Vélotextes

Le Cycliste et l’Œuvre de Vélocio (1936)

«  Durant quarante-quatre années, sous la plume de son fondateur, le «  Cycliste  » n’a cessé de mettre en valeur les bienfaits du Cyclotourisme, les joies immenses que la «  Petite Reine  » nous permet de goûter en communion avec la nature et surtout de préciser combien ils sont accessibles à tous et à toutes, humbles ou puissants.
Le «  Cycliste  », c’est l’historique du Cyclotourisme en France  ; c’est aussi l’apostolat de Velocio.  »

Cartes Routières Vélocipédiques (1892)

«  Incontestablement, si l’on pouvait emporter avec soi le profil de toutes les routes véloçables de France, on pourrait se permettre toutes les fantaisies et modifier son itinéraire à volonté... à condition de se faire suivre par quelques wagons-poste où tous ces profils, classés et numérotés, seraient empilés.  »

CARTES ROUTIÈRES (1892)

«  Pouvoir mesurer facilement et rapidement les déclivités du sol est la condition qui s’impose tout d’abord, et je vais montrer ici comment on peut, pour cet objet, se servir de sa propre bicyclette, sans avoir l’embarras de traîner avec soi un déclivomètre quelconque à niveau, dont l’emploi est passablement incommode.  »

De Saint-Étienne à Chambéry en vélocipède (1887)

«  Quoiqu’il en soit, en nous mettant à six, nous arrivions à comprendre que cela signifiait, à peu de chose près  : quand viendrez-vous à Chambéry en vélocipède  ?  »

Le 1er mai (1895)

«  En vérité, je me suis cru, un instant, revenu au bon vieux temps, à cette époque bénie où à dix, douze, et jusqu’à vingt amis (il n’y avait pas à cette époque quarante cyclistes à Saint-Étienne) au plus nous excursionnions à qui mieux mieux, où chaque dimanche nous retrouvait, joyeux et enthousiastes, prêts dès l’aube pour de nouvelles conquêtes  ; temps heureux qui n’est cependant pas encore bien loin de nous,...  »

Lettre de Vélocio à Grillot au sujet du Parpaillon

Lettre de Vélocio à Grillot au sujet du Parpaillon

Cheval de renfort (1919)

«  C’est un fait exprès. Depuis l’Armistice il ne s’est presque pas passé de jour que je ne reçoive des demandes de renseignements à propos de bicyclettes à moteur, de motorettes, de moteur adjuvant, de roue motrice... bref, de ce petit cheval de renfort qui m’intéressait si fort, moi-même, il y a quelque douze ans. On a donc toujours soif de grand air, c’est sur ; mais est-ce que, par hasard, on aurait moins soif de sain exercice ? L’un ne devrait pourtant pas aller sans l’autre. C’est ce que pensent mes correspondants qui ne veulent pas un moteur effectuant tout le travail, mais qui seraient bien aises (...)

Quels sentiments éprouvez-vous après une grande journée passée sur votre selle ? (1920)

«  Un abonné du Cycliste nous demande de poser aux lecteurs cette question de psychologie cycliste :

Quels sentiments éprouvez-vous après une grande journée passée sur votre selle  ? »

La 8e Journée Vélocio (1929, Extraits)

«  La Journée Vélocio a été, pour moi, cette année, un éblouissement, comme une poule qui, ayant couvé un œuf de paon, s’émerveillerait devant l’éclatant plumage de son poussin, je fus, du matin au soir, médusé par l’extraordinaire développement de nos modestes meetings d’autrefois. Nous avions été déjà 300 cycle touristes au dernier meeting du printemps à Chavanay ; au meeting d’été, ce 4 août, nous fûmes plus du double, et l’on a compté, au départ de l’épreuve qui caractérise la Journée Vélocio, 207 parlants, dont le plus jeune avait 8 ans et le plus âgé 77 ans. »

Randonnées expérimentales (2de partie Vercors - 1921)

« Je ne me pressai donc pas et je ne quittai le Refuge qu’à 14 heure, après avoir eu le tort de boire une bouteille de clairette, boisson toujours délicieuse, mais qui, ce jour-là, me laissa jusqu’au soir altéré et la bouche pâteuse. La clairette de Die serait-elle par hasard un de ces faux plaisirs contre lesquels nous met en garde Épicure  ?  »

La bicyclette du campeur (1927)

La bicyclette du campeur (1927)

«  C’est une bicyclette normale de route à fourche élastique. Le cadre est renforcé par des tubes qui vont du guidon au moyeu arrière et qui permettent aussi de loger le réservoir à pétrole (pour l’alimentation du réchaud) et la bouteille Magondeaux (pour l’éclairage sous la tente). Au-dessus du pédalier  : la boîte d’accumulateurs qui alimente les feux de ville (lanterne avant et feu rouge) et le phare. »

Excursion de montagne (1892)

Excursion de montagne (1892)

Voici une représentation en bande dessinée de la technique du fagot des premiers cyclotouristes !
Lacker, Le Cycle, 1892, Source Ville de Paris / BTV Germaine Tillion

La Grosse Routière (Juillet 1900)

La Grosse Routière (Juillet 1900)

" À côté des chevaux pur sang aux lignes si fines existent les gros chevaux de trait qui sillonnent encore les routes en attendant l’ère définitive des «  autos  ».
Aussi nous semble-t-il utile d’esquisser les points caractéristiques de la Grosse Routière qui est à la jolie machine de course ce que le cheval du fermier est au pur sang. "

Cyclo-tourisme (G. Clément, Février 1922)

«  Rien d’étonnant à ce qu’on rencontre peu de cyclo-touristes. Ils ne font pas de bruit, ne sont jamais par groupes très denses, partout à leur heure, et ont tous des itinéraires variés. Ils peuvent circuler par milliers dans une même région sans que cela s’aperçoive beaucoup.  »

De la manière de voyager. (1889)

De la manière de voyager. (1889)

«  À mon avis, le touriste doit en emporter le moins possible, sans toutefois se priver du nécessaire sous prétexte de poids. 14 à 15 kilog. peuvent paraître exagérés ; mais ceux qui ont l’habitude des longues routes savent qu’en prévision de mauvais temps mieux vaut se munir en conséquence.  »

POUR LA PETITE HISTOIRE LA ROUTE DU PARPAILLON

«  Les années 1929 et 1930 virent un véritable afflux de cyclo-montagnards vers les Alpes en général, et le Parpaillon en particulier. Un fanion spécial était même offert à qui pouvait prouver son passage ; le registre que nous avions déposé à Crévoux se couvrit d’appréciations et de signatures. On peut dire que le fanion du Parpaillon fut le précurseur des B. R. A., R. C. P. et autres brevets de montagne. Il fît beaucoup, à l’époque, pour la cause des grands Cols Alpins.
Puis l’oubli est de nouveau revenu. D’autres années passèrent encore. La route du Parpaillon a 47 ans. Dans quel état se trouve-t-elle ?
Un jour, peut-être, nous la verrons large et bonne, mais elle aura perdu sa solitude, et sur les ruines des bâtiments des chasseurs d’autrefois, s’érigeront, rouges ou vertes, les pompes de la Standard ou de la Texaco. »

Excursion du 15 juin (1902)

«  Ah  ! Vélocio, vous ferez de moi une frondeuse  !
Mais... là n’est pas la question.  »

Au col du Rousset (1907)

«  Des ouvriers réparent les portes du tunnel, et la voûte retentit de leurs coups de marteau sonores. On sent là-dessous un courant d’air glacial, et pour achever de me rafraîchir, des gouttes d’eau tombent en abondance Le sol est très humide, gluant comme un matelas de limaces, et on roule dans un clapotis de boue continuel. Avec cela, on n’y voit pas grand’chose ; quelques rares lampes fumeuses, accrochées çà et là indiquent l’emplacement des parois du tunnel et empêchent de s’y heurter. Peu à peu, j’approche de la sortie, je puis déjà lire l’heure à ma montre : 10 h. 17 ; il y a 8 heures très exactement que j’ai quitté Saint-Étienne.  »

Tout le long, le long de la Dordogne... (1938)

Tout le long, le long de la Dordogne... (1938)

« Ce qui n’empêche que la vallée de la Dordogne continue à être bien amusante à descendre à vélo..., surtout à partir de Bort, car ce n’est pas sur une route macadamisée que nous roulons, mais sur un vieux chemin herbeux, moussu, pas entretenu, bordé de fougères et qui s’enfonce sous les tunnels formés par la ramure des hêtres, des châtaigniers et des ormes. »

Dans le Vercors (1901)

«  À l’entrée du tunnel, je reste ébahie de la profondeur de ce trou noir, 800 mètres, dit-on. Deux quinquets fumeux ont la prétention de l’éclairer, mais n’empêchent pas qu’il y fait noir comme dans un trou de mine. On se dirige à tâtons, avec force appels et cris de ralliement. Un des Messieurs que nous avons rencontrés est enlevé comme une plume par des bras inconnus et échappe ainsi à l’accolade intempestive d’un cheval venant en sens inverse.
Enfin, on retrouve la lumière et les yeux restent éblouis. C’est devant nous, à l’infini, un enchevêtrement grandiose de sommets, de vallées, de rivières, de fleuves peut-être, mais qui, sur cet immense tableau, semblent tracés avec un pinceau de la finesse d’un cheveu. D’un promontoire de rochers, voisin du tunnel, on découvre 17 départements nous affirme l’aimable conducteur de ma bicyclette. Pendant que nous admirons ce merveilleux panorama, des flots de clairette circulent et après un dernier toast, l’heure nous pressant, nous nous séparons des courtois técéfistes que le hasard nous a donnés un instant comme compagnons de route. »

Albert RAIMOND 1885-1953

«  Compagnon et disciple de Velocio, c’est auprès de lui, que se développa sa foi dans le dérailleur. Il fut du trio qui créa, un jour de 1922, la Journée Velocio ; pendant des années, le pique-nique dans la clairière, une initiative à lui, fut, financièrement et matériellement pris en charge par lui seul, insistant pour qu’il ne soit jamais fait allusion à la chose. Ainsi nombreux furent les cyclos qui ignorèrent toujours qu’ils furent les invités personnels d’Albert Raimond. C’est également sur son initiative et à ses frais que furent réalisées les plaques à la mémoire de Velocio, à Pernes et au sommet du Ventoux. Il participa aussi très largement à la stèle du Col du Grand-Bois.
Enfin, c’est à lui, à lui seul, à sa ténacité, à sa générosité inépuisable qu’en 1932, le « Cycliste », dont il supporta sept années durant un inévitable déficit financier, dut d’avoir pu prendre un second départ et être encore présent plus de trente-cinq ans après.  »

Le Chemineau (Pannel)

Le Chemineau (Pannel)

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Une « 12 VITESSES » en marche (1906)

«  On ne peut vraiment plus dire que le cyclotourisme se meurt, et l’aimable conteur que fut, pour les lecteurs du «  Cycliste  », que sera encore je l’espère M. d’Espinassous, ne pourrait plus traverser nos grands bois sans voir l’ombre d’un cyclotouriste, comme il s’en plaignit il y a quelques années.  »

Petite vitesse  ! (1906)

«  Nombre de maisons, en effet, par indifférence, incompréhension ou ignorance des besoins du touriste à bicyclette restent cantonnées dans la vieille formule  : un cadre, des roues, un guidon. Elles ne possèdent pas le nouveau modèle avec changement de vitesse, système dont nos Concours ont mis en lumière l’indispensabilité, et font tout, par suite, pour en détourner l’acheteur.  »

ILS Y VIENNENT (Juillet 1911)

« Des flots d’encre avaient coulé, avant la course, pour savoir si le changement de vitesse s’imposait sur les machines de course.  »

Émile Zola

Émile Zola

CHRONIQUE DU PASSÉ 25 octobre 1890

«  Et puisque j’en suis à la marine, je ne veux pas la quitter sans dire un mot du vélocipède nautique de M. Rousseau, qui a été dernièrement expérimenté à Marseille, et avec le plus grand succès. Cet appareil est un tricycle dont les roues, en feuilles métalliques, ont la forme de lentilles et sont creuses. Il va sans dire que des palettes sont adaptées aux endroits convenables et servent à la propulsion. Ce véloce est, paraît-il, inchavirable et insubmersible ; un journal sportif en conseille l’usage aux marins et pour un peu prédirait la substitution de semblables machines, légères et maniables, aux cuirassés de haut bord...  »

The pillion-bicycle (1875)

The pillion-bicycle (1875)

Dix ans après ce dessin de passagères assises en amazone, dérivé de pratiques équestres, la bicyclette de sécurité produite en série (1885) va commencer à révolutionner la mobilité et l’habillement des femmes (d’abord des classes aisées) des sociétés industrielles.

liberté

« Telle est la nouvelle liberté, la nouvelle liberté d’inspiration, que permet l’usage de la bicyclette. Le vélo, c’est une écriture, une écriture libre souvent, voire sauvage - expérience d’écriture automatique, surréalisme en acte, ou, au contraire, plus élaborée et systématique, presque expérimentale, à travers les lieux préalablement sélectionnés par le goût raffiné des érudits. »
Marc augé, Eloge de la bicyclette, Payot et Rivages, 2008

Vélocerie (1869)

« Cette chevalerie, ou plutôt Vélocerie, dont l’organisation naturelle ne comportera aucun chef, ni membre inscrit, sera un dérivatif de cette tendance moderne aux affiliations qui oblitèrent la raison, énervent le corps et enchaînent la liberté. »