lt;br class='autobr' /&gt;
M.&#160;Perrache (l'Homme de la Montagne) entendit mes plaintes et eut l'aimable pens&#233;e de les faire cesser en m'invitant &#224; l'accompagner pendant une de ses promenades habituelles par un chemin qui n'aurait pas de pierres, mais qui suffirait peut-&#234;tre &#224; mon hygi&#232;ne. M.&#160;Perrache habite &#224; Rochetaill&#233;e &#224; deux pas de Lyon, sur les bords de la Sa&#244;ne, entre Fontaines et Neuville, un petit cottage admirablement situ&#233; pour les go&#251;ts de son propri&#233;taire qui, par dessus tout, aime la vie au grand air : p&#234;che, chasse, excursions, tout est &#224; sa port&#233;e imm&#233;diate&#160;: il n'a qu'&#224; sortir de son &lt;i&gt;home&lt;/i&gt; pour se trouver en pr&#233;sence des rampes raides n&#233;cessaires &#224; l'entra&#238;nement sp&#233;cial des cyclotouristes de montagne. Aussi conna&#238;t-il tous les coins et recoins du massif qui, au nord, forme la principale d&#233;fense de Lyon et que le fort du Mont Verdun domine.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est de ce c&#244;t&#233;, naturellement, qu'en sortant de Rochetaill&#233;e, le trois mai &#224; trois heures de relev&#233;e, nous point&#226;mes nos guidons. Le vent du nord dont nous souffrons depuis si longtemps &#233;tait &#224; ce moment assez violent pour rendre la route presque d&#233;serte et jusqu'&#224; Neuville nous ne rencontr&#226;mes, chose extraordinaire, pas un seul cycliste. J'examinai, chemin faisant, la monture de M.&#160;Perrache et je constatai non sans plaisir que nous nagions dans les m&#234;mes eaux. Bicyclette plut&#244;t solide que l&#233;g&#232;re, cadre plus conforme &#224; la raison qu'&#224; la mode actuelle, forte selle B avec le bec verticalement au-dessus de l'axe du p&#233;dalier, p&#233;dales caoutchouc et, last not least, gros pneumatiques Michelin tringl&#233;s. Le lecteur voudra peut-&#234;tre bien se rappeler l'insistance avec laquelle j'ai pris, d'ann&#233;e en ann&#233;e, dans le Cycliste, la d&#233;fense des pneumatiques Michelin tringl&#233;s tels qu'on les faisait en 1893&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'&#233;tais donc bien aise de retrouver dans un touriste aussi exp&#233;riment&#233; que l' Homme de la Montagne, la confirmation de mes propres id&#233;es tant sur les machines que sur la position de la selle et que sur les pneumatiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au pont de Neuville (alt. 180 m&#232;tres), nous tournons &#224; gauche, et une petite c&#244;te de quelques centaines de m&#232;tres nous am&#232;ne au d&#233;bouch&#233; d'un vallon tr&#232;s verdoyant o&#249; la route s'aplanit pendant deux kilom&#232;tres. Mon compagnon me recommande de profiter de ce temps d'arr&#234;t pour pr&#233;parer mes muscles &#224; l'escalade des sommets qui nous entourent et qui se resserrent de plus en plus&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; environ 3 kilom&#232;tres &#224; 7&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% en moyenne avec, &#231;&#224; et l&#224;, du 9&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, ce n'est pas de la petite bi&#232;re pour les cyclistes qui ont coutume de mesurer exactement les d&#233;clivit&#233;s et qui ne se vantent pas d'avoir fait du 12&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% quand ils ont gravi du 5&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% &#224; peine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bas la veste et &#224; l'ouvrage&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; d&#232;s les premi&#232;res maisons de Poleymieux-le-bas, la mont&#233;e se dessine et de braves gens qui se d&#233;rangent pour nous laisser passer murmurent&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; en voil&#224; deux qui n'iront pas bien loin&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est un coup d'aiguillon dont nous n'avions sans doute pas besoin, mais qui nous soutiendra si nous devons faiblir, car jusqu'au haut de la c&#244;te des regards curieux vont nous suivre. M.&#160;Perrache, partisan des faibles multiplications, d&#233;veloppe 3m80 par tour de p&#233;dale, tandis que je fais 5 m&#232;tres faute d'avoir pu choisir une monture moins multipli&#233;e pour la circonstance, car je suis, moi aussi, partisan des faibles multiplications, pour des rampes de cet acabit. Je prends donc les devants, car il me serait difficile de me tenir &#224; la hauteur de mon compagnon et, en principe, quand on fait une mont&#233;e dure en compagnie, il faut que chacun prenne l'allure qui lui convient le mieux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il n'y a en effet rien de fatigant comme de suivre une allure ou trop vive ou trop lente. La pente est r&#233;guli&#232;re, quelques paliers d'une cinquantaine de m&#232;tres corrig&#233;s aussit&#244;t par des raidillons carabin&#233;s. Le vent, heureusement, ne se fait pas sentir dans cette gorge encaiss&#233;e, et c'est au sommet seulement qu'il se mettra de la partie, tant&#244;t favorable tant&#244;t contraire.&lt;br class='autobr' /&gt;
A la hauteur de Poleymieux-le haut, je mets un instant pied &#224; terre et j'attends M.&#160;Perrache qui n'est du reste pas bien loin et dont l'effort est r&#233;gulier, la position tr&#232;s ais&#233;e, le buste immobile&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; son pied est cal&#233; sur la p&#233;dale o&#249; il est retenu non par des cale-pieds, mais par une rainure pratiqu&#233;e dans la semelle du soulier, dans laquelle s'engage un des barreaux de caoutchouc&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je pr&#233;f&#232;re avoir le pied enti&#232;rement libre afin de pouvoir tant&#244;t presser de la pointe tant&#244;t appuyer du milieu du pied quand la r&#233;sistance &#224; vaincre devient trop forte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous repartons et nous voici bient&#244;t au sommet (alt. 530 m&#232;tres)&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la derni&#232;re moiti&#233; de la route m'a sembl&#233; moins dure, bien que mon compagnon m'assure que la pente y est tout aussi accentu&#233;e et nous avons grimp&#233; &#224; raison de 9 kilom&#232;tres &#224; l'heure. Nous sommes au pied du mont Thou surmont&#233; d'une croix, point culminant (616 m&#232;tres) du massif du mont d'Or d'o&#249; sortent les excellents fromages de ce nom et nous tournons &#224; droite pour gagner le fort du Mont Verdun : chemin d&#233;fonc&#233;, montant et assur&#233;ment malais&#233; qui me force &#224; mettre pied &#224; terre, bien que la pente en soit relativement douce, mais rouler sur un lit de cailloux flottants ne pla&#238;t pas &#224; mon pneumatique Dunlop de faible calibre et il me faudrait de gros Michelin tringl&#233;s. Nous voici au col qui conduit &#224; Limonest et il ne nous reste qu'&#224; nous laisser couler par un chemin tr&#232;s mauvais aussi, coup&#233; de lacets dangereux si on s'avisait de les faire en vitesse. J'ai &#224; plusieurs reprises, pendant cette descente, l'occasion d'admirer chez mon compagnon le sang-froid et la parfaite possession de sa machine que l'Homme de la Montagne dit &#234;tre la cons&#233;quence de la faible multiplication&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les virages scabreux sont par lui effectu&#233;s &#224; bonne allure, la pipe aux l&#232;vres et une seule main au guidon, cependant que j'ai toutes les peines du monde en m'aidant des deux mains, des deux yeux et des deux pieds, &#224; maintenir ma monture et &#224; &#233;viter un glissement lat&#233;ral imminent. Nous passons &#224; c&#244;t&#233; d'un gentil castel &#224; multiples tourelles cach&#233; dans un pli du terrain et nous voici &#224; Limonest o&#249; nous nous offrons des rafra&#238;chissements bien m&#233;rit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
La partie int&#233;ressante du programme ayant &#233;t&#233; ainsi heureusement ex&#233;cut&#233;e, nous nous offrons la belle descente sur les Ch&#232;res au cours de laquelle M.&#160;Perrache tr&#233;pigne, selon l'expression de ses antagonistes, &#224; raison de 100 &#224; 200 coups de p&#233;dale &#224; la minute sans en para&#238;tre le moins du monde incommod&#233;. Nous traversons Chasselay et nous filons directement sur la gare de Saint-Germain-au-Mont-d'Or par une belle descente dont je profite pour tr&#233;pigner &#224; mon tour et obliger l'ap&#244;tre de la d&#233;multiplication &#224; monter &#224; 135 coups ce qui, j'imagine, doit &#234;tre un peu fatigant. Nous reprenons bient&#244;t la vitesse normale de 20 kilom&#232;tres &#224; l'heure et j'ai &#233;t&#233; surpris de constater en rentrant, par la mont&#233;e de Castellane, que mes membres cruraux, bris&#233;s par la c&#244;te de Poleymieux, refusent d'enlever gaillardement ces 1000 m&#232;tres &#224; 6%, si bien, qu'&#224; mi-c&#244;te, je suis oblig&#233; de mettre pied &#224; terre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si j'avais eu une faible multiplication, je n'aurais certainement pas &#233;prouv&#233; une pareille d&#233;ception et je me promets de recommencer cette exp&#233;rience avec une bicyclette multipli&#233;e &#224; 3m50, d'autant plus que, pour elle-m&#234;me, la promenade en vaut la peine. A mesure que l'on s'&#233;l&#232;ve, un merveilleux panorama se d&#233;roule&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; entre deux mamelons, le regard plonge jusqu'aux rives de la Sa&#244;ne f&#233;eriquement d&#233;cor&#233;es de villas et de jardins&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le vallon de Poleymieux forme, par lui-m&#234;me, un tr&#232;s joli tableau pour les myopes tels que moi qui ne peuvent go&#251;ter qu'imparfaitement les perspectives lointaines&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; du sommet enfin, pour peu que le temps soit clair, l'on aper&#231;oit les Alpes d'un c&#244;t&#233;, et de l'autre le massif du Pilat et les monts plus modestes du Lyonnais.&lt;br class='autobr' /&gt;
La montagne, voyez-vous, il n'y a encore que &#231;a pour le v&#233;ritable touriste amant de la nature, et je comprends les jouissances que l'Homme de la Montagne se pr&#233;pare lorsque, consid&#233;rant les cartes dont ses murs sont tapiss&#233;s, il met son doigt sur les points les plus assombris par les hachures et dit : J'irai excursionner l&#224;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;trop&#233;dalage (Mai 1903) </title>
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		<dc:date>2017-12-04T22:51:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Capitaine Perrache</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;trodirecte</dc:subject>
		<dc:subject>Auvergne</dc:subject>
		<dc:subject>Lyon</dc:subject>
		<dc:subject>Tarbes</dc:subject>
		<dc:subject>Pyr&#233;n&#233;es</dc:subject>
		<dc:subject>col de Ceyssat</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;&#192; quoi riment, me direz-vous, de pareils essais&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; prouver qu'avec la r&#233;tro on est ma&#238;tre absolu de son allure : gr&#226;ce &#224; elle point n'est besoin de s'entra&#238;ner pendant trois mois afin de doubler la puissance de son moteur&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; enfin on peut, sans se transformer en martyr, au milieu du jour et au cour de l'&#233;t&#233;, aborder le sourire aux l&#232;vres de dures c&#244;tes de montagne.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;La r&#233;trodirecte&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;R&#233;trodirecte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot34" rel="tag"&gt;Auvergne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot37" rel="tag"&gt;Lyon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot40" rel="tag"&gt;Tarbes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot63" rel="tag"&gt;Pyr&#233;n&#233;es&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot123" rel="tag"&gt;col de Ceyssat&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Perrache, Revue du Touring-Club de France, Mai 1903 &lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de ces deux derni&#232;res ann&#233;es un certain nombre de cyclistes ont fait l'essai du r&#233;tro-p&#233;dalage. Aucun d'eux n'a-t-il eu de d&#233;ception&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Je ne me suis pas berc&#233;, je l'avoue, un seul instant de pareille illusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup essayent la r&#233;tro par simple occasion, sans se pr&#233;occuper le moins du monde de placer la selle &#224; la demande de leur taille, &#224; peine s'accordent-ils un parcours de cents m&#232;tres en plaine pour apprendre &#224; p&#233;daler r&#233;tro, et les voil&#224; lanc&#233;s &#224; la conqu&#234;te d'une c&#244;te dure. Au bout de dix minutes ils reviennent bien convaincus qu'ils ont tout vu, tout compris et naturellement abandonnent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi d'&#233;tonnant&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Trouveriez-vous un seul d&#233;butant dans le cyclisme qui, &#224; bicyclette, n'abandonnerait pas lui aussi, essouffl&#233;, ruisselant, &#233;nerv&#233; apr&#232;s ses quatre premiers tours de man&#232;ge&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute, quelques-un font des essais moins sommaires, mais s'attardent, s'&#233;garent dans des recherches vaines, faute d'avoir des id&#233;es nettes sur ce que peut et par la suite sur ce que doit donner le r&#233;trop&#233;dalage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des divers articles publi&#233;s &#224; ce sujet, le public semble n'avoir gu&#232;re retenu que la conclusion g&#233;n&#233;rale et sous cette forme assez vague : la r&#233;tro monte mieux les c&#244;tes que la directe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement, suivant son temp&#233;rament, sa tournure d'esprit, disons m&#234;me sa manie, chacun interpr&#232;te ce qualificatif &#224; sa fa&#231;on : mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, aujourd'hui, qu'elle est la manie la plus commune, la plus enracin&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? C'est celle de demander &#224; la bicyclette de la vitesse, encore de la vitesse, rien que de la vitesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette manie, nous la devons au sport cycliste qui, depuis longtemps tomb&#233; au rang de r&#233;clame commerciale, n'h&#233;site pas &#224; recourir aux trucs les plus abracadabrants pour faire croire &#224; la r&#233;alit&#233; de progr&#232;s imaginaires. Voici quinze ans que les records s'&#233;l&#232;vent &#224; pas de g&#233;ant, &#224; la joie d&#233;lirante des bons badauds de v&#233;lodromes. Et cependant, chose cocasse, nos fameux g&#233;ants de la route, abandonn&#233;s &#224; leurs moyens sur 100 kilom&#232;tres, fournissent encore en 1903 la vitesse du brave Terront sur son tricycle mod&#232;le 1888, sans billes ni pneus et d&#233;veloppement 4m10&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, sous l'influence du milieu ambiant le plus souvent, le premier point que se propose de tirer au clair un d&#233;butant r&#233;tro est : la vitesse en c&#244;te. Aussi, &#224; peine habitu&#233; &#224; sa monture, se lance-t-il sur une mont&#233;e qui lui est famili&#232;re et il constate avec douleur : m&#234;me temps, m&#234;me essoufflement, m&#234;me fatigue g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi, diable, tourner r&#233;tro&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je le dis sans ambages, jamais la r&#233;tro n'a eu la pr&#233;tention d'aller plus vite, du moins au sens dans lequel les coureurs interpr&#233;teraient la chose, c'est-&#224;-dire de rendre possible une vitesse au train plus grande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois, d'ailleurs, m'&#234;tre expliqu&#233; tr&#232;s nettement &#224; ce sujet dans la brochure : La bicyclette r&#233;tro-directe, et, jusqu'&#224; nouvel ordre, je conserve ma mani&#232;re de voir. Je dirai cependant que je suis sollicit&#233; &#224; en changer par les indications de M.&#160;de Viviant, tr&#232;s fort cycliste amateur, qui, apr&#232;s plusieurs essais de vitesse, croit fermement &#224; la sup&#233;riorit&#233; de la r&#233;tro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est donc l'avantage de la r&#233;tro&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Tout simplement de rendre r&#233;ellement pratique la mont&#233;e des c&#244;tes &#224; petite allure. Je m'explique. Un cycliste non entra&#238;n&#233;, et c'est la cat&#233;gorie de beaucoup la plus int&#233;ressante parce que la plus nombreuse, marche &#224; son allure naturelle, en plaine et sans vent, &#224; la vitesse de 20 kilom&#232;tres &#224; l'heure. Admettons ce chiffre que quelque-uns trouveront peut-&#234;tre, et non sans raison, encore un peu fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la vitesse 20 la r&#233;sistance est de 2 kilos. Le produit de cette r&#233;sistance par l'espace parcouru dans l'heure repr&#233;sente le travail m&#233;canique fournit par le cycliste et qui est ici de 40 tonnes-m&#232;tres &#224; l'heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce travail caract&#233;rise essentiellement l'activit&#233; des combustions musculaires et, par suite, l'&#233;chauffement g&#233;n&#233;ral du corps et la quantit&#233; d'acide carbonique, d&#233;chet des combustions, qui doit &#234;tre &#233;limin&#233; par les poumons. C'est donc de lui que d&#233;pendent &#224; la fois la sensation de chaleur, de congestion, que nous &#233;prouvons pendant la marche et le rythme de notre respiration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De sorte que d&#232;s que l'on d&#233;passe le train de 40 t-m, on voit n&#233;cessairement, fatalement, s'exag&#233;rer, en m&#234;me temps, la congestion, la sueur, l'essoufflement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul rem&#232;de est de s'entra&#238;ner, c''est-&#224;-dire, gr&#226;ce &#224; des exercices m&#233;thodiques, d'accro&#238;tre la puissance &#224; la fois du c&#339;ur et des poumons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; ce que font les coureurs qui arrivent &#224; marcher normalement au train de 60 ton.-m&#232;t. Mais l'entra&#238;nement restera toujours une suggestion profond&#233;ment ennuyeuse et, en tout cas, fort peu pratique pour le plus grand nombre. De sorte que, rationnellement, on ne saurait gu&#232;re assigner au moteur humain moyen une puissance de travail sup&#233;rieure &#224; 40t.-m.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour monter les c&#244;tes avec autant d'aisance que l'on marche &#224; 20 en plaine, il faudrait ne jamais d&#233;passer ce train de 40, par suite abaisser d'autant plus l&#224; vitesse que la r&#233;sistance de la machine, c'est &#224; dire que la pente est plus grande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici le tableau des vitesses convenant &#224; chaque pente pour un train constant de 40 tonnes-m&#232;tres :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pente 4% 5% 6% 7% 8% 9% 10%&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;vitesse en km 9'58 7,2 5,5 5 4,3&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De telles vitesses sont-elles r&#233;alisables avec la rotation directe&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Assur&#233;ment oui pour les pentes moyennes de 4,3 et 6%. Mais au del&#224; la difficult&#233; va croissant avec la pente, et la raison, est facile &#224; comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passage de l'angle mort ne peut se faire aussi ais&#233;ment dans du 10% que dans du 5% que si l'&#233;lan de la machine reste le m&#234;me dans les deux cas. Or, la force qui tend &#224; ralentir, croissant avec la pente, la vitesse de marche devra elle aussi cro&#238;tre avec cette pente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chose &#233;tant &#233;videmment irr&#233;alisable en pratique, le cycliste prend alors d'instinct une solution mixte. C'est ainsi que j'ai constat&#233; sur moi-m&#234;me, pendant dix ans de voyage en montagne, que ma vitesse automatique &#233;tait de 7,5 &#224; l'heure dans les c&#244;tes dures, et cela quelle que f&#251;t la pente. Or, d&#233;j&#224; dans du 7% on est ainsi conduit &#224; un travail de 48 tonnes-m&#232;tres. Dans le 9%, on d&#233;passe 60. Aussi pour tout cycliste non entra&#238;n&#233; s&#233;rieusement les rampes &#224; 9%, et au-del&#224; ne sont-elles vraiment plus franchissables de fa&#231;on pratique, m&#234;me avec un petit d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La course du Tourmalet en est une preuve. Sur vingt-cinq coureurs ayant des d&#233;veloppements compris entre 2m70 et 3m30, quatre seulement ont pu monter la c&#244;te enti&#232;re, au premier tour, sans marcher &#224; pied. Ces quatre d'ailleurs, ont largement us&#233; du droit qu'ils avaient de se reposer sur place car leurs temps ne les classaient pas en t&#234;te. Les vingt et un autres ont march&#233; en moyenne sur 4360 m&#232;tres. Qu'aurions nous vu, non pas avec des coureurs tr&#232;s entra&#238;n&#233;s, mais avec des touristes quelconques&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce au r&#233;trop&#233;dalage, au contraire, toutes les vitesses indiqu&#233;es au tableau sont r&#233;alisables, sous la simple r&#233;serve de savoir p&#233;daler r&#233;tro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je citerai &#224; l'appui les exp&#233;riences que j'ai faites &#224; ce sujet dans une c&#244;te du Mont-d'or lyonnais, celle dite de saint-romain : 3050 m&#232;tres &#224; 7,5%, route &#233;troite, caillouteuse, &#224; pente variant entre 6 et 9%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec 3m80 direct, je n'ai jamais pu r&#233;ussir &#224; passer la c&#244;te enti&#232;re sans arr&#234;t. Avec 3 m&#232;tres direct, au contraire, je passe toujours, mais ce n'est certes pas avec le sourire, et le temps moyen pris sur une dizaine d'essais, &#224; mon train normal de route, oscille autour de 24 minutes, vitesse &#224; l'heure : 7,5. Travail &#224; l'heure : 53. Depuis deux ans j'ai repris ces exp&#233;riences avec deux r&#233;tros d&#233;veloppant 3m63 et 3m20. Avec l'une et l'autre machine, mon train normal correspond &#224; la vitesse 6,2. Travail &#224; l'heure 42.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; bien la preuve, me direz-vous, que la r&#233;tro va moins vite. Distinguons : avec 3 m&#232;tres direct je marchais &#224; 7,5, fournissant le travail 53, mais ce n'&#233;tait certes pas pour mon plaisir, je vous assure, et j'arrivais en haut ruisselant, par les temps chauds, et en tout cas nettement essouill&#233; en toute saison. 53 &#233;tait trop fort pour moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la r&#233;tro, au contraire, plus de point mort qui me talonne, j'en prends alors &#224; mon aise&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ma vitesse baisse, c'est bien vrai, mais j'arrive frais et dispos et je continue ma route sans arr&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai d'ailleurs fait quelques essais de vitesse, avec mod&#233;ration, car tout cela n'est gu&#232;re de mon &#226;ge, et comme cette c&#244;te de Saint-romain me para&#238;t aujourd'hui absolument enfantine, je me suis impos&#233; d'un bout &#224; l'autre de tenir le guidon d'une seule main. J'ai fait ainsi successivement les temps de 22, 20 et 19 minutes, mais bien entendu, en soufflant et suant en cons&#233;quence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M'aurait-il &#233;t&#233; possible d'aller plus vite encore en direct&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? J'avoue que la question m'a paru absolument oiseuse. D'ailleurs, tant que l'on ne me pousse pas absolument &#224; fond pendant les semaines et alternativement avec les machines &#224; comparer, on ne saurait arriver &#224; une conclusion ferme. Je laisse donc &#224; d'autre le soin de trancher la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, l'&#233;t&#233; dernier, j'ai entrepris sur cette m&#234;me c&#244;te de rechercher la plus faible vitesse qu'il est possible, gr&#226;ce &#224; la r&#233;tro, de donner pratiquement sur un long parcours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec une seule main au guidon je monte en 34 minutes. Vitesse 5,4. Avec les deux mains, &#233;tant plus ma&#238;tres de la direction, je puis ralentir encore et j'arrive &#224; 40 minutes. Vitesse 4,6. Le jour de cet essai il faisait 26&#176; &#224; l'ombre, et pendant toute la mont&#233;e j'avais syst&#233;matiquement tenu la bouche ferm&#233;e pour ne respirer que par le nez. J'avais d'autres part mesur&#233; au d&#233;part le nombre de pulsation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle surprise, en arrivant au sommet, de constater le calme le plus complet&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Les pulsations, restant &#224; peine perceptibles, s'&#233;taient accrus de onze&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; respiration aussi lente qu'au d&#233;part. Enfin, c'est &#224; peine si, malgr&#233; la chaleur ambiante, j'&#233;tais en l&#233;g&#232;re moiteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quoi riment, me direz-vous, de pareils essais&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; prouver qu'avec la r&#233;tro on est ma&#238;tre absolu de son allure : gr&#226;ce &#224; elle point n'est besoin de s'entra&#238;ner pendant trois mois afin de doubler la puissance de son moteur&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; enfin on peut, sans se transformer en martyr, au milieu du jour et au cour de l'&#233;t&#233;, aborder le sourire aux l&#232;vres de dures c&#244;tes de montagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;je crois, pendant un r&#233;cent s&#233;jour &#224; Royat, en avoir donn&#233; la preuve &#224; toute une caravane de cinq cars d'Auvergne, transportant une centaine de touristes au Puy-de-d&#244;me par la c&#244;te du col de Ceyssat, la terreur des cyclistes clermontois. C'&#233;tait dans les premiers jours de septembre, &#224; 9h30 du matin&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; chaleur torride.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aimable dame d'un de mes amis, qui &#233;tait dans l'une des voitures, m'ayant, par compassion sans doute, offert un &#233;ventail, j'en ai profit&#233; pour faire la mont&#233;e &#224; l'allure des cars, tout au plus du 5 &#224; l'heure, en m'&#233;ventant &#233;nergiquement de fa&#231;on continue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une heure de mont&#233;e, halte de dix minutes au hameau de Fontanas pour laisser souffler les chevaux. L&#224;, je suis entour&#233; par quarante touristes qui me pressent de question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Mais, monsieur, vous semblez vous moquer absolument des c&#244;tes. Vous savez bien que vous avez pass&#233; 500 m&#232;tres &#224; 9%. O&#249; diable vous &#234;tes-vous procur&#233; pareille machine&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Pas &#224; Paris, bien s&#251;r&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Oh non, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MM&lt;/span&gt;.&#160;les grands constructeurs, h&#233;las&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! en sont encore aux c&#233;l&#233;rif&#232;res de courses de 8 kilom&#232;tres, d&#233;veloppement 7 m&#232;tre avec des pneus de 32. Comme je n'aime que les machines pratiques, je me passe de leurs services. &#192; vous d'en faire autant.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi donc, la r&#233;tro permet la mont&#233;e des c&#244;tes &#224; allure tr&#232;s lente et de la sorte l'essoufflement dispara&#238;t comme par enchantement. Mais encore faut-il abaisser suffisamment sa vitesse, et c'est &#224; quoi parviennent assez difficilement les d&#233;butants. J'en ai fait souvent l'observation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s qu'ils attaquent une c&#244;te dure je les vois la t&#234;te basse, accroch&#233;s &#224; leur guidon, p&#233;dalant rageusement. C'est en vain que vous les invitez &#224; ralentir, ils ne vous &#233;coutent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci s'explique. Des ann&#233;es de pratique ont associ&#233; dans leur t&#234;te une certaine allure &#224; ure certaine vitesse pente&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; d&#232;s qu'ils ralentissent ils se croient perdus. Il faut bien dire aussi que, souvent insuffisamment exerc&#233;s, absorb&#233;s par l'effort &#224; faire sur la p&#233;dale dans des conditions nouvelles, ils ne songent plus &#224; travailler correctement, c'est-&#224;-dire &#224; prolonger absolument &#224; fond l'action du pied.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'angle mort, dans ces conditions, n'&#233;tant plus que partiellement masqu&#233;, la vitesse tr&#232;s r&#233;duite devient difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne saurais donc trop recommander aux d&#233;butants de s'exercer &#224; monter le plus pos&#233;ment possible des c&#244;tes tr&#232;s dures. C'est &#224; mon avis l'unique moyen d'arriver &#224; comprendre imm&#233;diatement le coup de p&#233;dale : c'est l&#224;, d'ailleurs, que l'on se rend compte, de fa&#231;on indiscutable de l'immense sup&#233;riorit&#233; de la r&#233;tro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyez ce qui s'est pass&#233; pour le petit d&#233;veloppement. Son avantage dans les c&#244;tes n'en est plus discut&#233; aujourd'hui. Que d'ann&#233;es cependant il a fallu pour en venir l&#224;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Et cela simplement parce que la comparaison avec le grand d&#233;veloppement &#233;tait faite presque toujours sur des pentes moyennes et courtes o&#249; des champions gr&#226;ce &#224; une prodigieuse mais bien absurde d&#233;pense, arrivaient &#224; faire douter d'une chose pourtant &#233;vidente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi n'avons-nous pas vu au concours du T.C.-F, dans le premier passage du Tourmalet, des d&#233;veloppements compris entre 4m40 et 5m25 tenir brillamment la t&#234;te sur une c&#244;te dure de 18 kilom&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si donc on veut &#233;viter de tomber dans les m&#234;mes errements, si l'on tient &#224; gagner du temps, ce n'est pas dans du 7, 8 ou 9% mais dans du 13% que devra se trancher la question de supr&#233;matie dans les c&#244;tes entre la r&#233;tro et la directe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais ce que la directe a la pr&#233;tention de faire sur pareil terrain : peut-&#234;tre l'ignore-t-elle elle-m&#234;me. Quant &#224; moi je remarque qu'&#224; la vitesse 4,5 dans une c&#244;te &#224; 15&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, le travail &#224; l'heure n'est que de 59t.-m. d'ailleurs, comme je l'ai indiqu&#233; plus haut, cette vitesse reste pratique sur la r&#233;tro, gr&#226;ce &#224; la suppression compl&#232;te de l'angle mort. D'autres part, nous savons que les coureurs sont capables de fournir 60 t.-m pendant des heures enti&#232;res. J'en conclus que la r&#233;tro pourra s&#251;rement, pendant des heures enti&#232;res, monter du 15% &#224; 4,5 &#224; l'heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dirai m&#234;me que pour pareille &#233;preuve il sera loisible au coureur d'&#233;viter tout effort musculaire s&#233;rieux, en baissant suffisamment son d&#233;veloppement, ce que la r&#233;tro permet utilement, sans limite pour ainsi dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec 2m20, par exemple, dans du 15, l'effort moyen tangentiel &#224; fournir &#224; la p&#233;dale est de 28 kilogs. C'est beaucoup en rotation directe : 28 correspond, en effet, &#224; une mont&#233;e &#224; 10,5% avec d&#233;veloppement de 3 m&#232;tres. C'est relativement tr&#232;s acceptable en r&#233;tro, car le pied, actionnant la p&#233;dale sur un parcours nettement plus grand, peut fournir le m&#234;me travail, avec une pression effective moindre de 2% environ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ma part, j'ai eu maintes fois l'occasion de donner sans peine 28 pendant des kilom&#232;tres dans des c&#244;tes &#224; 10% avec 3m20.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me propose d'ailleurs, d'exp&#233;rimenter &#224; fond ce d&#233;veloppement de 2m20 qui, ajout&#233; &#224; une machine ordinaire &#224; deux vitesses, sp&#233;cialement &#233;tablie dans ce sens, et d&#233;veloppant, par exemple, 3m80 et 5m25, constituerait un incomparable outil de tourisme en montagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec 2m20 au train de 40 t.-m. que supportent normalement mes poumons, je pourrais monter du 10% &#224; 4,5 &#224; l'heure, &#224; mon allure naturelle et, par suite, pendant des heures. D'ailleurs, la pression sur la p&#233;dale n'&#233;tant que de 19,3 kilos, je sais par exp&#233;rience qu'il me sera loisible, sur bon sol tout au moins, d'abandonner le guidon d'une main, de fa&#231;on constante et sans g&#234;ne aucune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au train de 50 t.m., qui ne m'essouille qu'&#224; la longue, &#224; un degr&#233; vraiment g&#234;nant, je passerai du 12,5% &#224; cette m&#234;me vitesse 4,5.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin au train de 60t.-m. qui, je l'avoue, m'&#233;touffe en 10 minutes, je pourrais franchir un passage de 750 m&#232;tres &#224; 15%, limit&#233; par la g&#234;ne de mes poumons, mais non par l'effort musculaire qui restera toujours acceptable. Tout cela, me direz-vous, n'est qu'un r&#234;ve. Certes non. Habitant une r&#233;gion o&#249; pullulent les c&#244;tes &#224; 10, 12 et 15%, j'ai pu maintes fois, d&#233;j&#224; dans mes promenades journali&#232;res, &#233;tudier mon moteur sur pareil terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici la c&#244;te de Saint-rambert &#224; Saint-cyr, par la Croix-des-ormes : 265 m&#232;tres &#224; 14% bon sol, j'ai eu jadis la na&#239;vet&#233; de la t&#226;ter avec 3 m&#232;tres direct : J'ai toujours &#233;t&#233; repouss&#233; avec perte. Au bout de 60 &#224; 80 m&#232;tres au plus, il me fallut capituler, les jambes cass&#233;es, &#233;touff&#233; par la vitesse. Maintenant, je la passe &#224; tout propos sans jamais la moindre d&#233;faillance, non seulement avec 3m20, mais m&#234;me avec 3m65, ce qui r&#233;clame une pression sur la p&#233;dale de 44 kilos. Mais il me faut, bien entendu, surveiller s&#233;rieusement ma vitesse. &#192; 6 &#224; l'heure, j suis &#233;poumon&#233; en deux minutes : &#224; 5, au contraire, aucune complication et je poursuis ma route sans aucun arr&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici la c&#244;te de Couzon. Elle d&#233;bute par 1100 m&#232;tres &#224; 12% en moyenne, variant de 9 &#224; 14 : sol assez bon. Au del&#224; elle devient de plus en plus mauvaise avec une pente de 9 &#224; 11&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% sur 1200 m&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintes fois je me suis mis dans des &#233;tats indescriptibles avec 3 m&#232;tres en direct, et n&#233;anmoins je n'ai jamais pu en franchir plus de 600 m&#232;tres. Or, avec 3m20 r&#233;tro je passe sans arr&#234;t les 2300 m&#232;tres en 31 minutes . vitesse 4,5, je ne dirai pas en fl&#226;nant mais sans autre g&#234;ne que celle due au tr&#232;s mauvais &#233;tat du sol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces essais et bien d'autres faits autour de mon domicile sont assur&#233;ment probants, mais ils demandaient &#224; &#234;tre corrobor&#233;s par l'exp&#233;rience d&#233;finitive du voyage en montagne. C'est ce que je me suis empress&#233; de faire en ma qualit&#233; de touriste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai certes pas &#224; compter des exploits extraordinaires, ayant pour r&#232;gle invariable de marcher au plus huit heures par jour, et me contentant d'&#234;tres comprises entre 80 et 100 kilom&#232;tres, suivant le terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dirai cependant que si depuis 10 ans je poussais bien rarement ma machine dans les c&#244;tes, gr&#226;ce &#224; son d&#233;veloppement de 3 m&#232;tres que j'ai &#233;t&#233; seul &#224; pratiquer pendant des ann&#233;es, je ne la pousse plus du tout aujourd'hui, et je n'ai certes pas renonc&#233; &#224; la montagne malgr&#233; mes 52 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je constat m&#234;me qu'&#224; la fin d'une &#233;tape, une c&#244;te dure ne me para&#238;t gu&#232;re plus p&#233;nible qu'au d&#233;but. Je dois, sans doute, ralentir quelque peu sans m'en douter, et les muscles, constamment arros&#233;s d'un sang bien &#233;pur&#233; par des poumons non surmen&#233;s, conservent ind&#233;finiment leur vigueur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours d'un voyage en juin dernier, j'ai visit&#233; le massif de l'Aigoual, qui m'avait &#233;chapp&#233; jusqu'ici &#224; deux reprises par suite d'accidents de machine. Beaucoup de touristes connaissent cette magnifique r&#233;gion, mon itin&#233;raire int&#233;ressera peut-&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parti de saint Jean-du-Buel apr&#232;s d&#233;jeuner, je monte &#224; Dourbis, Lespero, puis je descends sur Valleraugue pour coucher au vigan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, mont&#233;e &#224; Camprieu par la vall&#233;e d'Aulas, d&#233;jeuner &#224; Camprieu, mont&#233;e &#224; l'observatoire. coucher &#224; Camprieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De camprieu, descente &#224; Tr&#232;ves : mont&#233;e &#224; Lanuejols. D&#233;jeuner &#224; Meyrenis. Coucher &#224; Saintes-Enimie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui connaissent le terrain ne m'accuseront certes pas d'&#233;viter les c&#244;tes. Pr&#232;s de Lanuejols, en plein Causse Noir, j'ai fait la rencontre d'un cycliste rarissimal axis en pareille r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il poussait sa machine dans une c&#244;te de 7% environ, lorsque je le double sur ma r&#233;trodirecte (d&#233;v. 4m80 et 3m05). Il m'interpelle au passage. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Monsieur, vous fa&#238;tes du r&#233;trop&#233;dalage : oh dites-moi ce que vous en pensez&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Je connais un peu la question.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Ma foi, j'ai d&#233;j&#224; deux ann&#233;es de pratique, et je vous avoue que je m'&#233;tonne moi-m&#234;me tous les jours. Ainsi hier, j'ai mont&#233; du Vigan &#224; Camprieu avec un unique arr&#234;t de trois minutes pour prendre du caf&#233; &#224; la baraque Ribaud. Ce matin je viens de Camprieu par Tr&#232;ves, et j'ai fait toute la c&#244;te en matin : vous savez cependant qu'il y a deux passages de 1000 &#224; 15000 m&#232;tres, &#224; plus de 10%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste r&#234;veur, puis me dit : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Tiens, on m'avait dit que les r&#233;tro-directes ne marchaient pas&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;ponse, je l'ai d&#233;j&#224; entendue bien souvent. elle est &#233;videmment le fruit de cette sourde campagne d'inertie dirig&#233;e depuis deux ans contre la r&#233;tro par l'immense majorit&#233; des constructeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces Messieurs pour qui naturellement tout changement de mod&#232;le est un gros souci, attendent pour construire d'y &#234;tre absolument forc&#233;s par la demande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de retarder le moment fatal o&#249; il faudra enfin se d&#233;cider &#224; faire quelque chose, ne f&#251;t-ce que copier les autres, ils s'ing&#233;nient &#224; &#233;garer le client par des balivernes .il parait que le r&#233;trop&#233;dalage fait tr&#232;s mal aux genoux. Il faut deux ans pour apprendre, on va beaucoup moins vite, le tirage est &#233;norme, etc,etc..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le client confiant &#233;coute naturellement son fournisseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais revenons &#224; notre cycliste, me montrant sa machine : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;J'ai achet&#233; il y a un mois cette hub two speed qui d&#233;veloppe 6 m&#232;tres et 4m40. Je monte les c&#244;tes &#224; pied plus que jamais&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Et combien de temps durera-t-elle&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e cesse, il se remet en selle et nous roulons c&#244;te &#224; c&#244;te pendant quelques kilom&#232;tres. Puis se pr&#233;sente un imposant raidillon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Pardon, mais il me faut encore mettre pied &#224; terre. Jamais je n'ai pu rester ici en selle plus de 25 m&#232;tres ( il habite la r&#233;gion). Songez qu'il y a bien du 15%.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Vous exag&#233;rez, il me semble et je crois plut&#244;t &#224; 12%. Mais marchez &#224; votre allure, bien tranquillement, je me charge de vous suivre.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et je monte paisiblement le roidillon, tout en causant &#224; son c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Arriv&#233; au sommet&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Eh bien, suis-je essouffl&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Ai-je l'air d'avoir pouss&#233; un instant&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Croyez-vous maintenant que j'aie pu monter les c&#244;tes de Tr&#234;ves, car &#233;videmment vous m'avez pris pour tartarin quand je vous ai dit la chose tout &#224; l'heure.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il &#233;clate de rire. Bient&#244;t il faut nous s&#233;parer, car nos itin&#233;raires divergent. Il prend soigneusement en note l'adresse du constructeur de ma machine, s'informe du prix qui lui para&#238;t plut&#244;t g&#234;nant,puis regardant tristement son outil : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Il faudra bien que je m'en d&#233;barrasse.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Je souhaite que cet article tombe sous les yeux mon compagnon de route du Causse Noir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il veut bien affirmer par quelques mots la v&#233;racit&#233; de mon r&#233;cit, je lui aurai donn&#233; une le&#231;on de choses qui sans doute ne sera pas perdue pour d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je conclus : la r&#233;tro n'est pas une machine &#224; records. R&#233;duite cependant &#224; ce r&#244;le elle saurait vraisemblablement d&#233;fendre ses chances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa sp&#233;cialit&#233; est de permettre &#224; un cycliste de force quelconque de monter tr&#232;s ais&#233;ment les c&#244;tes moyennes, et de fa&#231;on toujours pratique les c&#244;tes m&#234;me tr&#232;s dures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cycliste qui veut se rendre nettement compte du progr&#232;s r&#233;alis&#233; par le r&#233;trop&#233;dalage doit naturellement apprendre d'abord &#224; p&#233;daler correctement, puis choisir surtout comme terrain d'exp&#233;riences des pentes d'autant plus fortes qu'il est lui-m&#234;me plus entra&#238;n&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Perrache&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une vieille chanson (Mai 1898)</title>
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		<dc:date>2017-10-31T17:57:16Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Avant 1900</dc:subject>
		<dc:subject>polymultipli&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Lyon</dc:subject>
		<dc:subject>Saint-Etienne</dc:subject>
		<dc:subject>1898</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Une vraiment bonne machine est comme le bon vin, elle se fait meilleure en vieillissant et c'est six mois apr&#232;s qu'on sait l'appr&#233;cier.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?rubrique35" rel="directory"&gt;1896-1900 P&#233;riode h&#233;ro&#239;que&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;Avant 1900&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;polymultipli&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot37" rel="tag"&gt;Lyon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot38" rel="tag"&gt;Saint-Etienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.velotextes.fr/spip.php?mot74" rel="tag"&gt;1898&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par V&#233;locio, Le cycliste, Mai 1898, republi&#233; en mai 1948, coll. pers.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petit &#224; petit se convertissent &#224; l'id&#233;e d'avoir plusieurs multiplications &#224; leur disposition sur la m&#234;me machine, des personnes qui se croyaient capables de tout faire avec une multiplication moyenne bien choisie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il leur a suffit d'essayer, sur un long parcours, une bicyclette munie de deux ou trois vitesses pour reconna&#238;tre leur erreur et pour comprendre qu'on ne peut avec 5 m&#232;tres suivre commod&#233;ment un compagnon d&#233;veloppant 7 m&#232;tres quand les circonstances sont propices, 3 m. 50 quand elles sont d&#233;favorables et qui a pourtant aussi 5 m&#232;tres &#224; sa disposition pour le train-train ordinaire. Quand ce n'est pas la mont&#233;e, c'est le vent, quand ce n'est pas le vent, c'est la fatigue, mais j'ai remarqu&#233; qu'&#224; la fin de la journ&#233;e apr&#232;s 120 ou 150 kms, on retombait toujours avec plaisir sur le faible d&#233;veloppement qui permet de finir l'&#233;tape sans peine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Neuf fois sur dix, c'est le syst&#232;me le plus simple, celui qui consiste &#224; avoir deux couples de pignons c&#244;te &#224; c&#244;te sur lesquels la m&#234;me cha&#238;ne s'adaptera en quelques secondes qui s&#233;duira l'acheteur par sa simplicit&#233;, sa rusticit&#233;, et sa robustesse. Il n'y a pas dans ce syst&#232;me l'ombre d'une complication&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pourvu que le constructeur ait bien calcul&#233; le diam&#232;tre de ses pignons de fa&#231;on que la cha&#238;ne soit &#233;galement tendue sur les diff&#233;rents couples et que le mode d'attache de la cha&#238;ne soit rapide, tout ira bien et, en dix secondes, montre en main, on pourra passer de la petite &#224; la grande multiplication. Ce n'est pas instantan&#233; mais peu s'en faut&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on est oblig&#233; de mettre pied &#224; terre, mais c'est un avantage plut&#244;t qu'un inconv&#233;nient ainsi qu'on l'a fait observer avec raison lorsqu'on a dit que les changements instantan&#233;s avaient pour r&#233;sultat de nous couper les jambes : 1&#176; par l'instantan&#233;it&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; 2&#176; Par la fr&#233;quence du changement. En effet si l'on sait qu'en poussant simplement un bouton ou en tournant un verrou, on r&#233;duit d'un quart sa multiplication, &#224; la moindre taupini&#232;re on tourne ce verrou, tandis qu'on y regarde &#224; deux fois quand il faut mettre pied &#224; terre.&lt;br class='autobr' /&gt;
En combinant le syst&#232;me instantan&#233; am&#233;ricain du moyeu R et J avec celui des pignons accoupl&#233;s de la Gauloise nous avons obtenu un excellent r&#233;sultat et avons r&#233;uni sur la m&#234;me bicyclette quatre vitesses interchangeables instantan&#233;ment deux par deux, par exemple, d'une part 3 et 4 m&#232;tres, de l'autre 8 et 6 m. 65. Cette solution plaira beaucoup aux personnes qui passent une partie de leurs vacances en pleine montagne et l'autre partie en plat pays&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; avec 3 et 4 m&#232;tres on passe partout en montagne et avec 5 et 6 m. 65 on atteint en plaine une jolie vitesse. Cette combinaison permet de voyager des jours entiers sans avoir &#224; d&#233;placer la cha&#238;ne, bien que, je le r&#233;p&#232;te, un d&#233;placement qui n'exige que quelques secondes ne soit pas bien effrayant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait d'autres syst&#232;mes, nous avons celui qui consiste &#224; retourner la roue motrice et &#224; pr&#233;senter en face de l'unique roue dent&#233;e du p&#233;dalier tant&#244;t le pignon de droite, de huit dents par exemple, tant&#244;t le pignon de gauche de dix dents, si vous voulez : en combinant ce dispositif avec un p&#233;dalier excentrique qui permet de d&#233;tendre ou de retendre la cha&#238;ne en un clin d'&#339;il, on arrive &#224; un assez prompt changement de multiplication sans qu'il soit n&#233;cessaire d'allonger ou de raccourcir la cha&#238;ne &#224; la condition qu'il n'y ait pas plus de deux dents de diff&#233;rence entre les deux pignons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres constructeurs ont imagin&#233; de placer c&#244;te &#224; c&#244;te les deux pignons de la roue motrice et de d&#233;placer non plus la roue mais le p&#233;dalier lui-m&#234;me. Celui-ci &#233;galement mont&#233; excentriquement pour tendre ou d&#233;tendre la cha&#238;ne dans son mouvement d'avant en arri&#232;re est par surcro&#238;t dot&#233; d'un mouvement de gauche &#224; droite, qui lui permet de pr&#233;senter successivement son unique roue dent&#233;e en face de l'un ou de l'autre pignon. Dans ces deux syst&#232;mes &#224; p&#233;daliers excentriques, la cha&#238;ne n'a pas &#233;t&#233; d&#233;boucl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre la dur&#233;e de la man&#339;uvre, on peut faire &#224; ces deux syst&#232;mes le reproche (que l'on a fait avec raison au changement instantan&#233; R et J.) de ne pas permettre des &#233;carts bien consid&#233;rables entre les deux vitesses. En effet, la roue dent&#233;e du p&#233;dalier ayant g&#233;n&#233;ralement vingt dents et les deux pignons de la roue motrice huit et dix dents, nous obtenons 4 m. 40 et 5 m. 50&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; dans bien des circonstances ce n'est pas la peine assur&#233;ment de changer de d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des bicyclettes que j'ai le plus longuement essay&#233;es a deux multiplications extr&#234;mes 2 m. 80 et 8 m. 20 et deux multiplications moyennes de 4 m&#232;tres et 6 m&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je ne pensais pas au d&#233;but avoir beaucoup &#224; me servir des deux extr&#234;mes et il se trouve que je m'en sers tout autant que des deux moyennes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il est vrai que notre r&#233;gion tr&#232;s accident&#233;e nous pr&#233;sente des r&#233;sistances de toutes sortes, pentes raides et vents adverses tr&#232;s violents qui justifient l'emploi de 2 m. 80 et puis j'ai pris l'habitude de faire les descentes avec 8 m. 20 un simple frein sur la roue directrice et de la prudence. Gr&#226;ce &#224; cette combinaison, j'ai fait, un des rares dimanches de mai o&#249; il n'a pas plu, le tour de Saint-Chamond, La Valla, le Bessat et retour par Rochetaill&#233;e, 46 kilom&#232;tres pendant lesquels on s'&#233;l&#232;ve d'abord de 500 m&#232;tres &#224; 600 pour redescendre &#224; 350 et remonter d'une tir&#233;e &#224; 1.200 m&#232;tres, apr&#232;s quoi une pente continue ,vous ram&#232;ne &#224; 500. Malgr&#233; la mont&#233;e initiale tr&#232;s douce du reste, je suis all&#233;, avec 8 m. 20 jusqu'&#224; Saint-Chamond, de l&#224; au Barrage, rampe douce, j'ai pris 4 m&#232;tres et du Barrage &#224; la Croix-de-Chaubourey 2 m. 80&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; enfin de la Croix &#224; Saint-&#201;tienne, j'ai fait en 40 minutes &#224; peine avec 8 m. 20 les 17 ou 18 kilom&#232;tres de descente. Or, j'avais dans le dos pendant la descente un bon vent du Sud que j'avais eu dans le nez pendant une bonne partie de la mont&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cependant je ne me suis pas senti une seule minute en danger et je n'ai appliqu&#233; le frein que de temps en temps&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; tellement on se sent ma&#238;tre de sa machine lorsqu'on n'a pas &#224; remuer les jambes &#224; plus de 60 &#224; 70 coups &#224; la minute&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce n'est pas qu'on puisse exercer une bien puissante action sur la p&#233;dale remontante, mais le peu que l'on fait, joint &#224; l'action du frein, permet de s'arr&#234;ter en quelques m&#232;tres. Du reste, le moment vient plus vite qu'on ne le suppose, o&#249; la r&#233;sistance de l'air fait &#233;chec &#224; l'acc&#233;l&#233;ration de la vitesse et il m'a sembl&#233; que sur une pente de 5 &#224; 6&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% on arriverait difficilement &#224; d&#233;passer 35 &#224; 40 kilom&#232;tres &#224; l'heure en se laissant rouler sans frein et les pieds au repos. Parmi les exp&#233;riences int&#233;ressantes que j'ai faites r&#233;cemment &#224; Lyon avec d&#233;veloppement de 2 m. 80, je citerai la grimpette de Saint-Jean &#224; Fourvi&#232;res, raidillon de quelques centaines de m&#232;tres qui conduit... les pi&#233;tons &#224; la c&#233;l&#232;bre basilique, je l'avais tent&#233; sans succ&#232;s avec 5 m&#232;tres et l'on m'a pourtant assur&#233; que quelques cyclistes lyonnais grimpent l&#224; avec 5 m. 50. Je les voudrais voir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Donc, quod erat demonstrandum, des &#233;carts de 20 et 25&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% entre les deux d&#233;veloppements ne sont pas suffisants, et je ne vois nulle part des syst&#232;mes de changement de multiplication qui pr&#233;sentent les avantages des pignons accoupl&#233;s avec lesquels l'&#233;cart n'a pratiquement pas de limite. Mais lorsqu'on a une telle latitude, c'est un peu comme lorsqu'on vous laisse commander une bicyclette &#224; votre fantaisie&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; vous vous trompez cinq fois sur dix et vous choisissez des multiplications et une machine qui ne s'accordent gu&#232;re avec ce que vous avez l'intention d'en faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une vraiment bonne machine est comme le bon vin, elle se fait meilleure en vieillissant et c'est six mois apr&#232;s qu'on sait l'appr&#233;cier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques constructeurs plus pratiques que th&#233;oriques, et leurs machines ne s'en portent pas plus mal pour cela, ayant remarqu&#233; que bien rarement dans les meilleurs mod&#232;les la roue dent&#233;e et le pignon sont rigoureusement dans le m&#234;me plan, pas plus que les deux roues du reste et que si l'on passait au cordeau ou, pour mieux dire, &#224; la r&#232;gle des machines des plus grandes marques on n'en trouverait pas dix pour cent de parfaites sous ce rapport, ont bas&#233; l&#224;-dessus un changement de multiplication qui d&#233;tient le record de la simplicit&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils placent deux pignons c&#244;te &#224; c&#244;te sur la roue motrice et sur le p&#233;dalier une seule roue dent&#233;e dont la ligne de cha&#238;ne passe aussi exactement que possible entre celles des deux pignons. Si vous supposez celles-ci &#233;loign&#233;es de 10 mm., la ligne de- cha&#238;ne du p&#233;dalier passera donc &#224; 5 mm. &#224; droite de l'une et &#224; gauche de l'autre et une cha&#238;ne partant d'aplomb du p&#233;dalier engr&#232;nera obliquement sur les pignons de la roue motrice. La th&#233;orie assure que dans ces conditions &#231;a ne peut aller et la pratique r&#233;pond que &#231;a marche tout de m&#234;me. A mon avis, c'est un pis-aller, et un de mes correspondants me certifie qu'il pr&#233;f&#232;re ce pis-aller &#224; une seule multiplication. Il a sur la roue motrice sept et onze dents et sur le p&#233;dalier vingt dents, soit 4 m&#232;tres et 6 m. 26. Mais la diff&#233;rence de longueur de cha&#238;ne entre 20X7 et 20X11 est consid&#233;rable et atteint environ 5 cm., diff&#233;rence que les moyeux de tension habituels ne suffisent pas &#224; compenser&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; aussi notre homme a-t-il emprunt&#233; &#224; quelques tandems am&#233;ricains une tension de cha&#238;ne presque automatique qui, para&#238;t-il, fonctionne d'une fa&#231;on satisfaisante. La partie inf&#233;rieure de la cha&#238;ne passe sur une poulie &#224; dents faiblement dessin&#233;es qui peut &#234;tre abaiss&#233;e ou relev&#233;e et qui force ainsi la cha&#238;ne &#224; s'&#233;loigner plus ou moins de la ligne droite et &#224; se tendre de la quantit&#233; n&#233;cessaire. Il faut que la poulie soit assez solidement arc-bout&#233;e sur le tube de cha&#238;ne pour r&#233;sister aux contre-pressions qui justement affectent la partie inf&#233;rieure de la cha&#238;ne et la font appuyer avec force contre la poulie&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais dans ce cas particulier, celle-ci est encore utile d'une autre fa&#231;on, puisqu'elle augmente la r&#233;sistance au roulement et fait office de frein. Ce syst&#232;me de tension est &#233;galement utilis&#233; dans le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Protean gear&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, changement de vitesse &#224; roue dent&#233;e expansible dont j'ai eu d&#233;j&#224; &#224; parler et sur lequel j'ai re&#231;u, contre toute attente, de bons renseignements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand je vous disais que les inventeurs auraient tort de ch&#244;mer et que l'&#232;re des perfectionnements pratiques dont la bicyclette est susceptible &#233;tait loin d'&#234;tre close.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;VELOCIO&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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