Vélotextes

5 jours en Montagne (1909)

«  Conter par le menu une excursion, deux ans après l’avoir faite et quand on n’en a rapporté que des notes succinctes, serait bien hasardeux. Les impressions reçues en cours de route, du nuage qui passe, des rencontres fortuites se sont évanouies  ; mais les grandes lignes du voyage sont demeurées et se détachent de mes souvenirs aussi nettes que le lendemain de notre retour  »

La Mure Col d’Ornon (1902)

«  Un petit berger, à qui j’ai donné quelques allumettes pour allumer un peu de feu et s’y réchauffer m’apprend qu’il passe très souvent des cyclistes au col d’Ornon et il examine ma bicyclette d’un air entendu  ; il n’en a jamais vue de pareille, dit-il. Je lui recommande de ne pas incendier les maigres arbustes qui croissent péniblement à cette altitude de 1.330 mètres  »

En Diois et en Dévoluy (mai 1904)

« L’un d’eux, suivi de son chien, à l’œil vif et intelligent, attentif au moindre signe, me fraye un passage dans cette cohue qui se referme aussitôt derrière moi. Nous sommes à l’époque où les troupeaux du midi remontent vers les hauts plateaux où ils vont passer tout l’été à la belle étoile. »

Givors Lautaret (1905)

Givors Lautaret (1905)

«  Pour prévenir la fringale, chacun de nous a dans son sac des provisions variées, toutes rigoureusement végétariennes, sucre, fruits secs, gâteaux de riz, croquignolles, chaussons aux fruits ou à la confiture  : tout en pédalant, dès qu’on en sent le besoin, on plonge la main dans son sac, parfois dans le sac du voisin, puis l’on boit à la première fontaine   »

Meeting de Printemps (Pavezin 1920)

Meeting de Printemps (Pavezin 1920)

«  C’est que ce meeting fut essentiellement un meeting d’enfants et le cabcyclisme y tint beaucoup de place. M. Th... avait amené de Saint-Vallier sa jeune femme à bicyclette et, dans une remorque un peu lourde, mais très confortable, sa fillette de trois ans qui n’avait certes pas l’air de se trouver mal de ce long voyage.  »

Quels sentiments éprouvez-vous après une grande journée passée sur votre selle ? (1920)

«  Un abonné du Cycliste nous demande de poser aux lecteurs cette question de psychologie cycliste- :

Quels sentiments éprouvez-vous après une grande journée passée sur votre selle  ? »

La 8e Journée Vélocio (1929, Extraits)

«  La Journée Vélocio a été, pour moi, cette année, un éblouissement, comme une poule qui, ayant couvé un œuf de paon, s’émerveillerait devant l’éclatant plumage de son poussin, je fus, du matin au soir, médusé par l’extraordinaire développement de nos modestes meetings d’autrefois. Nous avions été déjà 300 cycle touristes au dernier meeting du printemps à Chavanay ; au meeting d’été, ce 4 août, nous fûmes plus du double, et l’on a compté, au départ de l’épreuve qui caractérise la Journée Vélocio, 207 parlants, dont le plus jeune avait 8 ans et le plus âgé 77 ans. »

Randonnées expérimentales (2de partie Vercors - 1921)

« Je ne me pressai donc pas et je ne quittai le Refuge qu’à 14 heure, après avoir eu le tort de boire une bouteille de clairette, boisson toujours délicieuse, mais qui, ce jour-là, me laissa jusqu’au soir altéré et la bouche pâteuse. La clairette de Die serait-elle par hasard un de ces faux plaisirs contre lesquels nous met en garde Épicure  ?  »

En tandem (1916)

«  Ceux-là donc seraient à blâmer qui, de crainte qu’on ne les soupçonne de ne songer qu’à leurs plaisirs, s’abstiendraient rigoureusement de sortir à bicyclette ; une promenade à bicyclette n’a pourtant rien de plus choquant qu’une promenade à pied et pour nous tous, cyclistes et cyclettistes, elle a une influence infiniment plus bienfaisante sur la santé. »

Florence B. Walker avec sa bicyclette et ses bagages, Ont. (?), vers 1902

Florence B. Walker avec sa bicyclette et ses bagages, Ont. (?), vers 1902

POUR LA PETITE HISTOIRE LA ROUTE DU PARPAILLON

«  Les années 1929 et 1930 virent un véritable afflux de cyclo-montagnards vers les Alpes en général, et le Parpaillon en particulier. Un fanion spécial était même offert à qui pouvait prouver son passage ; le registre que nous avions déposé à Crévoux se couvrit d’appréciations et de signatures. On peut dire que le fanion du Parpaillon fut le précurseur des B. R. A., R. C. P. et autres brevets de montagne. Il fît beaucoup, à l’époque, pour la cause des grands Cols Alpins.
Puis l’oubli est de nouveau revenu. D’autres années passèrent encore. La route du Parpaillon a 47 ans. Dans quel état se trouve-t-elle ?
Un jour, peut-être, nous la verrons large et bonne, mais elle aura perdu sa solitude, et sur les ruines des bâtiments des chasseurs d’autrefois, s’érigeront, rouges ou vertes, les pompes de la Standard ou de la Texaco. »

Excursion du 15 juin (1902)

«  Ah  ! Vélocio, vous ferez de moi une frondeuse  !
Mais... là n’est pas la question.  »

Au col du Rousset (1907)

«  Des ouvriers réparent les portes du tunnel, et la voûte retentit de leurs coups de marteau sonores. On sent là-dessous un courant d’air glacial, et pour achever de me rafraîchir, des gouttes d’eau tombent en abondance Le sol est très humide, gluant comme un matelas de limaces, et on roule dans un clapotis de boue continuel. Avec cela, on n’y voit pas grand’chose ; quelques rares lampes fumeuses, accrochées çà et là indiquent l’emplacement des parois du tunnel et empêchent de s’y heurter. Peu à peu, j’approche de la sortie, je puis déjà lire l’heure à ma montre : 10 h. 17 ; il y a 8 heures très exactement que j’ai quitté Saint-Étienne.  »

Tout le long, le long de la Dordogne... (1938)

Tout le long, le long de la Dordogne... (1938)

« Ce qui n’empêche que la vallée de la Dordogne continue à être bien amusante à descendre à vélo..., surtout à partir de Bort, car ce n’est pas sur une route macadamisée que nous roulons, mais sur un vieux chemin herbeux, moussu, pas entretenu, bordé de fougères et qui s’enfonce sous les tunnels formés par la ramure des hêtres, des châtaigniers et des ormes. »

La bicyclette du campeur (1927)

La bicyclette du campeur (1927)

«  C’est une bicyclette normale de route à fourche élastique. Le cadre est renforcé par des tubes qui vont du guidon au moyeu arrière et qui permettent aussi de loger le réservoir à pétrole (pour l’alimentation du réchaud) et la bouteille Magondeaux (pour l’éclairage sous la tente). Au-dessus du pédalier  : la boîte d’accumulateurs qui alimente les feux de ville (lanterne avant et feu rouge) et le phare. »

Cyclo-tourisme (G. Clément, Février 1922)

«  Rien d’étonnant à ce qu’on rencontre peu de cyclo-touristes. Ils ne font pas de bruit, ne sont jamais par groupes très denses, partout à leur heure, et ont tous des itinéraires variés. Ils peuvent circuler par milliers dans une même région sans que cela s’aperçoive beaucoup.  »

De la manière de voyager. (1889)

De la manière de voyager. (1889)

«  À mon avis, le touriste doit en emporter le moins possible, sans toutefois se priver du nécessaire sous prétexte de poids. 14 à 15 kilog. peuvent paraître exagérés ; mais ceux qui ont l’habitude des longues routes savent qu’en prévision de mauvais temps mieux vaut se munir en conséquence.  »

Le cyclotourisme et la nature (Novembre 1899)

«  Dans un pays de réglementation excessive comme le nôtre, il serait plaisant que personne n’eût songé à traçer des règles au cyclo-tourisme.  »

Bikepacking vélocipédique (1893)

Bikepacking vélocipédique (1893)

Illustrations du voyage dans Les Pyrénées, Aix-Montlouis-Quillan, de A. Rous et A Caussade, Annuaire du cyclotourisme, recueil de voyages et d’excursions cyclistes 1893-1894

liberté

« Telle est la nouvelle liberté, la nouvelle liberté d’inspiration, que permet l’usage de la bicyclette. Le vélo, c’est une écriture, une écriture libre souvent, voire sauvage - expérience d’écriture automatique, surréalisme en acte, ou, au contraire, plus élaborée et systématique, presque expérimentale, à travers les lieux préalablement sélectionnés par le goût raffiné des érudits. »
Marc augé, Eloge de la bicyclette, Payot et Rivages, 2008

Albert RAIMOND 1885-1953

«  Compagnon et disciple de Velocio, c’est auprès de lui, que se développa sa foi dans le dérailleur. Il fut du trio qui créa, un jour de 1922, la Journée Velocio ; pendant des années, le pique-nique dans la clairière, une initiative à lui, fut, financièrement et matériellement pris en charge par lui seul, insistant pour qu’il ne soit jamais fait allusion à la chose. Ainsi nombreux furent les cyclos qui ignorèrent toujours qu’ils furent les invités personnels d’Albert Raimond. C’est également sur son initiative et à ses frais que furent réalisées les plaques à la mémoire de Velocio, à Pernes et au sommet du Ventoux. Il participa aussi très largement à la stèle du Col du Grand-Bois.
Enfin, c’est à lui, à lui seul, à sa ténacité, à sa générosité inépuisable qu’en 1932, le « Cycliste », dont il supporta sept années durant un inévitable déficit financier, dut d’avoir pu prendre un second départ et être encore présent plus de trente-cinq ans après.  »

Vélocerie (1869)

« Cette chevalerie, ou plutôt Vélocerie, dont l’organisation naturelle ne comportera aucun chef, ni membre inscrit, sera un dérivatif de cette tendance moderne aux affiliations qui oblitèrent la raison, énervent le corps et enchaînent la liberté. »

Critical mass (vintage)

Critical mass (vintage)

Chronique du passé (1891)

«  Le Cycliste et la Revue des Sports du Sud-Ouest ont ouvert une enquête sur les causes qui éloignent la femme du véloce. C’est de la perfidie pure ; ce qui nous retient loin du grand air et des promenades joyeuses, c’est le préjugé, le bête préjugé qui fait dire qu’il n’est pas séant à une dame de pédaler. Au lieu de faire des enquêtes qui ont pour nous un petit air de raillerie, donnez-moi la main, et aidez-moi à le renverser, le préjugé ridicule, notre seul ennemi ! Les velocewomen ont d’ailleurs un nouveau moyen de défense : la Revue Sportive du Sud-Ouest s’est assurée la collaboration de Mlle Mathilde des Rouvières, qui annonce bravement son intention de poursuivre ce but auquel nous tendons toutes : conquérir un peu de liberté et faire du véloce au même titre que messieurs les hommes.  »